Si le titre de cet article va en faire hurler certains il n’en est pas moins vrai; laissez-moi quelques minutes de votre précieux temps pour vous le démontrer.

Sans nul doute, dans le monde de « l’éducation bienveillante » on tourne autour d’idéaux à atteindre et on rappelle à raison qu’il est indispensable que le parent se mette toujours à la place de l’enfant et qu’il soit empathique. Oui mais voilà, la limite est mince entre l’envie de s’améliorer et la culpabilisation.

En effet, pensez à ceci, vous qui n’avez certainement pas eu une éducation sans VEO: comment vous a fait-on comprendre étant gamin(e) que vous aviez mal fait ? Je vous le donne en mille : par la CULPABILISATION !

Il faut bien se le dire, de façon conscience ou inconsciente on nous a mis le même schéma en tête, la même façon de fonctionner pour qu’on s’améliore : « c’est mal ce que tu as fait/ c’est pas bien regarde la -conséquence-/ et maintenant tu vas faire quoi? » Autrement dit, pour s’améliorer on devait passer par cette phase délicate mais a priori nécessaire de la culpabilisation. Cependant, elle est, elle-même associée voire responsable de la baisse d’estime de soi ! Au final, cette culture judéo-chrétienne du « faut en baver pour réussir / faut souffrir pour être belle / il faut savoir se mettre un coup de pied au cul pour avancer » a pour moi un arrière goût moyenâgeux quand on s’intéresse vraiment à la bienveillance. D’autant plus quand on sait que la relation parent/enfant passe en partie par l’imitation, l’exemple!

Si perpétuer ce schéma est si ancré qu’on y fait même pas attention, dites-vous bien que vous allez transmettre cette façon de fonctionner à vos enfants, c’est-à-dire vers ces mêmes enfants pour lesquels vous vous culpabilisez sans cesse afin de leur donner le meilleur exemple de bienveillance possible ! Paradoxal non ?!

Alors on fait quoi? on fait comment ?

Déjà on en prend conscience, et on arrête de culpabiliser à chaque fois qu’on aurait pu faire mieux.

Mais attention il n’est nullement question de bifurquer vers son opposé, c’est à dire du « je-m’en-foutiste » du style « bon c’est comme ça personne n’est parfait » ou à la quête de l’excuse rapide du moment « je reviens de loin/ je passe une mauvaise journée…« .

Tu l’auras donc compris il faut donc revoir le système de pensées qui t’embarque soit dans la direction : je culpabilise pour passer à l’action OU je me veux bienveillant et en souhaitant me pardonner je passe sur la violence que je fais subir à l’autre !

Du coup, en seconde intention je te propose de faire ce que tu voudrais montrer à ton enfant, ce pour quoi tu te donnes chaque jour: que fait-on quand on ne réussit pas quelque chose ? -> on se dit qu’on a pas ENCORE réussi, et on repense une manière de faire qui pourrait être plus bienveillante pour la prochaine fois.

Car, rappelez-vous: que fait-on quand on fait du mal à quelqu’un? -> on s’en excuse, on ne se cherche pas des excuses / manières de fuir, on réfléchit ensemble à une solution acceptable pour tous  (ou en couple, ou auprès d’autres personnes comme un professionnel mais ça peut aussi être un ami ou une personne digne de confiance, ou même sur internet il y a de nombreux groupes de soutien à la parentalité).

Et enfin que fait-on pour éviter que les démons de la culpabilisation reviennent ? -> on fait le point et on met en exergue chaque chose positive qu’il s’est passé dans la journée, chaque moment où on su mettre en place des petits outils de bienveillance, on met en valeur notre progression (ou on s’auto-gratule en couple avant de dormir ça marche aussi !).

En bref tu l’auras compris, la culpabilisation ne fait pas avancer, cela parle juste à ton enfant intérieur, cela rabaisse ton estime et cela montre juste à tes propres enfants que c’est une façon « normale » de fonctionner quand on a pas fait ce qu’il fallait… alors faisons en sorte que nos actes soient en adéquation avec nos valeurs.

Fais en sorte d’être simplement bienveillant/e envers toi-même, afin de t’améliorer au mieux; et par la même d’être un meilleur parent bienveillant avec tes enfants !

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