Qu’est-ce que la douance ?

Mon témoignage

Comment ne pas commencer ce thème sans me mettre moi-même à nu ?
Car je sais à quel point c’est parfois douloureux de parler de douance, je vais donc me mettre moi-même en “danger”, enfin que peut-être, à ton tour tu t’ouvres un peu plus à tout cela.

Voici donc mon témoignage de “Zébr’attitude”

Je lis et j’écoute de la musique en même temps, ou je lis et je regarde un film en même temps, ou encore j’écris des deux mains en même temps… mais il paraît qu’il faut choisir.
Je dis ce que je pense à haute voix, je pose des questions gênantes et je mets les pieds dans le plat sans le vouloir… mais il paraît que ça ne se fait pas.
J’écoute chaque conseil, je me remets sans cesse en question, je repousse sans cesse mes limites… mais il paraît que ça n’est pas suffisant.
Vos mots me percutent, vos paroles me transpercent, vos actes violentent ma vision du monde… mais il paraît que je dois me blinder et accepter.
Chaque injustice me donne envie de pleurer, hurler, vomir… mais il paraît que c’est normal.
J’aurais dû vouloir jouer avec les autres enfants, j’aurais dû adorer aller en boîte de nuit, j’aurais dû “profiter de ma vie avant d’avoir des enfants”… mais j’ai préféré rester assise à tout regarder, tout décortiquer, tout analyser pour tenter de comprendre ce monde qui n’a aucun sens à mes yeux. .
.
Alors j’ai appris à poser moins de questions, j’ai appris à parler plus lentement, j’ai appris à rire aux blagues qui n’avaient pas de sens pour moi, j’ai appris à sourire poliment, j’ai appris à accepter le fait que dans ce monde ce n’est pas celui qui détient un savoir qui est le plus écouté, j’ai appris à ne pas remettre en question une personne qui avait plus d’années en âge ou en expérience/ plus d’argent / plus d’années d’études/ plus d’amis/ plus… ou juste une personne qui avait un pénis (faut bien l’avouer, une femme se doit d’en savoir moins qu’un homme dans cette société sexiste !), j’ai appris à ne pas pleurer, à ne plus analyser, à ne plus voir, à être aveugle, sourde et muette… j’ai appris à ne plus être moi.
Jusqu’au jour où je ne voyais plus l’utilité même d’exister. A quoi bon après tout?!

Et j’ai renoué petit à petit avec qui j’étais, sans demander la permission à qui que ce soit. Je me suis imposée. J’existe.

Tout est possible, puisque je suis là, et que je peux l’imaginer.
Tout restera possible tant que je peux savoir réellement qui je suis.

Qu’importe votre parcours de vie, qu’importe tout ce qu’on peut vous dire ou tout ce qu’on vous a fait subir… tant que vous savez qui vous êtes, vous vous relèverez toujours.
Vos émotions et vos pensées sont qui vous êtes; là maintenant, dans le présent.

1. Les préjugés sur la douance

Dans une de ses vidéos, le coach Romeo Cournal (dont j’aime beaucoup le travail) se demande pourquoi on trouve si peu de surdoués qui parlent de la douance. En effet, la plupart des informations relatant de ce sujet sont faites soit par des professionnels, qui en parlent de manière factuelle et scientifique, soit ce sont des témoignages écrits sous un pseudonyme. Mais rares sont les surdoués qui prennent librement la parole…alors même que cela semble assez logique qu’ils soient les mieux placés pour parler de leur quotidien!

Bien souvent c’est pour une raison simple: les préjugés ont la vie dure!

Déjà pour le surdoué lui-même, qui est mal à l’aise de le dire de peur de passer pour une personne arrogante, mais également pour les autres qui ne se gênent pas pour tester “ledit surdoué”.
Ah je vous assure, il faut avoir une certaine confiance en soi pour le dire publiquement, car à chaque fois ça ne loupe pas: entre ceux qui vous demandent de démontrer que vous l’êtes en faisant quelque chose d’incroyable qu’ils ont vu à la TV (NB: la TV n’est pas là pour montrer la vérité, elle est là pour faire du sensationnel donc pour faire de l’audimat!), et ceux qui aiment montrer que vous faites aussi des erreurs et prennent plaisir à vous montrer ce qu’eux savent faire et pas vous!
Car oui le préjugé qui nous fait du tord réside dans le terme même de “surdoué”=”plus que doué”=”plus doué que les autres”. Alors si effectivement, les zèbres ont des caractéristiques qui peuvent amener des compétences quantitatives ou qualitatives au-dessus d’unedite moyenne”, ils n’en sont pas moins humains!
Moi aussi je fais des fautes,des erreurs d’inattention, ou même je ne peux rien comprendre ou me planter dans un calcul simple… Bref,j’ai décidé de ne plus rentrer dans la justification.
Rentrer dans la justification face à une personne qui a des préjugés ne mène à rien! Si elle a décidé quelque chose, on n’y peut rien.
Par contre, à tous les zèbres qui passent par là, n’oubliez pas que vous ne prenez pas la parole pour ces personnes, mais pour les autres zèbres qui cherchent des réponses, et qui sont possiblement en souffrance. ❤

J’ai écris tout un article ici sur les préjugés concernant la douance !

2. Test de QI & douance

C’est en 1905 que BINET et SIMON créent la première échelle mesurant l’ « intelligence » en vue d’aider les élèves en difficulté. Depuis, les tests ont beaucoup changé, évolué et été adaptés selon les besoins jusqu’au WISC/WAIS que nous connaissons aujourd’hui comme étant le seul test qui serait à même de calculer officiellement le quotient intellectuel d’un enfant (à partir 2 ans pour le WPPSI, 6ans le WISC) ou d’un adulte (le WAIS à partir de 16ans). Nous en sommes aujourd’hui à la 5ème version et non la dernière, puisque chaque version est soigneusement créée à partir des dernières avancées psycho-socio-scientifiques. La moyenne étant de 100, on estime officiellement que les haut potentiel ont + de 130 ( 2% de la population) et les très haut potentiel intellectuel au dessus de 145 (0,1% de la population).

Chaque test de QI dépend également de son pays et donc de sa culture, d’où la différence de chiffre d’un test à l’autre (par ex le maximum WAIS en France est de 160 tandis qu’au Japon c’est 220); il y a également une différence entre le WISC et le WAIS, d’où l’inutilité de comparer le chiffre!
D’autant que passer le test n’est pas pour le chiffre… sachez oublier le chiffre pour vous concentrer sur l’analyse précise de votre fonctionnement cognitif et/ou émotionnel que vous proposera le psychologue.
Car finalement là est l’intérêt du test: se connaître pour mieux se comprendre, et peut-être commencer à s’accepter tel que l’on est (l’acceptation est un long processus, un cheminement qui ne s’arrête pas au test!). Aucune obligation de passer le test, certain.es seront juste rassuré.e.s à la lecture d’un livre ou d’un blog traitant du sujet de la douance; mais d’autres auront ce besoin de légitimité. Qu’importe… à chacun de trouver sa voie.
Passer le test adulte est difficile, surtout si on reste bloqué sur le préjugé que surdoué= plus intelligent… difficile de s’autoproclamer plus doué que les autres!
Alors déjà, sachez que vous ne devez rien à personne, mais ensuite si vous vous posez la question c’est déjà signe que vous cherchez des réponses… Alors pas de honte à voir une personne qui pourra vous les donner

J’ai été interviewé par Chloé Romengas sur son blog concernant les tests de QI, tu trouveras donc ici un article complet: https://www.rayuresetratures.fr/le-test-de-qi-cest-pas-sorcier/

3. Souffrance des surdoués

Dans ses écrits, Monique de Kermadec explique que la difficulté principale des surdoués est la solitude ressentie face à leur manque d’intégration.
Les zèbres ont cette tendance à poser beaucoup de questions très jeunes, et en grandissant ils remettent tout en question et notamment les conventions sociales. S’ils en acceptent certaines, c’est par choix et non pas par convention. Ainsi ils peuvent se sentir un peu différent de la plupart des personnes qui vont faire parce qu’on leur a dit que c’était ainsi, et qu’on a “toujours fait comme ça” !
Ils vont plus facilement mettre les pieds dans le plat en posant des questions qui dérangent puisque, sans mauvaise intention, ils vont mettre les personnes face à leurs paradoxes. Mais le zèbre a lui aussi des paradoxes, c’est le propre de l’humain qui est sans cesse en évolution (donc la phrase “tu as changé” a un sens tout relatif! ); cependant il conscientise très bien ses limites et peut en parler assez ouvertement (selon son degré de confiance… qui peut passer à tort pour de l’arrogance!). Si tous les zèbres ne sont pas en souffrance (heureusement), certains le sont et doivent savoir qu’il n’est pas évident de trouver un accompagnant compétent pour les aider.
Monique de Kermadec explique que le surdoué, par sa façon de penser, sa rapidité d’analyse et son hypersensibilité, ne trouvera pas facilement une personne pouvant l’accompagner et sera vite déçu si les premiers entretiens ne sont pas à la hauteur de ce qu’il espérait. Pour autant, il doit insister, et ne pas croire que c’est le professionnel qui fera le travail, car ce dernier ne sera qu’un support à son transfert, un miroir réfléchissant qui lui permettra une auto-analyse plus poussée.
Mais encore faut-il que le dit-professionnel soit en mesure de respecter les singularités du zèbre sans le juger ou lui coller une autre étiquette (bipolaire, borderline… ). En bref, la souffrance n’est pas une fatalité, bien au contraire; comme toujours un zèbre assumé et qui ne passe pas son temps à se déguiser en cheval en sera toujours plus heureux (et pour ça… on ne doit pas hésiter à demander de l’aide 😉)

4. Les femmes surdouées

S’il n’est pas aisé d’être surdoué tout court (réf à mes posts précédents à ce sujet), ça l’est encore moins dans une telle société sexiste… Bah faut bien le dire: une femme surdouée c’est à priori pas sexy!
Nadine Kirchgessner dans son livre “Des femmes surdouées” met en exergue le manque de femmes douées dans nos livres d’histoire, ou même dans notre culture générale où toujours les mêmes noms d’hommes sont cités. Elle explique aussi que le taux de femmes zèbres célibataires ou divorcées est nettement plus grand que chez les femmes non-zèbres, et recense un nombre incroyable de témoignages poignants expliquant qu’une femme n’est pas féminine si elle tente de se comparer “intellectuellement” à un homme… faites-en vous-même votre conclusion😞
N.KIRCHGESSNER synthétise cela en une phrase : “une femme ne doit pas être trop intelligente sous peine de mise à l’écart ou de relégation du style: “elle se débrouille comme un homme””. Elle en explique donc le fort nombre de femmes se conformant très jeune aux attentes, et souffrant du complexe de l’imposteur dès lors qu’elle réussit quelque chose dans cette société.
Pour cela, pas le choix, assumer, ne pas avoir honte, et surtout valoriser les capacités intellectuelles et cognitives de nos petites filles .

Une belle phrase de fin de ce livre, que j’ai envie de vous partager: ” Le véritable lieu de naissance est celui où l’on a porté pour la 1ère fois un coup d’oeil intelligent sur soi-même” (Mémoires d’Hadrien).

Si tu te poses des questions pour toi, sache que je propose un test pour savoir si tu es surdoué ou non et comprendre par la même occasion ton fonctionnement cognitif et émotionnel; ici: https://ailesetgraines.com/test-de-douance/ 

Si cet article te parle ou si tu penses qu’il peut aider une autre personne, n’hésite pas à le partager et donc à donner de la visibilité à ce sujet si méconnu !

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