La période hivernale est déjà propice  à l’introspection. Mais quand mon fils de 6 ans se met en tête, le 23 décembre, à 18h30, que c’est l’heure d’ouvrir un cadeau de noël, de nouvelles petites cloches viennent tintinambuler pour relancer mon cerveau fatigué vers une nouvelle réflexion  sur fond de conventions sociales ( non, ce thème n’avait pas  encore été traité chez nous 😉 ) !

Il l’a senti mon petit grand qu’une faille s’était ouverte après la troisième tirade pro ouverture du cadeau le 23 décembre !

Et pour cause !

Tout en lui expliquant qu’il aurait le choix d’ouvrir ses cadeaux le 24 au soir ou le 25, mais [certainement] pas le 23, je me suis perdue dans les méandres de ma pensée. Une question me revenait sans cesse : pourquoi !?

Pourtant, j’ai lutté…et la lutte fut rude ! J’ai fini par prétexter la volonté d’en discuter en famille.

Quand son papa est arrivé, Petit Lapin lui en a parlé, un échange plutôt court a suivi entre eux deux, et une trève a débuté (héhé, je croyais que la paix avait été négociée moi…hin hin hin…)

Seulement, en discutant avec mon compagnon sur l’événement de la soirée, lui m’a répondu « oui, mais il faut bien respecter certaines normes sociales si on ne veut pas être marginalisé ».

Et là, j’ai compris !

L’agacement puis la colère se sont emparés de moi à ces mots (je tiens à dire que je respecte malgré tout ce point de vue).

« On a toujours fait comme ça »

et alors?!

 Pour moi, les conventions sociales sont à connaître, mais à pratiquer, ou non, en fonction de ce que nous souhaitons pour nous même, de nos valeurs, de nos envies. Voilà quelle était ma pensée profonde à cet instant.

Alors mon Petit Lapin, du haut de ses 6 ans, qu’en avait-il à faire, lui, de cette convention ??

Que lui apportait-il de savoir que la majorité des enfants ouvrent leurs cadeaux de Noël le 24 ou le 25 décembre ?

Que faisais-je (que faisions nous) de son envie parfaitement claire et exprimée ?

Quelle injustice a-t-il ressentie sous couvert d’une convention sociale bien mal expliquée par sa mère (un peu mieux par son père) ?

Il apparaît aujourd’hui très clair pour moi que la requête de mon Petit Lapin avait un grand sens pour lui et restait somme toute tout à fait recevable (il ne demandait pas non plus à ouvrir tous sescadeaux…et puis même si ça avait été le cas ?…bon, grrr, on verra l’année prochaine pour cette réflexion là !;) ).

Ma (puis notre) réponse, par contre,  a dû lui paraître injuste et vide de sens – et je ne vous parle pas de la manière dont ça s’est terminé ce matin, après reprise des négociations…

« adultiiiisme !, me voilàaaa ! » [sur l’air de « Maréchal, nous voilà ! »] ou  en version plus claire : « C’est comme ça et puis c’est tout, ça commence sérieusement à me gonfler ! » sur fond de cri de la girage (oui parce que quand même, je supportais les tirades depuis la veille 18h30…Bref…#MèrePasParfaite…)

Aujourd’hui, je me dis que mon fils n’a pas dû comprendre pourquoi je lui ai refusé si fermement l’ouverture de ce cadeau, alors même qu’il avait senti mon incohérence. « Je gère avec maman ! » disait-il à son père ce matin…

De mon coté, je prends conscience que si j’ai refusé, c’est d’abord par convention, et ensuite par désaccord parental sur la manière de vivre ces conventions.

En plus clair, j’aurais été seule avec lui, il aurait ouvert son cadeau, si ma mémoire est bonne, bien avant 20h, le 23 décembre.

Parce que finalement, je me fiche des conventions sociales, surtout quand elles n’ont aucun sens aux yeux de mon enfant.

Sans compter que, au quotidien, nous faisons en sorte de lui montrer que nous pouvons choisir ce que nous voulons pour nous-même, et que la vie est bien plus belle comme ça, peu importe ce qu’en disent les autres.

Et puis, quel dommage ! Alors que je souhaite une période de fêtes riche en partages et doux moments, je me suis énervée, mise en colère après mon fils et j’ai fait preuve d’une autorité dont je n’aime pas me servir.

Lui, à l’heure où j’écris ce billet, reste sûrement dans un flou total quant à mon refus catégorique.

Ce petit texte, je l’ai écrit à chaud. Quand vous le lirez, Noël sera passé. Mais j’avais à coeur de partager cette réflexion.

Une chose est sûre, j’espère avoir une assez bonne mémoire si la situation se représentait l’année prochaine…

Ma réponse sera sûrement différente…

SAMANTHA

3 réponses
  1. Julie
    Julie dit :

    Bonsoir. Merci pour ce partage de réflexion lumineux.
    Nos enfants sont petits et notre fille est (et sera) dans l’incapacitée d’appréhender le concept de convention sociale. Nous avons reçu des cadeaux par la poste tout au long de décembre et nous les avons laissé les ouvrir au fur et à mesure.
    Et à 2,5ans, mon fils n’avait pas de souvenirs de Noël dernier et donc du soir(ou matin) où on ouvre les cadeaux donc…
    En lisant votre billet je me rend compte à quel point je lache, je remet en question pour que cela fasse sens pour moi et pour eux.
    L’important pour moi à Noël c’est d’être ensemble et de savourer ce « moment suspendu ».
    Et puis je m’en remémore régulièrement ceci : céder ou s´aider ?
    Belle fin d’annee à vous.

    Répondre

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