La précarité est une forte incertitude à conserver ou récupérer une situation acceptable dans un avenir proche. C’est une notion développée et étudiée en sciences sociales. C’est aussi une notion subjective et relative, puisqu’elle est définie par rapport à une “situation acceptable”, au sein d’une société donnée. La précarité est perçue et définie différemment d’une culture à l’autre. Les facteurs influençant la perception d’une situation de précarité sont étudiés en sciences sociales.

La précarité peut être affective, sociale, familiale ou dans les conditions de vie.

La précarité relationnelle est un état d’instabilité des relations, entre individus, au sein de la société, qui peut se traduire par un appauvrissement des interactions sociales, voire un isolement social. La précarité affective quant à elle, est un état dans lequel une personne se sent dépourvue de la possibilité de recevoir ou de donner des affects. La précarité affective peut être générée par de la précarité sociale, par différentes formes de maladies psychiques ou même physiques. Elle est souvent liée à un isolement social bien qu’elle puisse aussi survenir chez des personnes très bien insérées. Enfin, la précarité familiale est le ressenti pour un de ses membres d’être seul dû à l’éloignement avec ses proches : soit un éloignement intergénérationnel avec le placement d’une personne âgée en  maison de retraite, soit au sein des couples avec des métiers nécessitant de fréquents déplacements ou encore l’éloignement imposé par une scolarité (notamment déménagement dans une autre ville pour des études supérieures).

Enfin, les conditions de vie peuvent être précaires comme par exemple habiter un logement insalubre ou inadapté ou ne pas avoir un revenu permettant de se nourrir ou de se vêtir.

La précarité a un impact global sur le corps social, qui peut se traduire par la dégradation des conditions de travail (un travailleur en situation précaire n’est pas en position de force pour défendre ses droits), la difficulté à développer une vie sociale (quitter le domicile parental, fonder une famille…), la révolte sociale (les salariés en situation précaire auront plus tendance à s’opposer au système) ou la dégradation de la santé physique ou mentale : la plupart des indicateurs de comportement et de santé sont altérés dans toutes les catégories de populations classées en situation de précarité (par rapport à celles qui ne le sont pas).

Des enquêtes américaines, ont établi que les facteurs suivants (dont l’origine peut être la précarité) sont des facteurs de risque pour la santé :

  • l’absence d’estime de soi,
  • le sentiment de dévalorisation personnelle,
  • le manque d’autonomie dans son travail,
  • le sentiment de ne pas utiliser toutes ses compétences,
  • le sentiment de ne pas recevoir l’estime que l’on pense mériter.

 

Maryse Bresson propose en sociologie, cinq grands modèles théoriques de la notion de précarité :

  • la sociologie de la pauvreté : le raisonnement est basé sur le manque, et les pauvres sont le plus souvent caractérisés par une insuffisance ou une absence de revenus (mais pas seulement).
  • la sociologie du sous-développement : elle repose, selon les débats, sur l’hypothèse d’un retard (culturel, politique, économique) induisant ainsi l’idée d’un rattrapage possible. Ce paradigme est plus particulièrement relatif à l’opposition Nord-Sud mais il peut également renvoyer à des divisions à l’intérieur des pays riches (ce que l’on désigne comme « Quart-Monde »).
  • la sociologie de la marginalité et de la déviance, qui utilise un paradigme interactionniste (influencé par l’ouvrage Stigmates d’Erving Goffman) où les individus sont perçus comme des marginaux : l’apport de ce paradigme est de souligner l’importance de la désignation et du regard d’autrui.
  • la sociologie de l’assistance et des assistés : les populations sont définies par les secours qu’elles reçoivent, ce qui peut avoir pour conséquence de les stigmatiser.
  • enfin, la sociologie de la précarité qui vise à analyser des processus de précarisation en s’appuyant sur les mutations de la société.

Dans le domaine économique et social, la précarité est l’absence des conditions et des sécurités permettant à une personne, à une famille, à un groupe, d’assumer pleinement leurs responsabilités et de bénéficier de leurs droits fondamentaux.

Certains groupes sociaux peuvent plus facilement se retrouver en situation de précarité que d’autres, comme les personnes inexpérimentées ou sans formation, par exemple. Si la précarité tend à se prolonger et devient persistante, elle conduit le plus souvent à la grande pauvreté, surtout lorsqu’elle affecte plusieurs domaines de l’existence. On parle de pauvreté monétaire mais aussi sociale. En effet la précarité sociale tend à éloigner l’individu de la société dans laquelle il vit, engendrant ainsi un isolement de l’individu pouvant mener à l’exclusion voire à une marginalisation.

SOURCES

BRESSON, Maryse. Sociologie de la précarité. Paris : Armand Colin, 2007. 126p, (Sociologie 128)

BORN, Michel. « Le rôle du réseau social ». Les cahiers de l’Actif, 1997, N°258/259 : « De l’exclusion à l’intégration : les rôles des réseaux », p.45-52

LEYROUP, Anne-Marie. MANS, Olivier. « Le forum SERPY « Quand l’intérêt partagé fait lien » ». EMPAN, 2009, N°76 : « Réseau Internet et Lien Social », p.38-41

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