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Interview de Justine d’Oummi Materne… mum’preneuse engagée dans la lutte contre les VEO

 Aujourd’hui, après l’interview d’Emmanuelle praticienne du Jeu de Peindre, nous avons la joie d’interviewer Justine, du site et des réseaux sociaux OUMMI MATERNE.
Si son site n’est plus à présenter, véritable ressource indispensable dans l’univers de la parentalité bienveillante et positive et également de tout ce qui est en lien avec le parentage proximal (grossesse, accouchement, allaitement, portage…), on en sait beaucoup moins sur ses créateurs !

Et pourtant, vous le savez à Ailes & Graines on aime s’intéresser avant tout à l’humain.
Car derrière nos écrans il y a de vrais individus, derrière chaque projet il y a une personne …
et en l’occurence ici, une famille!

 Photo famille Oummi Materne

1/ Bonjour Justine ! Avant tout merci de te prêter à ce jeu de l’interview, car si Oummi Materne est devenu un lieu incontournable pour quiconque se lance dans la parentalité bienveillante, toi tu restes personnellement assez discrète. 

Etant au coeur de ce magnifique projet, comment t’es apparue cette envie de partager tes connaissances ?

Ce projet est né un peu avant d’avoir mon deuxième enfant, ma fille, Hind qui a pratiquement trois ans. On pourrait penser que cela m’est venu en devenant maman, mais non. Lorsque j’ai eu mon premier enfant j’ai tâtonné, j’ai énormément écouté les autres et finalement, très peu moi. Pour mon deuxième enfant, j’ai voulu faire différent, juste m’écouter, écouter mon enfant, renouer avec mon instinct maternel : portage, allaitement, cododo….

Mais voilà, tout n’était pas si simple que ça, je pouvais rencontrer des difficultés, je me posais beaucoup de questions.. Et puis, étant passionnée de périnatalité, psychologie de l’enfant, d’écriture, Nico, m’a poussé à ouvrir mon propre site internet pour partager tout ça, mon quotidien, mes outils, de l’écoute…

 

2/ Mon petit doigt m’a dit que Nicolas et toi, vous n’aviez pas toujours fait cela; peux-tu nous en dire plus sur vos parcours respectifs ?

Effectivement, nous n’avons pas toujours fait cela. Nicolas a fait un CAP hôtellerie et moi un bac professionnel « métier des services administratifs ». Trouver du travail était difficile alors nous sommes devenus auto-entrepreneur et avons fait de nos passions un métier !

Nicolas est chef digital de projet pour Oummi Materne et moi, je suis chef de rédaction et social media manager pour Oummi Materne.

 

3/ Te concernant, as-tu bénéficié d’une éducation positive et respectueuse lorsque tu étais enfant ? Ou est-ce que c’est une réflexion, une révélation qui t’es venue par la suite avec la maternité ? (NDLR: Justine est maman de 3 enfants)

La parentalité positive et bienveillante a plutôt été une réflexion. Je fais partie des personnes qui ont reçues des fessées et des gifles, et avant d’avoir des enfants j’étais la première à dire : « oh, je me suis prise des fessées et j’en suis pas morte ! » Et puis j’ai eu mes enfants et ma vision a changé. Comment, pourquoi ? Je me suis dit que je ne voulais pas d’un climat hostile ou de peur à la maison, je voulais une relation différente avec mes enfants. Et puis lorsque j’ai commencé à étudier les neurosciences affectives et sociales, cette vision empathique et positive que je voulais s’est confirmée. J’avais ce besoin, cette envie de comprendre mes enfants pour mieux les accompagner.

 

4/ Avez-vous toujours été d’accord avec Nicolas sur l’éducation, le parentage ou tout autre choix que vous souhaitiez avoir concernant vos enfants ? 

Je me souviens qu’au tout début nous avions des visions de l’éducation différentes, une chose normale puisque nous n’avons pas vécu la même enfance, la même éducation.. En bref, nous avons chacun nos bagages et cela nous a mené à quelques désaccords, effectivement. Par exemple, sur la fessée. Il pensait qu’une de temps en temps, ça ne tuait pas. Il a fini par lire, se renseigner, assister à des conférences avec moi et il est devenu un grand défenseur de la parentalité positive.

Ou encore moi qui étais très médecine conventionnelle, dès que j’avais mal quelque part c’était médicament et Nicolas lui était plus médecine naturelle. Là encore, aujourd’hui on se rejoint pleinement, et notre armoire à pharmacie est plutôt composée d’homéopathie, fleurs de bach’ ou huiles essentielles.

 

5/ Bien souvent, afin de pouvoir continuer à fonctionner en binôme et préserver sa relation intacte, la communication dans le couple est une des priorités à (re)travailler quand on entre dans la parentalité: moins de temps, plus de fatigue, choix importants à prendre ensemble… Comment cela s’est-il passé de votre côté ?

Tu as totalement raison, la communication c’est vraiment une clé essentielle pour avancer ensemble, mais ce n’est pas toujours facile car il y a tous les aléas de la vie. Comme tout le monde, il y a des jours où on ne se comprend pas. On arrive à faire en sorte de ne jamais rester comme ça, et de toute façon nous sommes un couple fusionnel, on a du mal à se séparer alors les disputes ne peuvent durer bien longtemps. Le tout est de trouver un moyen qui convient pour toujours discuter, prendre le temps. Nous on en discute pas forcément face à face, nos caractères font que.. Non, notre truc c’est de discuter par écrit de ce qu’il vient de se passer et on peut passer à autre chose.

Après je dois avouer, que nous avons vécu des choses très dures ensemble et c’est ce qui nous a soudés. Comme la naissance de notre petit dernier avec une malformation non détectée, qui a fallu perdre la vie à 3 jours. A côté de ça, tout paraît insignifiant.

Photo de Justine Nicolas Oummi Materne

6/ Cela fait maintenant plusieurs années que tu travailles dans le domaine de l’éducation bienveillante. Penses-tu que les choses changent et évoluent dans notre société ? Quel est ton recul concernant la lutte contre les VEO, le maternage proximal, la place de l’enfant dans la famille ou la société… ?

Même s’il y a des jours où je me dis : « Mais, est-ce qu’on y arrivera ?!», je m’aperçois qu’avec le recul, de plus en plus de familles et même de personnes sans enfant s’intéressent à la parentalité positive, mais aussi au maternage, cette façon de renouer avec son instinct, d’écouter et respecter les besoins de son enfant. Ça se démocratise grâce à des personnes connues, comme Isabelle Filliozat par exemple, auteure et psychothérapeute qui se déplace partout pour des conférences, mais qui intervient aussi dans des émissions grand public comme Les Maternelles. Elle rend accessible à tous cette façon positive et empathique d’accompagner son enfant. Elle permet de briser des stéréotypes attribués à l’éducation bienveillante, et cela donne envie aux familles de s’y intéresser, d’en apprendre davantage car après tout, on souhaite tous le meilleur pour nos enfants, le tout est d’avoir les clés entre les mains pour réussir.

 

7/ J’imagine que ce n’est pas toujours simple d’être une mum’preneuse active sur tous les fronts, et parfois – la fatigue aidant – tu dois avoir des petits down. Quels conseils donnerais-tu aux parents pour garder toute leur bienveillance quand ils sont fatigués ?

C’est tout à fait ça, je dois être sur tous les fronts et c’est ici qu’est la difficulté car on peut vite retomber dans nos automatismes, la fatigue nous rend beaucoup moins patients. Mon truc à moi, pour ne pas disjoncter c’est chanter ! On met de la musique et on chante, on danse avec mes enfants.

Si je devais donner quelques conseils, je dirai :

  • Quand ça boue en nous, que le cortisol (hormone du stress) s’agite dans notre tête, la solution la plus efficace c’est de sécréter de l’ocytocine (hormone du bien-être, de l’amour) donc câlin, bisous, rire, chant, danse….. Que sais-je !
  • Pour être un parent bienveillant, il est urgent d’être bienveillant envers soi-même, il est nécessaire de s’accorder du temps rien qu’à soi. Ce n’est pas égoïste, c’est vital et ça permet d’avoir des relations beaucoup plus apaisées avec tout le monde.
  • Au lieu d’isoler mon enfant, c’est moi qui sors de la pièce, qui souffle un bon coup et puis une fois apaisée je reviens vers mon enfant. Et là, on peut agir efficacement.
  • Apprendre à lâcher prise, je me pose souvent la question : « est-ce que c’est si grave que ça si… » Bien souvent la réponse est non, alors j’ai appris à lâcher prise et à arrêter de me mettre autant de pression sur les épaules.

8/ Et concernant les tempêtes émotionnelles que peuvent connaître parfois les enfants, quels conseils pourrais-tu donner aux parents pour justement les accompagner avec bienveillance, éviter cris et autres VEO?

Je suis la maman de trois jeunes enfants : 1-3 et 4 ans, donc les tempêtes émotionnelles on connaît bien, lol. Le meilleur conseil que je puisse donner c’est vraiment de prendre connaissance des dernières découvertes en neurosciences qui permettent de comprendre pourquoi l’enfant agit comme ça. Le comprendre c’est déjà pouvoir faire preuve de beaucoup plus de compréhension, de patience et mieux accompagner l’enfant. Ce sont des événements qui sont loin d’être agréables pour eux, et c’est ce qu’il faut retenir.

Je conseillerai aussi de mettre en place un apprentissage des émotions, mettre en place des outils concrets qui aident l’enfant lorsqu’il se retrouve submergé: livres, relaxation, roue des émotions, cartes, boîte à cris, dessin, coussin à colère…

Comme je le disais plus haut, s’accorder du temps pour soi de temps en temps, c’est fondamental pour reste bienveillant/e, évacuer le trop-plein et repartir du bon pied…

 

9/ Enfin, pour toi, dirais-tu que la bienveillance – éducative ou non – c’est inné ou acquis ? Et pourquoi?

Pas si simple que ça comme question, je suis plutôt partagée.. Je pense que la bienveillance est une chose innée, un enfant est bon par nature. Par contre, la bienveillance éducative je pense plutôt que c’est un acquis. Lorsque nous même avons reçu une éducation violente (verbalement, psychologiquement et/ou verbale) nous avons tendance à reproduire inconsciemment notre schéma familial. En réalité, les neurones miroirs jouent un rôle dans l’apprentissage par imitation, mais aussi dans les processus affectifs, comme l’empathie. Dans cette même optique, Maria Montessori parlait de l’esprit absorbant, très actif entre 0 et 3 ans (mais continue jusqu’à 6 ans de façon « différente ») où l’enfant va aborder dans les moindres détails son environnement ET il le retient. Ce qui comprend bonnes expériences, mais aussi les mauvaises ! Pour beaucoup, il faudra apprendre une nouvelle façon de faire.

 

10/ Et pour finir cette interview: une phrase, citation ou mantra qui te guide au quotidien que tu aimerais partager ? »

« Et si élever les enfants dans la douceur, dans l’affection, dans l’empathie rendait les humains plus pacifiques et plus aimants, et transformait le monde Fautil endurcir nos enfants pour queuxmêmes deviennent inflexiblesinsensibles et s’adaptent à un monde belliqueux et impitoyable ?  » Catherine Gueguen

Logo d'Oummi Materne

Tu peux retrouver Justine, toute sa famille et

tous ces précieux articles et conseils sur tous ses réseaux sociaux:

Site: https://www.oummi-materne.com 

Page Facebook: https://www.facebook.com/oummimaterne/

Compte Instagram: https://www.instagram.com/oummimaterne/

Compte Twitter: @OummiMaterne

Et si tu veux discuter avec d’autres parents sur l’education positive, il y a même un groupe ici !

=> https://www.facebook.com/groups/oummimaterne

 

En vous souhaitant un très joli chemin,

Elodie

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