Mes observations en tant que médiatrice m’ont permis de prendre conscience que le mensonge générait une blessure narcissique chez l’autre, entrainant alors un sentiment de trahison, mais également, dans de nombreux cas, des ruptures de communications. C’est alors que mon intérêt est né pour cette question en médiation familiale, où il est question de travailler le lien familial.

Condamné par la société et perçu auparavant comme un pêché, le mensonge dans nos sociétés occidentales, est perçu d’une manière très manichéenne.  La réprobation sociale est encore aujourd’hui très présente, en témoignent les nouveaux ouvrages dédiés à la synergologie ou encore à l’interprétation des signifiants des mensonges (verbaux et non-verbaux). Traqué, le mensonge est au cœur des débats humains, politiques et publicitaires, menant parfois au scandale.

Toutefois, certaines études démontrent cependant le caractère ordinaire et universel du mensonge, nous mentirions en moyenne 3 à 6 fois par jours. Si le mensonge est si régulier, quelles en sont donc les raisons ?

Au travers de mes lectures et de mes expériences, j’ai pris conscience que le mensonge fait tout d’abord partie des fondements identitaires chez l’enfant. C’est, en effet, une partie de ce qui l’aidera à continuer à coller à l’amour de ses parents tout en poursuivant ses désirs propres, mais qui lui permettra aussi de s’opposer. Le mensonge, comme le souligne Piaget, se développe lorsque l’enfant développe un jugement moral et prend conscience du fait que ses actes aient des conséquences. C’est par ce biais entre autres que l’enfant peut peu à peu se différencier de sa mère afin de développer sa vie intérieure propre. Le psychiatre Winnicot évoque le mensonge comme une manière de protéger son intériorité du monde extérieur.

En grandissant, l’aptitude au mensonge évolue. Cela permet à tout un chacun de forger son « masque social », c’est-à-dire de se forger une image répondant aux normes socialement acceptées de tous.

Nous le retrouvons dans le domaine de la publicité, en politique, ou encore dans les médias, le mensonge semble omniprésent.  Ainsi, s’il semble indissociable du quotidien, quelles sont les raisons qui nous poussent à mentir ?

Mes étayages pratiques et théoriques m’ont permis de comprendre que la question du mensonge était bien plus complexe qu’elle n’y apparait. En effet, le mensonge a ses fonctions, il s’agit de protéger son intériorité, cacher un secret de famille, donner une image de soi favorable, protéger quelqu’un ou quelque chose, ou encore même soi-même, garder l’amour d’un proche…

Ainsi je me suis souvent demandée comment travailler face à la présomption du mensonge. Le médiateur familial n’est cependant pas là pour trancher en faveur de l’un ou l’autre durant le conflit. Il est celui qui va les aider à recréer les conditions d’un dialogue harmonieux, sans jugement. Il est impartial et neutre. En tout premier lieu, il lui faudra donc prêter une attention accrue à ce moment particulier qu’est celui de la mise en confiance qui facilitera l’adhésion au cadre et au processus de médiation familiale. Ce lieu sera un refuge où ils pourront exprimer les difficultés relationnelles qui les enserrent mais aussi où ils évalueront s’ils se sentent dans un endroit suffisamment sécurisant pour y aborder des problématiques aussi intimes que complexes, d’où l’importance de cette rencontre et de la réaffirmation de la confidentialité au travers d’une neutralité bienveillante.

Il apparait clairement que la question du mensonge soit très particulière  et éveille des affects exacerbés dans ces situations où l’ex-couple est déjà ébranlé par des conflits antérieurs et amène à des renfermements de soi, générant une blessure de trahison, une méfiance, un sentiment de honte…. Ces médiateurs familiaux ont ainsi démontré une partie de leurs outils, de leurs techniques et compétences dédiées à réinstaurer une communication devenue presque impossible puisque « c’est un menteur, pourquoi l’écouterais-je ? » (tiré d’une situation que j’ai vécu lors d’un entretien de médiation familiale).

Cela m’a amené à réfléchir sur les fonctions du langage, sur l’accueil des affects et des émotions, l’éthique et la déontologie…et sur comment amener les personnes à trouver leurs propres outils de communication.

Ainsi le dialogue au sein d’un couple ne peut réellement se tisser que si les deux protagonistes peuvent réinstaurer un climat de confiance entre eux.

La présomption du mensonge, très présente en médiation familiale, apparait comme très spécifique. Elle génère une problématique circulaire d’accusations sans fins (ne permettant plus le dialogue) dont le médiateur familial devra s’extirper afin de le leur permettre également. Aussi, me semble-t-il nécessaire de la traiter d’une manière particulière au travers d’une attention toute particulière, et d’outils et moyens propres à la professionnelle que je suis afin de tenter d’amener les individus vers le terrain d’une confiance relative. Ceci facilitera le travail en direction de leur projet et leurs besoins. 

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