Aujourd’hui c’est avec beaucoup de joie que l’on vous partage l’interview de deux papas, deux hommes investis dans leur parentalité, une parentalité positive et respectueuse et qui ont une chaîne Youtube dans laquelle ils traitent de nombreux sujets avec humour, une touche de légèreté pour faire passer autant de messages importants. On adore leur travail, et c’est pour cela qu’on voulait vous les présenter!

Image tirée d’une de leurs vidéos Youtube

 

1/ Laurent, William, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs en quelques mots?

Bonjour ! Nous sommes deux amis, passionnés de théâtre d’improvisation, et devenus papas à peu près en même temps. William travaille dans l’animation avec des adolescents, et je m’occupe, pour ma part, d’un salon du livre pour la jeunesse. Pour quelques temps encore, car nous avons très envie de nous lancer dans une activité de formation et de spectacle vivant. Un changement de vie à mûrir pour ne pas qu’il impacte trop fort nos vies de famille, nous avons des enfants en bas âge et des femmes aussi actives que nous !

2 / On démarre avec la question des débuts: comment vous-est venue l’idée de créer la chaîne YouTube « Pères Indignes »? Promouvoir une éducation consciente par le biais de l’humour, et de vos deux personnages attachants, vous a emballé de suite?

Nous avions envie de créer quelque chose ensemble, et la parentalité était au cœur de nos préoccupations (et le demeure) à ce moment-là. Nous ne connaissions pas de chaîne Youtube parlant des papas, des questions qui les traversent, de leurs doutes… Et encore moins de façon humoristique et déculpabilisante. C’est au fil du temps que nous avons été étiqueté « éducation bienveillante », mais j’aime beaucoup votre terme « éducation consciente », car c’est tout à fait ce que nous ressentons. Education humaniste, aussi…

3/ La chaîne Youtube doit vous prendre beaucoup de temps – on sait ici que faire une vidéo demande une certaine organisation que ce soit en terme de réflexion, de mise en scène et de montage. Comment arrivez-vous à gérer cela en plus de votre vie familiale, voire professionnelle?

A vrai dire, c’est le nœud du problème, c’est la raison pour laquelle nous publions difficilement plus de douze vidéos par an. L’écriture des textes n’est pas le plus difficile, nous sommes des lève-tôt, des couche-tard. Par contre, pour se caler une journée de tournage (deux ou trois épisodes), c’est un peu plus compliqué. Pour le montage, nous sommes bien aidés par notre ami Nicolas.

4 / Sur votre chaîne vous parlez avec humour de nombreux sujets, notamment la parentalité positive bien sur, mais pas que: les violences obstétricales, l’allaitement, la charge mentale dans le couple… Comment en êtes-vous venus à ces sujets? Avez-vous, vous-même été éduqué d’une manière bienveillante?

Il y a vingt ou trente ans, les grandes théories sur l’éducation et la pédagogie n’avaient pas encore été vulgarisées comme c’est le cas aujourd’hui. Nos familles respectives étaient aimantes, mais la manière d’éduquer était sans doute plus instinctive, moins consciente. A la lumière de tout ce que l’on s’applique à faire aujourd’hui avec nos propres enfants, il y avait sûrement chez nos parents des pratiques un peu moins “positives”… mais les nôtres sont loin d’être parfaites ! Quant aux sujets dont on parle dans nos épisodes, nous avons ressenti un besoin d’évolution. Au tout début de l’aventure, les thèmes abordés étaient davantage centrés sur les “galères” des papas, des anecdotes comiques, comme quand on essaie de donner à manger à un bébé. Lorsqu’on a vu les retours positifs de notre public, la sphère des gens qui nous suivaient s’agrandir, on s’est dit qu’on pouvait profiter de cette audience pour aborder des choses plus sérieuses, parler du couple ou attirer l’attention sur des pratiques éducatives bienveillantes, tout en conservant l’humour pour faire passer nos messages.

 

5 / On emploie souvent le terme de maternage, ici ou là. Rares sont les pères qui parlent de leur parentalité, sur le web comme en dehors, ils sont souvent absents du panorama. Partagez-vous ce ressenti? Que pensez-vous de la place du père, actuellement?

C’est vrai que lorsque nous arrivons sur un événement pour parler de notre travail, un festival, un café de parents, les femmes présentes sont souvent ravies de voir enfin des hommes et déplorent l’absence des papas dans ce type d’événement. Pourtant, il nous semble que beaucoup de pères aujourd’hui ont envie de s’impliquer dans l’éducation des enfants. Néanmoins, il semblerait que nombre d’entre nous ne se considèrent que comme des assistants de la maman et ne se sentent du coup pas concernés par une conférence sur l’éducation par exemple. Il faut que tout cela évolue bien entendu. Mais cela prendra du temps car nous héritons d’un modèle ancestral de répartition des tâches. Et il faut dire qu’à chaque fois que, sur un événement autour de l’éducation, nous croisons un papa pionnier qui franchit le pas d’assumer pleinement sa place, il se retrouve entouré d’une très large majorité de femmes, ce qui n’aide pas à échanger entre pairs…

 

Image tirée de leur vidéo Youtube sur l’allaitement

6 / Nous recevons beaucoup de messages de mamans qui sont bien peinées de ne pas réussir à dialoguer avec leur conjoint, concernant les choix parentaux notamment. Auriez-vous des conseils à leur suggérer à elles ou à leurs partenaires? Comment s’y prendre?

Question difficile… Déjà, il ne faut pas lâcher le morceau ! Et essayer de continuer à discuter des choix éducatifs. C’est important que les enfants sentent leurs parents sur la même longueur d’ondes. En général, quand on décide de faire un enfant avec quelqu’un, c’est qu’on a perçu chez l’autre un bon nombre de valeurs communes. Mais lorsque l’enfant est là, il y a tout un tas de situations auxquelles on n’avait pas songé… Et là, il n’y a que le dialogue régulier qui peut permettre de réajuster en permanence nos choix pour qu’ils soient cohérents. En attendant d’être à nouveau bousculés par l’arrivée d’un nouvel enfant. Et puis accepter que papa et maman ne soient pas tout à fait identiques dans leur manière de faire, c’est bien normal après tout. Et si le dialogue est difficile, leur conseiller de s’abonner à la web-série des Pères Indignes !

 

7 / Bon bon, à voir toutes vos vidéos, vous avez tout l’air d’être de supers compagnons et de supers papas. D’où peut bien venir l’idée de vous appeler « Pères indignes »?

C’est sûrement un peu par provocation. Si vous cherchez “indigne” dans certains dictionnaires, vous trouverez “père indigne” dans les exemples. On associe encore trop souvent les papas à des maladroits, en qui c’est difficile d’avoir totalement confiance. Dans nos épisodes, nous essayons justement de montrer que les papas réfléchissent, cherchent un moyen d’agir, de prendre des initiatives, pour tenter finalement de trouver leur place. A leur manière, pas toujours conventionnelle, c’est sûr…

8 / Avant de terminer cette interview, on voulait vous proposer un petit jeu, celui de compléter cette phrase :

Les Pères Indignes seraient plus qu’heureux de savoir que leurs femmes ne vont pas tarder à rentrer, car faut bien avouer que nos enfants sont hystériques, car on est vraiment trop débordés quand on est seuls. En plus, nous avons vraiment un humour de papa qui fait beaucoup rire nos enfants, mais pas toujours nos femmes.

9/ Un dernier mantra ou conseil à partager à nos lecteurs/trices?

On a les noms de celles et ceux qui ne sont pas encore abonnés à notre chaîne, donc un conseil : faites-le.

Si tu veux en savoir plus sur eux, alors n’hésite surtout pas à les suivre sur facebook: https://www.facebook.com/peresindignes/
et à t’abonner sur leur chaîne Youtube (totalement gratuit!): https://www.youtube.com/channel/UCW8TeybBPq5al-JU9XJPkYg

0 réponses

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.