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Secret de FAMILLE: théorie & témoignages

Suite à une conversation avec l’une d’entre vous, j’ai été amené à proposer des pistes de réflexions dans le passé de la personne concernée, afin qu’elle puisse -peut-être- y trouver des réponses pour les problématiques de sommeil de son enfant. Cela m’a amené à vouloir creuser la problématique du secret de famille.

Longtemps on a restreint les névroses et autres pathologies à la sphère purement singulière du sujet propre. Oui mais voilà, force est de constater que malgré nos incompréhensions en ce qui concerne tous les rouages du cerveau – et donc de l’esprit humain; il y a bien des souffrances qui se transmettent et qui impactent significativement le bien-être de l’individu alors même qu’il n’en a rien vécu à proprement parler.

Dans une société où l’on veut croire que tout est possible, qu’on est seul/e maître/sse à bord de notre destinée, et où nos douleurs et incompétences sont détournées de manière à nous culpabiliser à coup de « je veux donc je peux »; il m’a semblé plus qu’utile de revenir sur ce qu’est un SECRET DE FAMILLE, et leurs conséquences possibles.

Car croyons-le bien, si l’on souhaite le meilleur pour nos enfants, c’est d’abord en nous soignant nous-même que nous y parviendrons. Car dans ce cas là, la politique de l’autruche ne met pas en danger que la personne elle-même mais bien toute sa progéniture…

Reprenons donc ce qu’est un secret de famille.

Selon Serge TISSERON, un secret de famille doit regrouper 3 conditions:

  1. Un fait qui se veut être caché
  2. Il y a un interdit à le dévoiler
  3. Cela concerne un événement douloureux

« Tout enfant naît dans une famille qui lui donne accès au monde, mais en fait aussi souvent le porteur des préoccupations des générations précédentes. Cette attitude parentale est parfois consciente, mais d’autres fois totalement inconsciente »

Il existe deux formes de transmissions: la transmission intergénérationnelle et la transmission transgenérationnelle.  Selon les auteurs et les experts dans ce domaine, la transmission intergénérationelle concerne le vécu psychique « élaboré » (qu’on conscientise, qu’on verbalise) ou bien ce qui se passe entre générations en contacts physiques directs (entre les parents et les enfants), tandis que la transmission transgénérationnelle serait un traqua « mal-élaboré » (dont les détails sont flous pour la personne, ou qu’elle n’a pas conscience ou qu’elle ne se souvient pas), une transmission entre générations sans contact physique (par exemple avec des arrières grands-parents décédés). Selon Anne Ancelin Schützenberger, « la transmission transgénérationnelle met l’individu en chasse de ses secrets de famille, de sa généalogie complète, et de son histoire dans son vrai contexte ».

Comment et pourquoi le secret de famille devient toxique? 

Il faut savoir que « toute transmission, dans le domaine familial, implique une part d’appropriation et donc de transformation ». Partons de l’exemple très parlant que cite Serge TISSERON dans son ouvrage « Les secrets de famille », celui du petit chien: une femme angoissée à l’idée d’être enceinte raconta que sa grand mère était morte en mettant au monde son père; elle ne le sut qu’à son adolescence. Ce n’était pas secret, cependant son père lui racontait une histoire chaque soir avant de s’endormir, celle d’un petit chien qui avala un parapluie. Un jour il se mit à pleuvoir et le parapluie s’ouvra, le petit chien mourra. Chaque soir son père se mettait à pleurer à la fin de l’histoire, et chaque soir il lui disait bonne nuit ainsi.

Dans cet exemple, on remarque que si lui, le père, avait pu avoir un enfant, il a cependant transmis le poids de sa douleur à sa fille, via cette histoire.
Ainsi en commémorant ce drame et en exorcisant le poids de sa culpabilité, il transmit à sa fille la peur qu’il n’avait pas eu lui-même. Car si cette histoire lui permettait à lui d’extérioriser et de rationaliser les choses: parallèle entre le bébé et le parapluie (un bébé est fait pour grandir comme le parapluie pour s’ouvrir), il laisse sa fille s’endormir chaque soir avec ce symbole. De plus, la transmission ne s’arrête pas à l’histoire puisque les actes et les attitudes qui composent le non-verbal donnent aussi tout le sens au verbal (ici le père pleurait et éteignait ainsi la lumière). Comme si cette histoire ne pouvait pas avoir d’autre fin, comme dans une scène où tous les acteurs s’arrêtent, le rideau tombe, chacun rentre chez lui avec ce fardeau. N’oublions pas que la communication non verbale passe aussi par les silences gênants ou le langage du corps; et que cela n’en reste pas moins une communication.

Selon Abraham et Török: « Les mots occultés se comportent comme des lutins invisibles, qui s’appliquent à rompre depuis l’inconscient, la cohérence psychique. » Anne Ancelin Schützenberger rajoute que « dans un certain nombre de cas, les passe-temps, qui sont des dérivatifs de secrets de famille, sont étonnamment chargés de sens. »

Ainsi dans la pratique on se rend compte que le détenteur du secret lui s’en sort plutôt bien, car il a su mettre en place des techniques pour vivre avec (ou du moins pour survivre avec)… mais ce sont les générations à venir qui vont en pâtir le plus car elles vivront avec un fantôme inconnu. Et bien souvent on se rend compte que cela a des répercussions sur 3 générations.

Didier DUMAS dans son ouvrage « l’ange et le fantôme » explique bien que ce « fantôme » oeuvre dans l’inconscient. Il est présent dans les croyances dites et non-dites, dans le surmoi freudien; il conceptualise les objets et nouent et dénouent à sa façon les relations de filiation. Il en arrivera même à hanter le sujet, le « paralysant certainement parfois dans sa dynamique de cure » de guérison.

En bref , et pour citer une nouvelle fois Anne  : « L’être humain naît dans une famille qui lui transmet un héritage conscient et inconscient comprenant des missions, des loyautés familiales visibles ou invisibles, des loyautés de clan, culturelles, religieuses, nationales. Tout individu est imprégné, qu’il le veuille ou non, qu’il le sache ou non, de ces liens et habitus de loyautés familiales, des traumas et traumatismes . Une empreinte se crée ainsi, de façon très précoce. Elle restera en mémoire – et en mémoire corporelle ».

Freud disait d’ailleurs : « Ce que la bouche tait, s’exprime par les doigts ». Il utilisait d’ailleurs la métaphore de l’iceberg pour expliquer à quel point nos comportements et leurs causes sont partiellement visibles et perceptibles.

Ainsi si certains psychanalystes affirment que les dommages peuvent être causés sur 3 générations, d’autres vont jusqu’à démontrer que les symptômes peuvent être présents jusqu’à 7 ou 8 générations selon la gravité du secret.

« Ce qu’un enfant éprouve et met en place au contact d’un parent porteur de secret indicible devient ainsi un corps étranger dans son propre psychisme » (TISSERON).

Comment en parler aux enfants?

La célèbre psychanalyste Françoise Dolto nous a appris à considérer l’enfant comme une personne à part entière. Elle a montré qu’il était possible de guérir un nourrisson anorexique en lui racontant son histoire familiale, en lui parlant du désir ou du non-désir qui avait présidé à sa naissance; mais parler d’un secret n’est pas si facile, surtout pour le/la porteur/se du secret. En effet, certains/es préfèrent oublier, comme ceux qui ont connu la déportation: beaucoup choisissent de ne jamais en parler, de ne faire comme si jamais ils n’avaient vécu cela. C’est ce qu’on appelle le « clivage », c’est un mécanisme de défense, ou mieux de « survie », qui met en place une amnésie et permet à la personne de poursuivre sa vie. Beaucoup de secrets de famille prennent source dans ce clivage, d’où les conséquences sur les générations à venir.

Ainsi la 1ère chose à faire selon TISSERON c’est de parler le plus rapidement des traumas familiaux, dès que le bébé est dans le ventre; cela permet ainsi d’une part de ne pas cristalliser les choses et d’autre part d’ouvrir plus facilement le dialogue le jour où l’enfant s’interroge en disant « je t’en avais déjà parlé quand… même si tu ne comprenais pas encore tout… ». Il faut bien sur expliquer aux enfants qu’ils n’y sont pour rien, que ce n’est pas de leur faute. Car un/e enfant qui a la sensation qu’il/elle doit éviter de parler de quelque chose le vit comme s’il ou elle était fautif/ve, malgré lui/elle, et ce d’autant plus qu’aux yeux des enfants, leurs parents n’ont pas de vie au-delà d’eux. Parfois si le secret est douloureux au point qu’on est dans l’incapacité de le dire, on peut le signaler à l’enfant; lui dire qu’il existe un lourd secret, qu’il/elle n’est pas fautif/ve, mais qu’actuellement c’est trop douloureux pour le partager. Ainsi, si Serge Tisseron conseille de parler aux jeunes enfants des vérités pénibles, c’est pour s’habituer, progressivement, à les évoquer. Cependant il ajoute qu’ « aucune vérité n’est thérapeutique, et pourtant les secrets sont souvent pathogènes ». Voilà un paradoxe qu’il faut prendre en compte car l’enfant grandit avec celui-ci. Il précise également, qu’un secret a parfois aussi une bonne raison d’exister; plus le secret est lourd plus il est important de comprendre pourquoi il existe (un exemple-témoignage est le secret du père adoptif qui viola sa fille une fois le secret de sa non paternité découvert; le fait de se positionner comme père de cette fille lui permettait un garde-fou qu’il n’avait plus une fois le secret dévoilé).
Il devient dès lors essentiel, avant de lever un lourd secret de rendre la situation plus « flexible », et surtout de prendre en considération que lever un secret n’est pas la fin de l’histoire, c’est en recommencer une autre. C’est comprendre que maintenant il faut apprendre à vivre et à ré-organiser la vie familiale autour de cette information révélée.

Comment réfléchir à sa propre histoire pour se libérer? 

Selon Anne Ancelin Schützenberger, il existe plusieurs modèles conceptuels à mettre en avant lorsque l’on veut réfléchir sur son génosociogramme:

  1. La loyauté familiale invisible (Ivan böszörményi-Nagy), par exemple une promesse faite à un mort
  2. La crypte et le fantôme (Abraham et Török), comme dans l’exemple du chien et du parapluie (transmission d’un fantôme)
  3. Les alliances familiales et l’exclusion de certains membres (triangulation de Murray Bowen)
  4. Les enfants de remplacement (conçus pour remplacer un mort: deuil non fait) DIFFERENT des enfants réparateurs (le deuil est fait)
  5. Echec scolaire des enfants intelligents lié à la névrose de classe (crainte de faire mieux que les parents, ou de se couper de la classe sociale à laquelle appartiennent ses parents en réussissant mieux (sorte de fidélité et de trahison inconsciente). Lié à l’ambivalence des parents pour la promotion sociale
  6. Syndrôme d’anniversaire (chaque année, à chaque période, il se passe toujours le même événement ; cela peut aussi faire lien entre les générations comme par exemple la date du décès de génération en génération…)

« Cette incursion dans le génosociogramme et le transgénérationnel ne peut, en l’état actuel des connaissances et des recherches scientifiques, que déboucher sur un travail clinique visant à repérer les répétitions familiales, pour les arrêter au besoin, et les dégâts des non-dits pour les réparer, et les transcender.
Il est évident que l’identité se forge à partir de l’histoire propre à chacun, de son histoire familiale comme de son histoire personnelle, toutes deux liées au contexte historique; et qu’il vaut donc mieux la connaître plutôt que la subir passivement ». Cependant ceci concerne les secrets difficiles et lourds à porter, cela ne doit pas servir d’excuse à une situation personnelle ou singulière, mais reste une possibilité à envisager lorsque la personne est douloureusement bloquée dans son histoire.

Comme les témoignages parlent plus que de longues théories, je voudrais remercier les personnes qui ont bien voulu partager leur vécu à ce sujet.

Les témoignages ont été anonymisés bien sûr.

TEMOIGNAGES

1er témoignage

« J’ai vécu un secret de famille jusqu’à l’âge de mes 14 ans (j’en ai 31, je suis une femme). Depuis, il est devenu tabou et la situation inachevée. 

Je m’intéresse de loin à la psychogénéalogie car je suis persuadée de l’existence des transmissions de façon inconsciente à travers les générations. 

Mon histoire est complexe et je pourrais écrire un roman, mais je pense qu’un témoignage sur cette transmission serait le plus intéressant. 

Voici mon histoire…

Ma mère et sa sœur (donc ma tante) ont été violées par leur père (mon grand-père) lorsqu’elles étaient jeunes voire enfants (je ne connais toujours pas aujourd’hui les détails). Cet inceste est resté secret. Ma mère a connu mon père, en gardant ce secret pour elle. Et ils ont eu 2 enfants, mon grand frère et moi-même.

Pendant les vacances, nous allions chez nos grands-parents, et l’histoire s’est répétée : j’ai subi des attouchements sexuels par mon grand-père dès toute petite (je ne sais pas quand cela a commencé, peut-être vers 6-7 ans ?). 

Ce qui est intéressant c’est que ma mère avait beau nous répéter que si on nous touchait il fallait en parler, moi j’entendais « tu ne dois rien dire ». Comme si je savais au fond que c’était un secret et qu’elle-même ne voulait pas le dévoiler.

J’ai mis fin aux attouchements en écrivant à mon grand-père sur un petit papier : « si tu continues à faire comme ce matin, tu iras dans une maison qui s’appelle prison ». Il n’a pas eu peur, mais a cessé les agressions. 

Je n’ai su qu’à 14 ans (et le reste de ma famille aussi), lorsque j’ai dévoilé l’histoire, le passé de ma mère et de notre histoire commune. Cependant aucune plainte n’a été déposée.

Aujourd’hui, après une grande remise en question et après de nombreuses années d’auto-punition, j’entraperçois ce « boulet » que ma mère m’a transmise, et ses conséquences. 

Le fait de m’être construite avec ce secret m’a obligé à croire que mes parents m’envoyaient exprès dans la gueule du loup. 

Petite, j’étais exemplaire, très scolaire et perfectionniste, et en même temps timide, peu confiante et déjà complexée. Je n’ai pas fait de crises d’adolescence et j’étais plus mûre que mon âge. Je vivais à travers la reconnaissance de l’autre.

Adulte, je suis devenue naturellement angoissée, et profondément persuadée de mériter d’être malheureuse, d’être punie, d’être « tarée » (dans le sens génétique d’avoir une tare). Jusqu’à peu, je ne savais toujours pas qui j’étais, et ce que j’aimais. Je vivais toujours à travers les autres.

Cela m’a également obligé à devenir responsable de ce secret, responsable de le dévoiler, de m’en occuper et responsable de le réparer. 

Je suis donc convaincue que je suis la seule à pouvoir « guérir » ma mère, qui est devenue dépressive, alcoolique, malade…et dans le déni total. Et paradoxalement, elle a énormément d’emprise sur moi, au point d’en devenir toxique.

Aujourd’hui je suis maman d’un petit garçon de 18 mois. La vie m’a fait un beau cadeau de m’offrir un garçon en premier, car l’idée même d’avoir une fille me donnait envie de la punir, ou en tout cas de ne pas lui offrir tout ce que j’aurai fait avec un garçon. Comme si c’est le statut de sexe féminin qui est dégradant. 

Ma grossesse s’est plutôt bien déroulée, malgré le fait que j’étais et reste obnubilée par tout ce que je pourrai transmettre à mon fils, en angoisses, en « tare », en tabou.

Voila, en résumé pour moi, un secret de famille c’est un boulet invisible qui se transmet malgré nous, qui nous entrave et nous marque au plus profond de notre inconscient. 

Sinon, pour la petite note positive, actuellement je vais très bien, mon boulet est de plus en plus léger, et je m’éclate dans tout ce qui tourne autour de la bienveillance (méditation, éducation, alimentation saine etc etc…). Il me reste certaines choses à régler, mais le plus gros est fait. J’ai appris à aimer mon boulet car il fait partie de moi, et sans lui je n’aurai jamais eu la démarche de chercher cette sérénité en moi. 

En espérant que ce témoignage vous aura apporté un peu plus de connaissances et de compréhension sur la question. « 

 

2nd témoignage

« En fait en réfléchissant à témoigner d’un secret de famille, j’ai eu un long questionnement : qu’est ce qu’un secret de famille ? Est-il encore actif lorsqu’il est découvert ? Un secret de famille est-ce quelque chose qui n’est pas révélé ou quelque chose qui est su mais ne se dit pas, est tabou… Bref que de questionnements dans ma tête. Je crois que mon témoignage va être multiple. La première chose qui m’est venue, c’est le suicide de mon grand-père,  que je n’ai pas connu puisque mon père était tout jeune lorsque c’est arrivé. On m’avait toujours dit que papi  était très malade et je sentais bien qu’il y avait du malaise et je trouvais ça inquiétant. Et puis un jour, j’avais 7 ou 8 ans, mon père a parlé de « ça » à des amis alors que j’étais tout près. Je suis allée jouer dans ma chambre. Ma mère a cru que j’avais entendu et a fini par me dire que mon grand-père s’était tué, s’était pendu. Je me souviens avoir ressenti un grand soulagement, il y avait enfin des mots sur « ça », et ce qui, avec mes yeux et mon cerveau d’adulte me semble glaçant, était passé comme une lettre à la poste. L’essentiel étant que finalement la vérité était toujours moins angoissante que le non-dit. MAIS, parce qu’il y a un gros mais. Je ne savais pas encore qu’à chaque scène de « pendu » dans un film j’allai ressentir un terrible vertige, une tristesse insoluble; je ne parle même pas des fois où c’est arrivé avec mon père à côté de moi. Ainsi qu’à chaque « j’ai envie de me pendre », anodin pour tellement de gens. Comme si ce secret qui n’en est pas vraiment un continuait à nous hanter. Et puis surtout, ce suicide ne sera pas le seul. Il y en a eu deux autres depuis. 1 par génération. Le dernier était mon cousin. Il était « malade » lui aussi , mais nous ne l’avons appris que lorsqu’il a disparu. Il y a un silence terrible dans ma famille . On parle des disparus mais pas vraiment. Je suis persuadée qu’il y a un secret à la base de toutes ces morts. Mais lequel ?! Je ne trouve pas. J’essaie juste de tout faire pour épargner ma fille. Qu’elle n’ait pas à porter toute cette douleur qui ne lui appartient pas. 

L’autre secret est cette fois-ci de l’autre côté de ma famille. Quand j’étais enfant j’ai été agressée sexuellement à plusieurs reprises par une femme de ma famille. Puis j’ai mis ça sous le tapis pendant longtemps. Ado, j’ai été à nouveau agressée, par un inconnu cette fois. Et « bizarrement », quelques mois après j’ai développé une maladie auto-immune. Ma mère m’a envoyé dans cette période chez un kinésiologue. J’en suis ressortie en étant sûre que ma grand-mère maternelle avait été violée dans sa jeunesse. Je tombe enceinte, on me dit que c’est une fille et là je ressens de la panique. Je ne comprends pas sur le coup. Et puis je réalise que dans ma tête fille = c’est sûr elle se fera agresser. Je me sens terriblement mal. J’en parle à ma mère qui me révèle qu’elle a été agréssée sexuellement quand elle était enfant. Là encore un même schéma qui se reproduit encore et encore et là aussi j’ai la conviction qu’il y a un évènement à la base, un secret.

Dernière chose qui me fait penser au secret de famille. J’ai fait de la kinesiologie il y a quelques années. Tout à coup je sens que je ne peux plus respirer, panique. La kinésiologue cherche avec test musculaire ce qui se passe et trouve que c’est lié à un évènement arrivé à telle génération dans la famille de mon père. C’est très précis même si je ne m’en souviens plus 😉 Je finis par en parler à mon père qui devient blème (je m’attendais à ce qu’il se moque ). Il me dit qu’il doit vérifier et revient vite vers moi en me disant qu’il sait de quoi il s’agit. Il en avait entendu parler par un cousin comme d’un secret durant son enfance. Un grand oncle avait attrapé la rage et souffrait tellement qu’ils l’avaient asphyxié avec un coussin pour abréger ses souffrances. Je suis toujours stupéfaite. Comment cette information peut-elle être gravée en moi ainsi ???!!! Je trouve cette transmission de générations en générations fascinante et effrayante à la fois.« 

 

 

BIBLIOGRAPHIE POUR ALLER PLUS LOIN

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ANCELIN SCHÜTZENBERGER Anne, Secrets de famille et transmissions invisibles, Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux, n°33, 2004

TISSERON Serge, Les secrets de famille, « Que sais-je ? » n° 3925, 2017

BOWLBY, Attachement et perte, tome 1, L’attachement, Paris, puf, 1969

KAËS,  Médiation, analyse transitionnelle et formations intermédiaires, dans Les processus psychiques de la médiation, Paris, Dunod, 2002

BROSSIER-MEVEL Françoise et DrMEVEL Gérard, Sous le regard, Une rencontre thérapeutique en présence d’un chien guide d’aveugle, le divan familial, n°26, 2011

DUMAS Didier, L’ange et le fantôme, introduction à la clinique de l’impersé géréalogique, ed minuit, 2013

LACAN Jacques,  Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Paris, Seuil. 1973

LANG .R, Thérapie de vérité, thérapie de mensonge, Paris, puf, 1988

TISSERON Serge et TOROK Maria, Les fantômes de l’inconscient, Le Coq-héron, n°186, 2006

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