En 2011, la Fondation de France démontre que 9% des Français, soit 4 millions de personnes, souffrent de grande solitude, ils n’entretiennent pas de relation familiale, professionnelle ou amicale, ni de relation de voisinage ou dans le cadre d’activités associatives. Cette mesure « objective » de la solitude est proche du ressenti de la population, puisque 11% des Français se décrivent comme « seuls ». Les personnes isolées ont tendance à culpabiliser: elles évoquent souvent leur incapacité à « intéresser » les autres. Par ailleurs, 80% d’entre elles déclarent être seules depuis longtemps.

La solitude  est un état ponctuel ou durable, général ou particulier. On peut parler de solitude en tant qu’état ponctuel (le fait d’être seul dans un autobus sur un trajet quelconque, par exemple) comme en tant qu’état durable, et, dans ce dernier cas, tout comme dans un domaine particulier (par exemple dans le domaine amoureux : « Elle vit seule », « Depuis un mois, il est seul »…). Sous quelque acception que ce soit, la solitude peut relever d’un choix ou d’une contrainte.

Sachant que le lien social est nécessaire à l’homme pour évoluer, la solitude peut avoir des conséquences. Surtout si dès l’enfance, l’individu n’a aucun contact social avec ses semblables. Sans aucun contact social ou affectif avec la société humaine, l’enfant ne se socialise pas (syndrome de l’enfant sauvage qui dans les cas extrêmes ne sait pas qui il est, ni d’où il vient…).

Un temps de solitude ou d’isolement en groupe ou individuel est parfois un élément des cérémonies d’initiation marquant le passage de l’enfance à l’âge adulte chez certains peuples dits « primitifs ». Les adolescents et adultes isolés ont des réactions pouvant différer selon leur psychisme et leurs expériences, selon la durée et selon le mode d’isolement et le contexte. On observe tous les cas de figure, depuis très peu de troubles, jusqu’à plusieurs problèmes possibles comme anxiété, angoisse, asthénie psychique, dépression, insomnie, etc…

L’isolement et la solitude étaient recherchés par les ermites et anachorètes, mais la privation sensorielle peut négativement affecter le psychisme. L’isolement est une punition lors de l’emprisonnement.

Néanmoins il faut distinguer la solitude du « sentiment de solitude », qui semble plus subjectif.

Pour Marie-France HIRIGOYEN, dans son livre Les nouvelles solitudes,  « ce n’est pas la solitude qui pose problème, ce sont les conséquences pratiques dans la vie quotidienne ». Pour elle, la notion de solitude est subjective, c’est un ressenti puisqu’il « y a des façons d’être seul à deux qui sont pires que d’être vraiment seul ». Tzvetan TOROROV disait : « Mais ce qu’il y a de plus douloureux, c’est de vivre au milieu des autres sans recevoir aucun signe ».

Antoinette Mayrat définit la solitude de deux façons: la solitude objective et la solitude subjective.

La solitude objective est un fait observable, c’est l’isolement qui est la privation de compagnie humaine, la mise hors du circuit social. Cette solitude est parfois choisie par la personne qui désire laisser son logement et se retirer dans une maison d’accueil, par exemple, mais elle est subie si la personne est forcée de se retirer dans un endroit qu’elle n’a pas choisi.

Tandis que la solitude subjective est un phénomène du vécu qui échappe à l’observation et au contrôle. Elle est de l’ordre du sensible. C’est un état d’âme ressenti sur un mode émotionnel. Ce sentiment peut être douloureux et angoissant pour la personne qui l’éprouve.

Plusieurs auteurs ont fait la différence entre un état d’isolement et le sentiment de solitude. L’état d’isolement correspond à la solitude objective, le sentiment de solitude à la solitude subjective. Un état d’isolement n’engendre pas nécessairement un sentiment de solitude. Celui-ci peut naître chez des personnes parfaitement bien entourées.

Selon Jacques Fessard, l’isolement social pose des problèmes réels, tant affectifs que matériels. L’auteur distingue deux isolements possibles :

  • l’isolement résidentiel (qui n’est pas en lien avec l’isolement social)
  • l’isolement social s’accroît auprès des personnes socio-économiquement faibles et agit alors de façon déprimante sur le moral. Ainsi, l’isolement social n’agit pas tout seul, mais, combiné à la personnalité ou à l’état psychophysiologique, il aboutit à un processus de désengagement de la personne face au système social.

SOURCES

DOLTO, Françoise. Solitude. Paris : Gallimard, 2001.678p, (Folio essais)

HANNOUN, Michel. Nos solitudes : Enquête sur un sentiment. Paris : Seuil, 1991. 281p, (L’épreuve des faits)

HIRIGOYEN, Marie-France. Les nouvelles solitudes. Paris : Marabout, 2009. 252p, (Poche Psychologie)

 

 

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