Dans le dictionnaire Larousse on peut y lire que l’éthique est un  « ensemble de principes moraux qui sont à la base de la conduite de quelqu’un ». La notion d’éthique fait donc référence aux règles morales, ce n’est pas juste une «activité» que l’on pratique ou à laquelle on peut se contenter d’appliquer des normes. Il s’agit plutôt de réfléchir sur ce qui les justifie, sur ce qui fonde les choix que nous faisons ainsi que les résultats que nous voulons atteindre.

Au temps des grecs cette notion existait déjà, découlant de la philosophie (cf l’Ethique de SPINOZA, philosophe) il s’agissait selon ces derniers, d’une forme de connaissance qui concerne les comportements d’une collectivité ou d’un individu, ce qui est relatif aux mœurs -bonnes ou mauvaises- des êtres humains à un moment donné et au sein d’une société donnée.

L’éthique est avant tout un terme philosophique, c’est la science de la morale et des mœurs. Cette discipline philosophique interroge sur les finalités, les valeurs et les conditions du « bien » et du « mal ». L’éthique peut aussi être définie comme une réflexion sur les comportements à adopter pour rendre le monde habitable pour tous. En cela elle est à la recherche d’un idéal de société et de conduites. Etymologiquement le mot « éthique », d’origine grecque, est un synonyme de « morale ». Il a cependant, de nos jours, une connotation moins péjorative que « morale » car plus théorique et philosophique que religieuse. En effet, la morale est un ensemble de règles – ou de lois – ayant un caractère universel, irréductible voire éternel. L’éthique, quant à elle, «s’attache aux valeurs et se détermine de manière relative dans le temps et dans l’espace, en fonction de la communauté humaine à laquelle elle s’intéresse».

Dans l’éthique, on distingue plusieurs items: la théorie, l’action et la fabrication. «La théorie est une conception rationnelle d’un certain état de faits, d’une activité ou d’une conduite, prenant en considération leur nature essentielle ou leur conformité à un idéal». L’action quant à elle, appelée aussi « praxis » dans la théorie marxiste, désigne l’ensemble des actions concrètes et pratiques, par lesquelles les hommes transforment la nature et la société. Et enfin la fabrication aussi appelée « poiésis  », correspond aux activités productives de valeurs d’usage, de biens et de services utiles à la vie. Selon Platon, «la finalité de la production est un bien ou un service, c’est-à-dire quelque chose d’extérieur à celui qui le fabrique et à son action-même;  elle est ainsi séparable du producteur. Le but de l’action – de la praxis – quant à elle, est interne à l’action, elle n’en est donc pas séparable».

Si le terme «éthique» est né dans les racines mêmes de la philosophie, il a été largement repris et utilisé dans plusieurs domaines : politique, économique, juridique, social…

Dans le champ du social par exemple, il en existe trois formes : l’éthique de conviction (se mettre inconditionnellement au service d’un but), l’éthique de responsabilité (principe de réalité inclus dans le but d’atteindre et de savoir faire le tri entre différents choix) et l’éthique de discussion (proposition d’un compromis intéressant qui permet de confronter, d’élaborer et de partager une éthique professionnelle).

Dans le domaine de l’économie, Jean-Jacques NILLES décrit l’éthique comme une véritable compétence professionnelle. De plus, il explique que  «  l’approche de l’éthique professionnelle doit reposer à la fois sur la dimension morale et sur la dimension éthique. Un réel développement de l’éthique dans les pratiques implique une méthode rigoureuse associant la théorie à l’expérience des professionnels. L’enjeu en est important puisque l’éthique intervient de façon positive […] sur la résolution des conflits par la discussion ». Il s’agit donc d’un enjeu également primordial dans le monde du travail.

En effet tous les professionnels devraient se prémunir d’une éthique professionnelle à articuler avec la leur propre, qui s’est construite par le biais d’expériences antérieures autant personnelles que professionnelles. Les valeurs nécessaires pour exercer un métier ne sont d’ailleurs pas déconnectées des valeurs personnelles de la personne; par exemple: respect des personnes et de la dignité humaine, tolérance, égalité, honnêteté à l’égard de soi  et des autres…

L’éthique est donc un vaste et complexe sujet qui interroge depuis longtemps, et évolue avec la culture, les valeurs et les principes de chacun. Dans un métier, l’éthique fait-elle évoluer les pratiques professionnelles ou bien sont-ce ces dernières qui impactent l’éthique professionnelle ? Et peut-on concrètement avoir une « bonne » éthique, ou n’est-ce qu’un idéal à viser et vers lequel on ne peut que tendre ?

Par exemple, dans le cadre de médiation: Isabelle JUES, dans le dossier «Médiation familiale et lien social – La médiation familiale, Éthique et déontologie du médiateur familial», explique que la médiation familiale présente une dimension éthique qui doit être sans cesse retravaillée à partir des pratiques déjà engagées. Elle reprend Max WEBER, qui dresse trois portraits éthiques propres à la médiation familiale: «une éthique de la liberté, qui représente un contrepoint à une éthique de la responsabilité»: la médiation doit favoriser une reconnaissance de chacun. Les acteurs de la médiation, tant le professionnel que les personnes, doivent pouvoir exprimer une liberté de parole, dans le renoncement à la toute-puissance, et donc dans le cadre des règles énoncées. Parallèlement, la médiation repose sur le postulat de la compétence et des capacités des personnes à décider par elles-mêmes: le dispositif vise donc à promouvoir la responsabilité des individus, considérés comme conscients des conséquences de leurs paroles, de leurs écrits, de leurs actes. L’auteure évoque ensuite «une éthique de l’équité». Il s’agit de garantir aux personnes un cadre de discussion dans lequel elles puissent être à égalité de pouvoir par rapport aux sujets dont elles vont débattre et aux décisions qu’elles vont prendre.

Enfin, elle développe «une éthique de la fraternité, dans le sens de l’altérité, et de la prise en compte de l’autre, celle de la reconnaissance d’autrui dans sa similitude et dans sa différence». Voilà ce que pourrait être une éthique tant personnelle que professionnelle !

SOURCES

BEAUVAIS Martine,  Des principes éthiques pour une philosophie de l’accompagnement, l’Harmattan, 2004.

SARTRE Jean-Paul, Esquisse d’une théorie des émotions, Hermann, 1938.

COMPTE SPONVILLE André, Le capitalisme est-il moral?, Ordre éthique, Albin Michel, 2004.

MORIN Edgar, Ethique La méthode 6, Seuil, novembre 2004.

ROGER – POL DROIT, L’éthique expliquée à tout le monde, Seuil, 2009, p 43.

SPINOZA, Ethique, ed Flamarion, 1993.

 

 

 

 

 

 

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