Ici vous pourrez retrouver des interviews de personnes que nous trouvons extraordinaires, des personnes simples, avec un grand coeur, inspirantes. Bonnes lectures!

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Interview: Marie, interprète en LSF

Aujourd’hui j’ai la joie de vous présenter une personne qui va vous passionner, tant par sa personnalité que par ses compétences. Il s’agit de Marie du compte LittleBunBao: une jolie brunette qui met en avant tout son savoir-faire professionnel en langue des signes française auprès des parents et des bébés. Chaque jour elle propose de nouveaux signes sur ses divers réseaux sociaux, et met en ligne des formations à petit prix pour promouvoir toujours un peu plus cette belle langue. Mais je ne t’en dis pas plus, et je préfère largement te laisser lire les réponses de la fabuleuse Marie… trop de choses à apprendre et à partager qui vont je suis sûre t’emballer.

1. Coucou Marie, alors déjà un GRAND merci d’avoir accepté de répondre à cette interview. Ensuite, pourrais-tu te présenter en quelques lignes pour ceux et celles qui n’ont pas encore la chance de te connaître?

Salut Élodie, je suis Marie 33 ans maman épanouie d’une petite fille de 16 mois, très investie dans le maternage sur les RS et je suis interprète en Langue des Signes  Française de par mon métier, je traduis pour les sourds et à côté de ça j’enseigne la langue des signes en ligne et j organise des ateliers lsf pour les parents, bébés et enfants. 

2. Tu es donc avant tout une professionnelle de la LSF. Pourrais-tu nous en dire d’avantage sur ce beau métier – encore trop méconnu- et sur la formation requise? Pourquoi avoir choisi cette profession plutôt qu’une autre?

Mon métier consiste à traduire en tant réel un discours Francais oral en langue des signes ( ou l’inverse de la lsf vers l’oral) on fait appel a un interprète pour un rdv médical, juridique, une formation une réunion en conférence à la télévisions etc et également dans le scolaire dans des établissements ordinaire qui accueille un ou des enfants sourds ou l interprète va traduire à côté du locuteur tout le discours de celui ci et des autres personnes danc cette situation de communication. 

Je suis un outil de communication comme une webcam disons, je traduis avec mes mains ou avec ma parole  les informations sonores et visuelles dans une situation de communication. 

La Langue des Signes et moi c’est une histoire d’amour qui a commencé toute petite j’ai appris très jeune par curiosité et fascination pour la langue et la communauté des sourds. Et au fil des années j ai compris qu il y avait un manque cruel d interprètes en France pour les sourds qui contribuait à leur exclusion j’ai donc voulu en faire mon métier. 

3. C’est une langue encore peu connue et même peu usitée me semble-t-il. Pourrais-tu nous en dire plus sur son histoire? 

La lsf à une histoire particulièrement dure, pourtant elle existe depuis que l’homme est apparu sur terre elle est née des premiers sourds et s’est développée comme les langues vocales un peu partout dans le monde. 

Il a fallu attendre 18eme siècle pour qu’on s’y intéresse et comprennent que c’était une vrai langue avec sa syntaxe ses conjugaison bref une langue incroyablement riche les États-Unis ont voulu qu on leur enseigne notre savoir sur la LSF . Mais en 1880 suite à un Congrès mondial le congrès de Milan ou deux comparses ont vu l’occasion de vendre une méthode barbare pour faire parler les sourds. L’interdiction de la langue des signes à été votée pour forcer les sourds à parler. Ce fut un grand échec il en va sans dire. Mais d’une brutalité terrible on a coupé des générations de sourds de leur langue, vivant ainsi sans langue et meurtris.  Les enfants sourds avaient les mains attachées dans le dos à l école pour ne pas signer et la langue des signes à failli disparaître, elle s’est appauvrie et se pratiquait honteuse en cachette jusque dans les années 80 ( c était y’a ps si longtemps) ou de grands Sourds du domaine du théâtre et du cinéma se sont battus pour leur langue et ont finalement obtenu une tolérance au niveau de cette langue qui a été vraiment reconnu en 91 et autorisé en tant que langue pour les enfants sourds en 2005.

4. Tu es aussi une maman, tu utilises donc la LSF au quotidien avec ta fille. Pourrais-tu nous dire les bénéfices d’une telle pratique avec les bébés? (Même les bébés non porteurs de handicap).Et à partir de quel âge peut-on la pratiquer?

Les bénéfices de cette langue s’observent rapidement sur plein de niveau : tout d’abord elle permet à l’enfant de communiquer plus tôt d’exprimer ses besoins et sentiments permettant ainsi de réduire le sentiment de frustration de colère et de tristesse. Elle developpe le goût pour échanger et communiquer chez l’enfant. Elle stimule la mémoire visuelle et l’imagination car la langue des signes est une langue visuelle qui s’appuie beaucoup sur la logique du dessin et du monde de la Bande dessinée.Elle consolide l’apprentissage du Francais grâce au référent du mot qui est activé dans 2 langues. Elle renforce le lien parent-enfant qui communiquent plus tôt et de manière efficace favorisant des moments d’échange et de complicité.

5. Penses-tu que la pratique de la LSF participe à une éducation plus bienveillante et positive? 

Bien sûr elle est la preuve d’une prise en compte des besoins de l’enfant on offre à son enfant un outil de communication pour se faire comprendre et nous permettant ainsi de mieux répondre à ses besoins. Elle place ainsi l’enfant dans une situation égale avec l adulte avec une possibilité de communiquer des que son cerveau en est capable ( vers 9 mois) et avant que l appareil phonatoire soit assez mature pour ne plus être un obstacle à la communication et qu’il puisse tout dire. 

La LSF permet de poser des mots très tôt également sur les émotions pour pouvoir les accompagner au mieux ainsi l’adulte à cette place de guide auprès de l’enfant. 

Et l’enfant permet à l’adulte qui souvent a toujours rêvé d’apprendre, de se lancer  dans des cours en Lsf et ainsi réaliser une envie présente depuis longtemps.

6. Que dirais-tu à des parents qui voudraient pratiquer la LSF mais qui se découragent de l’apprendre, qui ne savent pas par où commencer?  

Qu’il faut plonger dans cette jolie aventure le jeu en vaut largement la chandelle cela représente au début le temps d être à l’aise que 4ou 5 signes, c est aussi l occasion de pratiquer en famille, ou au sein du couple qui peut utiliser des signes au quotidien comme une langue secrète complice et pratique quand on doit parler sans faire de bruit ou de loin sans crier! C’est très simple et ludique à apprendre on pioche les mots qui sont utiles à l’enfant notamment ceux qui permettront au bébé de se faire comprendre communiquer sur ces besoins et envie : encore / fini / fatigué / changer le couche / teter ou lait. Et puis avec la possibilité d apprendre d autre signe en lien avec les choses importantes de son enfant comme ici : musique/ chien / gâteau. 

7. Tu proposes des formations en ligne de LSF, pourrais-tu nous en dire d’avantage, pour les parents ou professionnels que cela pourrait intéresser? 

Je propose des cours en ligne pour différents profils, mes cours sont accessible via une application sur le téléphone l’ordinateur et la TV avec ou sans connexion et disponible à vie après avoir été téléchargé. Ils reprennent la ou ils se sont arrêté en suivant leur rythme et celui de la maison ! 

On télécharge le cours sur la thématique qui nous intéresse tout simplement. 

Il y’a des cours pour les parents qui veulent apprendre pour communiquer avec leur bébé j ai créé un cours spécial qui regroupe tout le vocabulaire nécessaire au bébé à piocher dedans en fonction de soi et de son enfant car chaque bout de chou et ses envies besoins sont uniques. Avec également des comptines à signer à bébé pour le calmer l apaiser l’eveiller.

Il y’a des cours pour les plus grands a partir de deux ans pour poser des mots sur les émotions souvent c’est plus simple de signer ce qui est dedans ce qu on ressent plutôt que de le dire à l’oral. 

Un contenu aussi qui s’adresse aux professionnels de la santé pour pouvoir communiquer avec un patient sourd.

Il y a aussi des cours pour apprendre la langue des signes en tant que langue pour ceux qui ont toujours voulu l’apprendre et jamais osé vu que cela représente un sacré investissements financier. Ou pour les parents d enfants sourds qui veulent apprendre la langue de leur enfants pour la leur restituer sans passer des heures en formation loin de la maison. Ou pour communiquer également avec les enfants plus uniques comme dans le cas de trouble autistique de trisomie etc.. 

8. Enfin, la question que je demande à tout le monde: as-tu un mantra ou une citation qui te guide au quotidien? Et qui… dans ton cas te permet de garder ton joli sourire pimpant? »

Il m a été dit par une personne qui m’est chère durant la grossesse Leslie ma doula   » écoute ton cœur de maman ». Bao ma fille m’a offert un merveilleux cadeau en plus de la maternité c’est un instinct plus aiguisé auquel je suis complètement à l’écoute. 

Après avoir travaillé sur l’ego pour l’identifier, je sais écouter mon cœur de maman, il est mon guide tous les jours me permet d’être moi même, de fermer la porte aux angoisses, de me booster comme d’être à l’écoute de choses instinctives non palpables et de me faire confiance.

 

Les cours en ligne de Marie c’est ici :https://www.udemy.com/user/marie-littlebunbao

Sa chaîne YouTube : https://www.youtube.com/channel/UCnsaz1WSnMcHA5EoShzb-6Q

Et vous pouvez aussi la suivre sur Instagram,
où elle propose chaque jour des stories pour apprendre la LSF:  https://www.instagram.com/littlebunbao

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Interview de Valène: une maman atypique et si bienveillante !

Aujourd’hui je souhaitais te présenter une personne que j’ai eu la chance d’avoir croisé sur internet, une personne avec qui je partage beaucoup de points communs… et qui m’a fait l’honneur de répondre par l’affirmative pour une petite interview, je te présente donc Valène ou autrement appelé crispyillustration sur internet !
Illustration appartenant à Crispyillustrations

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1/ Bonjour Valène, tout d’abord pourrais-tu te présenter en quelques lignes ?
Bonjour Elodie, je suis ravie de répondre à tes questions! Donc oui, moi c’est Valène, j’ai 29 ans et je suis la maman de notre petite Nous, Naomie, qui a 3 ans.
 
2/ Tu as fait, tout comme nous, quelques choix qu’on peut qualifier d’ « atypiques » comme l’éducation bienveillante, le maternage proximal, le véganisme ou l’IEF. Selon toi tous ces choix sont-ils liés?
Effectivement. Tous ces choix font partis d’une suite plus ou moins logique. Je suis d’abord devenu vegane il y’a 6 ans, pendant ces 6 années j’ai beaucoup évoluée vers la tolérance, et du coup la bienveillance, bien avant de devenir mère je me disais que souvent l’école pouvais être violente pour bien des raisons, je me souviens en avoir parlé avec chéri qui était vraiment sur la même longueur d’onde que moi. Puis quand j’ai su que j’était enceinte c’est tout naturellement que le maternage proximal s’est ouvert à moi (et pourtant..) 
 
3/ L’éducation bienveillante a t-elle toujours été une évidence pour toi? As-tu bénéficier de cette éducation étant enfant?
Clairement non, ça n’a pas toujours été une évidence, j’ai fait bien du chemin depuis plusieurs années avec mon « ancienne moi », attention, je pose le cadre: j’était une jeune femme à font dans ma carrière,je ne voulais surtout pas d’enfants non pas par convictions (au début) mais parce-que ça allait abîmer mon corps etc, et je ne comprenais pas les mères qui allaitaient, « sérieusement les bib c’est pour les chiens? on est pas des vaches à lait quoi!! et puis si vraiment ça arrive un jour, hors de question que ce soit moi qui prenne le congés mat’, ma carrière?? » Quand je voyais des parents ne pas appliquer l’éducation stricte, je me disais qu’ils étaient laxistes.. bref bien loin du maternage, de l’éducation positive, et de la bienveillance envers les autres et envers moi même.. 
Non je n’ai as eu une éducation bienveillante, je n’ai pas non plus été maltraitée. Disons qu’on ne laissait pas trop la place aux émotions, aux choix non plus, et j’ai pris aussi quelques fessées.. En revanche il y’avait beaucoup d’amour et j’ai bénéficié d’un grand soutiens une fois plus grande dans beaucoup de mes choix.
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4/ Depuis quand es-tu végane? Qu’est-ce qui t’as décidé à franchir le pas? Et ta fille, l’est-elle?
ça fera 6 ans (je crois) le 7 mai. Ce qui m’a décidé à franchir le cap, c’est quand j’ai commencé à m’investir dans la protection animale (je venais de quitter mon emploi de sellier-maroquinier) et les 3/4 des militants que j’ai croisé l’étaient, le quart restant était constitue de végétariens ou en passe de le devenir. J’ai compris que bien que j’ai fortement diminuer ma consommation de produits animaux, il y’avait quelque chose qui ne collait pas. Comment pouvais je aller manifester pour la protection des océans et de ses habitants en continuant de manger du poisson, comment pouvais-je caresser mon chien, manifester contre le festival de Yulin et manger du cochon? pas mal incohérences que j’ai reglé au plus vite. 
Et non, notre fille ne l’est pas. Etant une B.A.B.I, une petite fille avec beaucoup de nervosité (ça c’est de ma faute je le suis aussi) les repas sont extrêmement compliqués, ne souhaitant pas avoir de problèmes et pour tester toutes solutions, nous lui avons proposé des produits animaux. C’est une chance, elle n’en veux pas mis a part les oeufs. 
 
5/ Et concernant l’instruction en famille, dirais-tu qu’il s’agit d’une évidence ou d’un cheminement? 
Pour moi ce fût une évidence, car ma propre expérience à l’école n’a clairement pas été concluante, et quand j’en parlait autour de moi, bien des personnes ont eu aussi de mauvaises expériences, que ce soit par rapport à l’échec scolaire, le fait de ne pas trouver sa voie, la perte de confiance en soi, toutes les violences physiques et verbales que l’on peut y trouver, cet adultisme… Donc nous pensions d’abord aux Ecoles alternatives, notamment Steiner, mais il semblerait que l’unschooling soit ce qui puisse nous convenir le mieux (à voir si nous arrivons à aller au bout avec ce que roi macron est en train de mettre en place, ça tu n’es pas obliger de le mettre :p )
 
6/ Qu’en pense le papa de tous ces choix de vie?
Alors, pour bien des choses c’est moi qui ai emmené le sujet à réflexion, et chéri à adhéré a tout. Il etait végé avant que l’on se rencontre, ensuite pour le reste, nous avons beaucoup discuté, et finalement tout a été adopté. que ce soit: l’accouchement a domicile, l’allaitement notamment long, la hni, le cododo, le portage, le unschooling, bien sûr l’éducation bienveillante.
 
7/ Comment vis-tu tes choix de vie au quotidien? (Face aux proches, à la famille, à la société). 
Et bien tout, absolument tout est à réfléchir en amont. J’ai une famille qui reste très ouverte d’esprit et qui face à mon caractère, n’osera pas aller contre moi. Mais malgré tout il y’a beaucoup d’inquiétudes, on ne nous en parle jamais vraiment directement (chose qui a tendance à m’agacer a vrai dire) , suite à celà il arrive que je mette les choses au point un peu trop brutalement. Exemple: dans ma famille je suis la seule à allaiter depuis plusieurs générations, au début tout le monde trouvait ça génial, puis voyant ma fatigue, et que ça durait plus de trois moi, ils ont essayés de prendre mon chéri à parti pour qu’il me fasse entendre raison et passer un peu au biberon.. J’ai du m’énerver (après avoir tenter la communication, les explications) pour qu’ils comprennent que c’était comme ça et pas autrement. à 3 ans passés je n’ai absolument plus de remarques :’D 
 
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8/ Quel conseil pourrais-tu donner aux personnes qui lisent cette interview et qui souhaiteraient faire un choix similaire mais n’osent pas ?
J’en ai deux. Informez vous sans cesse, par vous même, croisez les infos, lisez des études, des témoignages, regardez des reportages et surtout ayez confiance en vous, en votre instinct, ne laissez personne vous dicter votre conduite, ne cherchez à plaire à personne si ce n’est à vous-même.
 
9/ Il me semble que tu dessines aussi, tu es une femme aux multiples talents… te considères-tu comme une artiste? Et pourquoi?
haha, tu es adorable. Très sincèrement je ne saurai dire..
 
10/ Enfin, une citation ou un mantra qui te guide au quotidien ?

oui, je me le suis répété pendant des années et ça m’a plutôt réussit, puis il m’a quitté un temps, quand j’ai perdu confiance en moi et que j’ai plongée dans une belle dépression… Mais aujourd’hui je me le récite à nouveau « Je suis née pour réussir tout ce que j’entreprend ». Je sais ça parait carrément pompeux, mais il est valable pour tout le monde, et j’aime le dire à ma fille. Par « réussir tout ce que j’entreprend » je veux dire: atteindre ces objectifs, mais aussi trouver la réussite dans ce cheminement, car on peut changer d’avis en route et prendre une autre direction, et ça ne veux pas dire que l’on a raté, bien au contraire. Il n’y a pas de pression juste un grand optimisme! 😊

Pour lui envoyer un message et regarder ses belles illustrations c’est ici: https://www.instagram.com/crispysillustrations/

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Interview Cyrielle HORIZONS FAMILLE

Aujourd’hui on continue nos interviews de « personnes extraordinaires » avec HORIZONS FAMILLE.

Ce sont des personnes du quotidien, qui ont décidé de suivre leurs rêves, leurs envies, leurs besoins et de faire de leur atypisme une force!
Dans cette vidéo, j’ai la chance d’interviewer la magnifique Cyrielle de la chaîne Youtube HORIZONS FAMILLE.
Tu la connais peut-être déjà, cela fait quelques années qu’elle nous partage généreusement tous ses savoirs en matière de parentalité positive et de pédagogie Montessori (elle s’est formée officiellement à cette pédagogie) mais pas que… Et oui !
Voilà déjà plus d’un an qu’elle voyage partout dans le monde avec sa famille (dont un enfant de 2ans) et qu’elle nous partage tout cela sur ses différents réseaux sociaux:
– Chaîne Youtube: https://www.youtube.com/channel/UCKD_…
– Page Facebook: https://www.facebook.com/HorizonsFami…
– Compte Instagram: https://www.instagram.com/horizonsfam…
– Site web: http://horizonsfamille.com

Personnellement j’ai adoré en savoir plus sur elle, et j’espère que vous aussi : )


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Interview de Justine d’Oummi Materne… mum’preneuse engagée dans la lutte contre les VEO

 Aujourd’hui, après l’interview d’Emmanuelle praticienne du Jeu de Peindre, nous avons la joie d’interviewer Justine, du site et des réseaux sociaux OUMMI MATERNE.
Si son site n’est plus à présenter, véritable ressource indispensable dans l’univers de la parentalité bienveillante et positive et également de tout ce qui est en lien avec le parentage proximal (grossesse, accouchement, allaitement, portage…), on en sait beaucoup moins sur ses créateurs !

Et pourtant, vous le savez à Ailes & Graines on aime s’intéresser avant tout à l’humain.
Car derrière nos écrans il y a de vrais individus, derrière chaque projet il y a une personne …
et en l’occurence ici, une famille!

 Photo famille Oummi Materne

1/ Bonjour Justine ! Avant tout merci de te prêter à ce jeu de l’interview, car si Oummi Materne est devenu un lieu incontournable pour quiconque se lance dans la parentalité bienveillante, toi tu restes personnellement assez discrète. 

Etant au coeur de ce magnifique projet, comment t’es apparue cette envie de partager tes connaissances ?

Ce projet est né un peu avant d’avoir mon deuxième enfant, ma fille, Hind qui a pratiquement trois ans. On pourrait penser que cela m’est venu en devenant maman, mais non. Lorsque j’ai eu mon premier enfant j’ai tâtonné, j’ai énormément écouté les autres et finalement, très peu moi. Pour mon deuxième enfant, j’ai voulu faire différent, juste m’écouter, écouter mon enfant, renouer avec mon instinct maternel : portage, allaitement, cododo….

Mais voilà, tout n’était pas si simple que ça, je pouvais rencontrer des difficultés, je me posais beaucoup de questions.. Et puis, étant passionnée de périnatalité, psychologie de l’enfant, d’écriture, Nico, m’a poussé à ouvrir mon propre site internet pour partager tout ça, mon quotidien, mes outils, de l’écoute…

 

2/ Mon petit doigt m’a dit que Nicolas et toi, vous n’aviez pas toujours fait cela; peux-tu nous en dire plus sur vos parcours respectifs ?

Effectivement, nous n’avons pas toujours fait cela. Nicolas a fait un CAP hôtellerie et moi un bac professionnel « métier des services administratifs ». Trouver du travail était difficile alors nous sommes devenus auto-entrepreneur et avons fait de nos passions un métier !

Nicolas est chef digital de projet pour Oummi Materne et moi, je suis chef de rédaction et social media manager pour Oummi Materne.

 

3/ Te concernant, as-tu bénéficié d’une éducation positive et respectueuse lorsque tu étais enfant ? Ou est-ce que c’est une réflexion, une révélation qui t’es venue par la suite avec la maternité ? (NDLR: Justine est maman de 3 enfants)

La parentalité positive et bienveillante a plutôt été une réflexion. Je fais partie des personnes qui ont reçues des fessées et des gifles, et avant d’avoir des enfants j’étais la première à dire : « oh, je me suis prise des fessées et j’en suis pas morte ! » Et puis j’ai eu mes enfants et ma vision a changé. Comment, pourquoi ? Je me suis dit que je ne voulais pas d’un climat hostile ou de peur à la maison, je voulais une relation différente avec mes enfants. Et puis lorsque j’ai commencé à étudier les neurosciences affectives et sociales, cette vision empathique et positive que je voulais s’est confirmée. J’avais ce besoin, cette envie de comprendre mes enfants pour mieux les accompagner.

 

4/ Avez-vous toujours été d’accord avec Nicolas sur l’éducation, le parentage ou tout autre choix que vous souhaitiez avoir concernant vos enfants ? 

Je me souviens qu’au tout début nous avions des visions de l’éducation différentes, une chose normale puisque nous n’avons pas vécu la même enfance, la même éducation.. En bref, nous avons chacun nos bagages et cela nous a mené à quelques désaccords, effectivement. Par exemple, sur la fessée. Il pensait qu’une de temps en temps, ça ne tuait pas. Il a fini par lire, se renseigner, assister à des conférences avec moi et il est devenu un grand défenseur de la parentalité positive.

Ou encore moi qui étais très médecine conventionnelle, dès que j’avais mal quelque part c’était médicament et Nicolas lui était plus médecine naturelle. Là encore, aujourd’hui on se rejoint pleinement, et notre armoire à pharmacie est plutôt composée d’homéopathie, fleurs de bach’ ou huiles essentielles.

 

5/ Bien souvent, afin de pouvoir continuer à fonctionner en binôme et préserver sa relation intacte, la communication dans le couple est une des priorités à (re)travailler quand on entre dans la parentalité: moins de temps, plus de fatigue, choix importants à prendre ensemble… Comment cela s’est-il passé de votre côté ?

Tu as totalement raison, la communication c’est vraiment une clé essentielle pour avancer ensemble, mais ce n’est pas toujours facile car il y a tous les aléas de la vie. Comme tout le monde, il y a des jours où on ne se comprend pas. On arrive à faire en sorte de ne jamais rester comme ça, et de toute façon nous sommes un couple fusionnel, on a du mal à se séparer alors les disputes ne peuvent durer bien longtemps. Le tout est de trouver un moyen qui convient pour toujours discuter, prendre le temps. Nous on en discute pas forcément face à face, nos caractères font que.. Non, notre truc c’est de discuter par écrit de ce qu’il vient de se passer et on peut passer à autre chose.

Après je dois avouer, que nous avons vécu des choses très dures ensemble et c’est ce qui nous a soudés. Comme la naissance de notre petit dernier avec une malformation non détectée, qui a fallu perdre la vie à 3 jours. A côté de ça, tout paraît insignifiant.

Photo de Justine Nicolas Oummi Materne

6/ Cela fait maintenant plusieurs années que tu travailles dans le domaine de l’éducation bienveillante. Penses-tu que les choses changent et évoluent dans notre société ? Quel est ton recul concernant la lutte contre les VEO, le maternage proximal, la place de l’enfant dans la famille ou la société… ?

Même s’il y a des jours où je me dis : « Mais, est-ce qu’on y arrivera ?!», je m’aperçois qu’avec le recul, de plus en plus de familles et même de personnes sans enfant s’intéressent à la parentalité positive, mais aussi au maternage, cette façon de renouer avec son instinct, d’écouter et respecter les besoins de son enfant. Ça se démocratise grâce à des personnes connues, comme Isabelle Filliozat par exemple, auteure et psychothérapeute qui se déplace partout pour des conférences, mais qui intervient aussi dans des émissions grand public comme Les Maternelles. Elle rend accessible à tous cette façon positive et empathique d’accompagner son enfant. Elle permet de briser des stéréotypes attribués à l’éducation bienveillante, et cela donne envie aux familles de s’y intéresser, d’en apprendre davantage car après tout, on souhaite tous le meilleur pour nos enfants, le tout est d’avoir les clés entre les mains pour réussir.

 

7/ J’imagine que ce n’est pas toujours simple d’être une mum’preneuse active sur tous les fronts, et parfois – la fatigue aidant – tu dois avoir des petits down. Quels conseils donnerais-tu aux parents pour garder toute leur bienveillance quand ils sont fatigués ?

C’est tout à fait ça, je dois être sur tous les fronts et c’est ici qu’est la difficulté car on peut vite retomber dans nos automatismes, la fatigue nous rend beaucoup moins patients. Mon truc à moi, pour ne pas disjoncter c’est chanter ! On met de la musique et on chante, on danse avec mes enfants.

Si je devais donner quelques conseils, je dirai :

  • Quand ça boue en nous, que le cortisol (hormone du stress) s’agite dans notre tête, la solution la plus efficace c’est de sécréter de l’ocytocine (hormone du bien-être, de l’amour) donc câlin, bisous, rire, chant, danse….. Que sais-je !
  • Pour être un parent bienveillant, il est urgent d’être bienveillant envers soi-même, il est nécessaire de s’accorder du temps rien qu’à soi. Ce n’est pas égoïste, c’est vital et ça permet d’avoir des relations beaucoup plus apaisées avec tout le monde.
  • Au lieu d’isoler mon enfant, c’est moi qui sors de la pièce, qui souffle un bon coup et puis une fois apaisée je reviens vers mon enfant. Et là, on peut agir efficacement.
  • Apprendre à lâcher prise, je me pose souvent la question : « est-ce que c’est si grave que ça si… » Bien souvent la réponse est non, alors j’ai appris à lâcher prise et à arrêter de me mettre autant de pression sur les épaules.

8/ Et concernant les tempêtes émotionnelles que peuvent connaître parfois les enfants, quels conseils pourrais-tu donner aux parents pour justement les accompagner avec bienveillance, éviter cris et autres VEO?

Je suis la maman de trois jeunes enfants : 1-3 et 4 ans, donc les tempêtes émotionnelles on connaît bien, lol. Le meilleur conseil que je puisse donner c’est vraiment de prendre connaissance des dernières découvertes en neurosciences qui permettent de comprendre pourquoi l’enfant agit comme ça. Le comprendre c’est déjà pouvoir faire preuve de beaucoup plus de compréhension, de patience et mieux accompagner l’enfant. Ce sont des événements qui sont loin d’être agréables pour eux, et c’est ce qu’il faut retenir.

Je conseillerai aussi de mettre en place un apprentissage des émotions, mettre en place des outils concrets qui aident l’enfant lorsqu’il se retrouve submergé: livres, relaxation, roue des émotions, cartes, boîte à cris, dessin, coussin à colère…

Comme je le disais plus haut, s’accorder du temps pour soi de temps en temps, c’est fondamental pour reste bienveillant/e, évacuer le trop-plein et repartir du bon pied…

 

9/ Enfin, pour toi, dirais-tu que la bienveillance – éducative ou non – c’est inné ou acquis ? Et pourquoi?

Pas si simple que ça comme question, je suis plutôt partagée.. Je pense que la bienveillance est une chose innée, un enfant est bon par nature. Par contre, la bienveillance éducative je pense plutôt que c’est un acquis. Lorsque nous même avons reçu une éducation violente (verbalement, psychologiquement et/ou verbale) nous avons tendance à reproduire inconsciemment notre schéma familial. En réalité, les neurones miroirs jouent un rôle dans l’apprentissage par imitation, mais aussi dans les processus affectifs, comme l’empathie. Dans cette même optique, Maria Montessori parlait de l’esprit absorbant, très actif entre 0 et 3 ans (mais continue jusqu’à 6 ans de façon « différente ») où l’enfant va aborder dans les moindres détails son environnement ET il le retient. Ce qui comprend bonnes expériences, mais aussi les mauvaises ! Pour beaucoup, il faudra apprendre une nouvelle façon de faire.

 

10/ Et pour finir cette interview: une phrase, citation ou mantra qui te guide au quotidien que tu aimerais partager ? »

« Et si élever les enfants dans la douceur, dans l’affection, dans l’empathie rendait les humains plus pacifiques et plus aimants, et transformait le monde Fautil endurcir nos enfants pour queuxmêmes deviennent inflexiblesinsensibles et s’adaptent à un monde belliqueux et impitoyable ?  » Catherine Gueguen

Logo d'Oummi Materne

Tu peux retrouver Justine, toute sa famille et

tous ces précieux articles et conseils sur tous ses réseaux sociaux:

Site: https://www.oummi-materne.com 

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Et si tu veux discuter avec d’autres parents sur l’education positive, il y a même un groupe ici !

=> https://www.facebook.com/groups/oummimaterne

 

En vous souhaitant un très joli chemin,

Elodie

Praticienne du Jeu de Peindre: interview d’Emmanuelle !

Aujourd’hui, après l’interview de Matthias, mari d’Héloïse d’Itsamumlife et père au foyer bienveillant IEFeur, nous avons la joie de te présenter Emmanuelle, Servante du Jeu de Peindre, qui exerce cette belle activité en Corrèze notamment. Il s’agit d’une activité que les enfants apprécient généralement beaucoup, une activité dont je vous avais un peu parlé sur une publication Instagram et qui avait éveillé votre curiosité. Complète et respectueuse de l’enfant, et ce qu’importe son âge, cette activité est un moment hors du temps que l’on peut également s’offrir en tant qu’adulte. Nul besoin de savoir peindre… au Jeu de Peindre, nous sommes tous les artistes de notre âme. 

Mais pour en savoir plus je te laisse avec Emmanuelle…

Photo jeu de Peindre peinture couleurs arno stern emmanuelle

1/ Bonjour Emmanuelle, est-ce que tu pourrais présenter en quelques mots ce qu’est le Jeu de Peindre?

Bonjour Elodie, et merci pour cette présentation! Le Jeu de Peindre est avant tout … un Jeu! Ce n’est pas un atelier d’art-thérapie et encore moins d’art, c’est un atelier de peinture dans lequel tous les participants, quel que soit leur âge, peignent pour s’amuser, comme le font naturellement les enfants. Au centre de la pièce on trouve une grande table-palette avec 18 couleurs vives et 3 pinceaux par couleur. On peint sur de grandes feuilles punaisées au mur, à la hauteur de chacun. Ces feuilles sont un espace de liberté absolue: au jeu de Peindre, pas de consignes, de conseils, de remarques négatives ou positives sur ce qui est déposé sur la feuille. La table-palette est l’espace partagé, là où l’on se rencontre. De ces aller-retour entre espace de liberté et espace partagé naît une atmosphère enthousiasmante, faite de bienveillance et de créativité.

2/ Y’a-t-il des règles ou des principes particuliers à respecter durant cette activité?

Bien sûr, comme tout jeu, le Jeu de Peindre a ses règles. Elles sont très simples : reposer les pinceaux au bon endroit ; ne pas mélanger les couleurs sur la table-palette ; faire attention aux autres. C’est à peu près tout! Ah oui, autre chose, il ne peut pas y avoir de public. Toutes les personnes se trouvant dans la pièce participent.

3/ Tout le monde peut-il participer à une session du Jeu de Peindre, ou y’a t-il des restrictions particulières ?

Dès qu’on est capable de manipuler les fragiles pinceaux avec délicatesse (en général 3 ans), on peut participer. Je mets sur mes flyers « de 3 à 133 ans »! La seule condition pour les adultes est d’accepter de lâcher-prise … ce qui est loin d’être facile.

4/ Quel est le tarif ? Et comment peut-on trouver un Jeu de Peindre non loin de chez soi ?

Chez moi, le tarif est de 8€ la séance pour 1 personne, 14€ pour 2 et 20€ pour 3 et plus de la même famille. Mais c’est différent pour chaque praticien du Jeu de Peindre. Nous encourageons les inscriptions à l’année parce qu’elle permettent de vraiment plonger dans le Jeu et d’en tirer le meilleur bénéfice. Un peu comme pour le yoga : une séance, c’est bien mais une pratique régulière, c’est encore mieux!
Pour trouver un Jeu de Peindre près de chez soi, on peut téléphoner à Arno Stern, l’inventeur de ce Jeu, mais il n’a pas de liste exhaustive des ateliers. Une recherche internet « jeu de peindre » peut aussi aider. Vous pouvez aussi me contacter, je peux questionner une liste de praticiens formés par Arno Stern.

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5/ C’est une activité que tu animes depuis combien de temps ? Qu’est-ce qui t’a amené à faire la formation qui y est liée ?

Ca fait 18 mois que j’anime des ateliers du Jeu de Peindre en Corrèze et à Limoges. Je me suis formée auprès d’Arno Stern en avril 2016. Je l’ai découvert via le livre de son fils, André Stern, « …Et je ne suis jamais allé à l’école ». J’ai alors lu « Heureux comme un enfant qui peint » d’Arno, et ça a été pour moi une révélation. Je ne pouvais pas refermer ce livre et continuer comme si de rien n’était. Je voulais que mes enfants puissent peindre de cette façon! Je n’en parle généralement pas parce que cela nécessite un long développement, mais derrière le Jeu de Peindre, il y a quelque chose de très profond qui  a à voir avec la mémoire de l’humanité, quelque chose que nous avons tous dans nos cellules. J’ai contacté Arno à Paris pour lui demander si il y avait des ateliers près de chez moi, il n’y en avait pas. Je lui ai demandé si on pouvait le faire en famille, à la maison, et il m’a répondu que l’effet de groupe était très important… alors j’ai décidé d’ouvrir un atelier en Corrèze.

6 / Avec ta pratique, as-tu pu remarquer certaines petites (ou grandes !) choses que les sessions que tu animes apportent aux enfants ? Et aux adultes ?

Les enfants, en général, ressentent une grande fierté à regarder leurs dessins, il se sentent forts et confiants. C’est parfois lié à la dimension des feuilles (50 x 65cm), que l’on peut aussi juxtaposer pour agrandir l’espace de la peinture, parfois au nombre illimité de feuilles que l’on peut peindre, parfois aux magnifiques couleurs, parfois simplement à la joie d’être là, dans cette atmosphère créative. Certains enfants sont aussi touchés de voir des adultes partager la même activité qu’eux, ils se sentent valorisés.
Les adultes, en général, ressentent une immense détente … ils me disent souvent qu’il y a des années qu’ils n’ont pas peint ainsi, en fait, depuis qu’ils étaient enfants. Ils ressentent l’énergie créative des enfants et s’en imprègnent fortement.

 

7/ Existe-t-il une différence de comportement, d’attitude ou autre, entre les enfants et les adultes durant cette activité ?

Les adultes qui se laissent suffisamment aller peignent avec la même ferveur, la même soif, que les enfants. Mais peu osent me demander une autre feuille, puis une autre, et encore une … sans limites.
Certaines personnes, enfants ou adultes, me disent ne plus savoir quoi peindre au bout d’un moment. Elles ont peur de ne pas savoir, restent dans la réflexion. Je les encourage à aller vers une couleur qui les attire et à laisser faire leur pinceau. En général, ça marche ! Il ne faut pas se poser de questions, juste tracer ce que la main veut.

8/ Un des principes du Jeu de Peindre c’est notamment de laisser son dessin à la fin de la session, on ne le ramène pas avec soi. Au départ cela peut être un peu déroutant, probablement plus pour les adultes, ou les parents qui veulent ramener le dessin de leurs enfants. Pourrais-tu nous expliquer toute la logique de ce principe ?

Laisser son dessin à la fin de la session permet d’éviter des commentaires de la part de personnes extérieures. On peint pour soi, pas pour montrer aux autres. Le Jeu nous aide à retrouver une intériorité confiante.
Le fait de ne pas avoir son dessin chez soi permet aussi de garder intact le souvenir d’un moment merveilleux. Quand on repense à son dessin, on ressent à nouveau l’énergie créative du groupe qui l’a imprégné, le souvenir est brillant. Un jour, un garçon de 10 ans était particulièrement content de son dessin et voulait le ramener pour l’afficher dans sa chambre. Je lui ai dit qu’on en reparlerait la fois suivante. 15 jours plus tard, il m’a demandé à le revoir et il m’a dit « t’as raison, il est beaucoup plus beau dans ma tête! ».
Je conserve tous les dessins chez moi, ils sont importants, pas jetés. Il est possible à tout moment de demander à les revoir. Pour les participants, ce sont des moments de joie archivés et accessibles.

Photo jeu de Peindre peinture couleurs arno stern emmanuelle

9/ Qu’aimes-tu le plus dans ton activité ? Ta pratique en tant qu’animatrice du Jeu de Peindre t’a-t-elle nourri personnellement ou apporté de jolis souvenirs?

Ce que j’aime par dessus tout dans un atelier du Jeu de Peindre, c’est le moment où tout le monde est absorbé par sa peinture. Les visages sont détendus, la créativité fait briller tous les yeux, le temps est suspendu, ce sont des moments magiques.
Mon rôle dans l’atelier est d’être au service de chacun, de prévenir les besoins des uns et des autres pour qu’ils n’aient pas à s’extraire de cet état de grâce pour résoudre un problème technique (coulure, besoin de feuille, de couleur…). Cette posture ultra présente et en même temps en retrait, discrète, je crois bien que je l’applique aussi dans la vie de tous les jours, notamment avec mes enfants, pour qu’ils puissent jouer de manière libre et continue.

10 / Pour finir, où exerces-tu et comment peut-on te contacter si on habite pas loin ?

J’ai des ateliers dans de vrais closlieux, espaces dédiés au jeu de peindre, à Limoges une fois par mois ( à la Ruchidée, une maison associative du centre ville), à Naves (près de Tulle) tous les 15 jours et au Lonzac (25 km au nord de Tulle) toutes les semaines.

Je propose aussi régulièrement des ateliers moins conventionnels, c’est à dire que j’habille le lieu juste le temps de la séance : à Brive (au centre culturel) et à Limoges (espace familles de la CAF).

Et sur demande, pour des groupes ou des associations.

L’adresse de mon site est http://bullesdecouleurs.weebly.com et ma page facebook « Jeu de Peindre Corrèze » vous y trouverez toutes les dates et des contacts.

Photo jeu de Peindre peinture couleurs arno stern emmanuelle

 

 

Si toi aussi tu es interessé/e par cette activité, saches qu’il en existe partout en France, n’hésite pas à t’informer auprès des associations de ta ville, et si tu n’es pas loin de la Corrèze ou de la Haute-Vienne, alors on te recommande plus que chaleureusement de contacter Emmanuelle : https://bullesdecouleurs.weebly.com/contact.html

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Interview de Matthias: un père bienveillant et épanoui

Après l’interview de Jeanne Sélène, une fabuleuse autrice bienveillante et engagée, nous te partageons aujourd’hui cette interview d’un papa de 4 magnifiques enfants: Matthias.
Quand on parle d’éducation et notamment de bienveillance éducative on interroge beaucoup les mamans, mais nombreux sont les pères qui sont sensibilisés et militants à ce sujet.
Il y a quelques mois on avait eu la chance d’en savoir plus sur la FAMILLE WEINER, en interrogeant Héloïse (interview ici: https://ailesetgraines.com/super-maman… ), cette fois-ci on laisse la parole à son mari : Matthias. Il a fait le choix de s’investir dans l’éducation de ses enfants, et il nous en parle avec beaucoup d’humour dans cette vidéo.
Merci à lui.


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Interview de Jeanne Sélène: une autrice engagée et bienveillante

Après l’interview de Magalie, une doula au service des mères, nous avons la joie de vous présenter Jeanne Sélène, une personne dont on a fait la connaissance il y a peu, mais avec qui on partage tant de choses qu’on en est tombés follement amoureux!
Une autrice d’exception qui a repensé totalement sa vie à la naissance de son enfant, qui donne le meilleur d’elle-même pour tenter humblement à son tour d’apporter quelques graines de bienveillance dans ce monde qui en a tant besoin.
Une millitante à sa façon, une mère attachante et une femme d’exception !


1- Jeanne, tu es donc maman d’un petit bonhomme de 2ans dont tu t’occupes à la maison ; la première question qui me vient c’est : comment arrives-tu à concilier vie privée et vie professionnelle ? En effet, ce n’est pas le plus facile !
Mon mari travaille en entreprise avec des horaires classiques, du lundi au vendredi. En semaine et en journée, j’essaie d’être au maximum présente pour Elven : nous jouons à la maison, nous prenons soin des animaux et du jardin, nous nous baladons, nous allons à des rencontres avec d’autres enfants et/ou adultes, etc. Depuis sa naissance, les moments de sommeil en journée sont rares et courts. Pendant les phases d’éveil, il a toujours fallu beaucoup bouger. Le portage m’a vraiment sauvée, mais je ne pouvais pas pour autant me poser à mon bureau ou juste faire la vaisselle. Heureusement, en grandissant, Elven apprécie de participer aux tâches ménagères et cela me permet d’organiser un peu mieux la maison et les repas (même si c’est le plus souvent le bronx !). Mais quand il était plus petit, en dehors des quelques moments de sieste : il fallait marcher, chanter, danser… Comme s’il était déjà rempli d’une énorme soif de découverte ! Alors même si elles sont courtes et rares, j’essaie malgré tout « d’optimiser » la moindre sieste en travaillant. Je privilégie alors la communication et la paperasse. Actuellement, la sieste n’est plus systématique et elle dure le plus souvent une quarantaine de minutes, ce n’est pas suffisant pour que je puisse entrer dans mon écriture, je suis plutôt lente dans la phase d’immersion. Au moins un soir par semaine, mon mari prend soin d’Elven, ce qui me permet soit de travailler à l’écriture, soit de réaliser mes émissions de radio ou mes conférences à l’extérieur. J’avoue que je travaille aussi souvent la nuit, quand tout le monde dort, mais je ferais mieux d’en faire autant… Le week-end, je suis le plus souvent en salon ou dédicace, Elven est alors avec son papa. Lorsque je ne suis pas en déplacement, j’avance sur mes écrits à ce moment-là. J’anime aussi parfois des ateliers auprès de personnes âgées et Elven fait alors partie intégrante du projet. Grâce à sa présence se crée un lien transgénérationnel absolument magique. Au final, c’est toute une organisation familiale qui ne m’engage pas seule, mais nous engage vraiment tous.

 

2- J’ai cru comprendre lors de ta présentation dans notre communauté (groupe facebook dédié à la bienveillance) que tu avais changé radicalement ta vie à la naissance de ton fils, peux-tu nous en dire plus ?
Je travaillais en libéral comme orthophoniste. J’avais déjà effectué beaucoup de changements dans mes pratiques et aussi réduit le nombre de mes rendez-vous à cause de soucis de santé, mais je ne me sentais plus à l’aise dans cette profession. On nous demandait de plus en plus de paperasse, de participations bénévoles, de faire entrer les gens dans des cases, notamment les enfants pour lesquels la pression scolaire est absolument énorme. Beaucoup de patients ou d’aidants (parents ou proches) ne parvenaient pas à appréhender précisément le rôle de l’orthophonie, ce qui me mettait souvent dans des situations très difficiles émotionnellement. En même temps, au fil de mes formations complémentaires, j’avais découvert d’autres approches qui me permettaient de travailler d’une manière plus holistique, moins sur le(s) symptôme(s), plus sur les fondations et la partie immergée de l’iceberg. Malheureusement, le conventionnement avec la Sécurité Sociale et tous les aspects évoqués plus haut ne me permettaient pas de travailler correctement en alignement avec mes nouvelles convictions. Pour vous donner un exemple concret, le conventionnement fixe entre autres des tarifs à la séance, ce qui fait que lorsque je travaillais avec une approche thérapeutique en réorganisation neuro-fonctionnelle et que j’avais alors besoin de voir le patient pendant une heure, j’étais payé comme pour une séance d’une demi-heure. Pour résumer, lorsque je travaillais en alignement avec mes nouvelles compétences, mes recettes étaient divisées par deux, alors que mes charges restaient à peu de chose près identiques. À cette période, je me versais chaque mois moins d’un SMIC horaire et avec une protection sociale minimale puisque libérale. Le tout en étant le plus souvent très mal émotionnellement… Heureusement que j’avais une collègue fantastique! Quand Elven est arrivé dans notre vie, j’ai accueilli le congé maternité avec un immense soulagement. J’avais mis de côté un maximum d’argent et prévu un arrêt de 6 mois, car je tenais absolument à allaiter exclusivement avec une succion sur le sein pendant ce temps-là. Plus la date de la reprise approchait, et plus j’angoissais à l’idée de reprendre ce travail qui ne me correspondait plus vraiment. Pour autant, je n’imaginais pas d’alternative. Il a pourtant bien fallu en trouver une puisque, la veille de ma reprise, la personne qui devait prendre soin d’Elven m’a plantée. Ça a été un stress énorme : il a fallu que je trouve quelqu’un en urgence pour prendre la suite des rééducations… Heureusement que ma remplaçante comptait s’installer avec nous, c’est elle qui a repris le cabinet ! Au final, j’ai pris cet événement comme une opportunité pour développer mon activité d’autrice et je ne le regrette pas, même si rien n’est encore gagné. Je suis encore loin de pouvoir payer toutes mes factures avec ce travail!

 

3- Quels conseils donnerais-tu aux personnes qui souhaiteraient, elles aussi, repenser leur vie ?
Je ne suis vraiment pas sûre de pouvoir donner des conseils… Je pense que le plus important, c’est vraiment de se sentir en accord avec soi-même. Ce n’est pas forcément confortable pour autant, les inquiétudes ne disparaissent pas, mais je pense que cela aide à ponctuer notre vie d’instants de bonheur.

 

4- Tu t’es donc dirigée vers l’écriture – ou plutôt redirigée puisque tu as écrit ton premier roman à 14ans – de quel univers t’inspires-tu ?
J’écris dans des genres et des formats très différents : romans, nouvelles, albums ; fantasy, contemporain, horreur, dystopie ; aussi bien pour la jeunesse que pour les adultes… En fait, je m’inspire de la vie, de mes connaissances sur la psychologie, le développement de l’humain, les neurosciences… J’ai toujours été très curieuse et j’ai eu la chance de faire des études en sciences du langage et en psychologie cognitive en plus de mes études d’orthophonie et de mes nombreuses formations complémentaires. Toutes ces connaissances et celles apprises en autonomie nourrissent mes ouvrages. Lorsque j’ai écrit mon tout premier roman entre 1999 et 2001, j’étais en effet très jeune. Je me suis surtout inspirée de mes nombreuses lectures d’adolescente (Anne McCaffrey, Mercedes Lackey, Guy Gavriel Kay, David Eddings, Tolkien, Robert Merle, Barjavel, Jéromine Pasteur, Anne-Sophie Tiberghien, Solenn Bardet…), mais aussi de tout ce que je percevais d’injuste dans la société. C’est pour cette raison que ce roman de fantasy parle principalement du sexisme et de la place des femmes dans une société fortement patriarcale. J’ai utilisé la magie pour justifier cette inégalité. Au lieu qu’il s’agisse d’une culture totalement intégrée par tous à force d’habitude, comme dans notre monde réel, il s’agit dans mon pays fictif d’un sort magique jeté sur les humains, quel que soit leur sexe. En fait, l’aspect imaginaire m’a permis de mettre à distance le lecteur : on est bien plus critique quand on juge la culture des autres, surtout si c’est dans un monde totalement inventé ! À travers l’évolution de mes personnages, j’ai cherché à questionner tous les aspects du sexisme : les injonctions faites aux femmes, aux hommes, ce que cela implique dans les relations, les limitations également, comment la haine renvoie la haine, etc. Alors c’est bien sûr avant tout un roman d’aventures, mais c’était aussi et surtout un moyen pour moi d’exprimer un mal-être qui me rongeait. D’ailleurs j’ai surtout écrit pour moi, au début. Je ne sais pas si c’est une bonne nouvelle, car signe d’une prise de conscience plus que nécessaire, mais plus les années passent, et plus on me dit que ce roman est d’actualité !

 

5- Tu défends dans tes ouvrages de nombreuses causes, telles que le véganisme, la bienveillance, le féminisme; te dirais-tu un peu « militante » ?
Oui, je pense que ma posture est clairement militante. Je milite pour l’accès au savoir principalement. On nous parle beaucoup de l’importance du choix, que chacun doit respecter le choix des uns et des autres. Mais pour choisir, il faut avoir toutes les données en main. Le choix doit être libre, mais surtout éclairé. Alors je tente, avec mes petits moyens, d’apporter un éclairage. À travers mes émissions de radio et mes conférences, j’essaie d’apporter un savoir « brut ». À travers mes ouvrages destinés aux enfants, j’essaie d’être une goutte d’eau pour ouvrir le regard des plus jeunes. Par exemple, lorsque je glisse une scène de co-allaitement dans un album, je me dis que l’enfant sera plus apte à trouver une telle scène normale en grandissant, puisqu’il l’aura vue dans un livre.

 

6- Il me semble que tu es, comme nous, abonnée aux choix « atypiques » comme l’apprentissage autonome, l’accouchement à domicile, le cododo, l’allaitement long, le véganisme… Penses-tu que c’est difficile à assumer, à vivre au quotidien, dans cette société?
Je suis en effet régulièrement confrontée à la peur, par méconnaissance le plus souvent. Lorsque je dois accueillir les questions, les inquiétudes voire les reproches de personnes avec lesquelles je ne me sens pas impliquée émotionnellement, cela se passe en général plutôt bien, mais lorsqu’il s’agit de personnes plus proches, c’est le plus souvent très difficile pour moi à gérer. Sûrement parce que je ne me sens pas respectée ni acceptée pour moi-même dans ces moments-là. Tous ces choix sont mûrement réfléchis, ils sont le fruit d’une réflexion très importante et ils sont le reflet de la personne que je suis vraiment à l’intérieur. Alors forcément, lorsqu’une personne que j’aime les pointe du doigt, c’est douloureux. Pour autant, je me sens parfaitement alignée avec ces choix et je n’en ai jamais regretté aucun !

 

7- Ton partenaire de vie a t-il toujours soutenu tes choix de vie ?
J’ai en effet cette immense chance d’avoir un compagnon non seulement très intelligent, mais aussi très ouvert. Même s’il ne me suit pas aveuglément (ouf !), mais prend pour lui le temps de la réflexion, il m’a toujours soutenue et a au final embrassé les mêmes choix que moi.

 

8- Comment communiques-tu au quotidien sur tes choix de vie un peu « en marge » ?
J’essaie principalement de vivre mes choix sans me cacher : j’allaite en public si Elven me le demande, je joue en pleine rue avec mon fils en oubliant ma crainte du « ridicule », j’accompagne au mieux ses colères même lorsqu’elles arrivent en public, je partage mes expériences dès qu’on me le demande… Par exemple, je me suis beaucoup nourrie de récits d’accouchements pour faire mon choix en matière de naissance. Au fil de mes lectures, j’ai vraiment senti en moi que c’étaient les récits d’enfantement assistés à domicile qui résonnaient (et raisonnaient) en moi. Outre l’aspect scientifique, je ressentais ma sécurité dans ce cadre-là. Alors ça a été pour moi un juste retour des choses que d’écrire à mon tour le récit de ce moment magique, et de le partager avec celles et ceux qui pourraient en avoir besoin. La boucle était bouclée.

 

9- As-tu un mantra ou/et citation qui te guide dans ta vie ?
« Sois », tout simplement. J’essaie d’être, chaque jour, et ce n’est pas toujours facile !

 

10- Si tu avais une chose à dire, à partager avec nos lecteurs, que leur dirais-tu ?
Que nous avons le pouvoir de changer le monde, en nous acceptant nous-même, et en essayant de vivre au maximum en accord avec nous-même. Ce n’est pas une énième injonction, c’est « juste » réapprendre à s’écouter et à se respecter soi-même. Tout un programme !

 

Si comme nous, tu as adoré en savoir plus sur cette femme et autrice d’exception lors voici des liens pour la contacter :

Sur son site : https://jeanne-selene.com
Sa page facebook: https://www.facebook.com/jeanneseleneautrice/
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Images de plusieurs livres écrits par Jeanne Sélène

 

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Interview de Magalie: une doula au service des mères et des familles

Aujourd’hui c’est avec beaucoup d’émotions qu’on te présente à la fois une personne mais aussi un travail qui mérite tant d’être mis en avant.
En effet, Magalie, mère de trois enfants exerce le beau métier de doula – elle est d’ailleurs co-présidente de l’association des Doulas de France; et nous fait l’honneur de répondre à toutes nos questions, et ce avec passion !
Ce métier, n’est pas celui qui nous vient spontanément quand on attend un enfant, et pourtant, dans une société de plus une plus médicalisée, où la santé prend le pas sur l’écoute et la bienveillance;  ça fait plus que du bien d’être entouré de professionnels compétents qui nous écoutent et nous accompagnent dans cette période si belle mais aussi si délicate qu’est la parentalité…

1/Bonjour Magalie, serait-il possible que tu te présentes en quelques mots?
Bonjour. En quelques mots? Pour la bavarde que je suis, ça risque être compliqué ? Je suis Magalie, maman de trois filles, passionnée par tout ce qui tourne autour de la périnatalité depuis toute petite, et amatrice de peinture.

 

2/ As-tu toujours eu envie de devenir doula? Comment est née cette vocation?
Je n’ai pas toujours eu envie de devenir doula, puisque j’ai connu ce terme tard dans mon parcours de maternité personnel, mais j’ai toujours eu envie d’être auprès des bébés déjà enfant, puis ce sentiment s’est renforcé en grandissant. Jeune adulte je savais que j’aurais des enfants, le plus naturellement possible! Puis quand l’envie est née au sein de notre couple d’avoir un bébé, la PMA (procréation médicalement assistée) s’en est vite mêlée. Je me suis vite aperçue que l’on est très seuls dans cette épreuve, presque déshumanisée, on devient un numéro, un dossier. J’ai toujours eu envie d’aider les autres, être à l’écoute a souvent été une qualité qu’on me prêtait. Après la naissance de notre dernière fille à la maternité , suite au deuil d’un AAD prévu au départ, je me suis questionné, comment je pourrais aider, des femmes, des couples, afin qu’ils soient entendus, soutenus dans leur projet. J’ai d’abord cherché du côté de la Leche League et du soutien à l’allaitement, puis je suis tombé sur le site des Doulas de France, et ça m’est apparu comme une évidence, c’était exactement « ça » que je voulais faire !

 

3/ Tu pratiques donc le beau métier de « doula » ; peux-tu nous expliquer en quoi cela consiste exactement? Quelle est la différence entre une sage-femme et une doula, qu’apporte-t-elle de différent dans l’accompagnement ?
Le métier de doula est avant tout un métier de soutien, d’aide, d’ailleurs on pourrait être dans la catégorie « aide à la personne ». Nous sommes là pour les couples, les mères, la famille aussi parfois, en soutien, un fil conducteur, une écoute. Nous pouvons être là avant la conception, dés le début de la grossesse ou plus tard, le jour de l’accouchement ou non, à la maison ou à la maternité, après la naissance et des fois bien plus ? Lors d’une épreuve difficile, deuil, IVG, IMG… J’aime bien dire qu’il y a autant d’accompagnements différents qu’il y a des couples et des demandes. Sur le site des Doulas de France, on écrit « Une doula est une femme au coté de la femme enceinte et de ceux qui l’entourent, elle est à l’écoute de ses désirs, ses besoins et la suit dans ses choix. Elle propose un accompagnement dans la continuité, une relation de confiance, de complicité et d’intimité de femme à femme.
Pour l’association Doulas de France, la doula a pour vocation d’accompagner et de soutenir la future mère et son entourage pendant la grossesse, l’accouchement et la période postnatale, grâce à son expérience et à sa formation, et cela uniquement en complément du suivi médical choisi par les parents (hôpital, clinique, sage-femme libérale…). Elle accompagne sans discrimination liée aux origines, à la religion ou à la préférence sexuelle des parents. Une doula n’a pas de fonction médicale, elle n’est pas thérapeute. Elle soutient le travail des sages-femmes. »
La différence avec une sage femme? Difficile à dire puisque ce sont deux métiers totalement différents, nous n’avons aucune vocation ou fonction médicale, la sage femme oui, d’un autre côté nous sommes toujours présentes au domicile des parents, nous sommes immergés dans leur mode de vie, leur quotidien, nous pouvons très bien passer deux heures à parler de leur projet de grossesse et de naissance, tout comme parler de tout sauf de ça, faire un brin de vaisselle à une maman fatiguée, passer un coup d’aspirateur, rester auprès des ainés lors d’une naissance à domicile, ou sortir le chien!


4/ Peux-tu assister à un accouchement et si oui quel rôle as-tu dans ces moments là? Et est-ce possible d’accompagner une maman dans un projet d’accouchement à domicile?

Je peux assister à un accouchement si c’est la demande des parents ET en présence d’un professionnel de santé, sage femme ou médecin. Mon rôle sera celui que l’on aura défini avec les parents, soutien physique et émotionnel à la mère pendant le travail, massages, amener à boire ou à manger… Ou être un soutien ou relai pour le papa, ou encore, rassurer et être auprès des ainés lorsque les parents partent à la maternité ou lorsque les enfants restent au domicile lors d’un accouchement à domicile. Et du coup, oui il est tout à fait possible d’accompagner un couple dans un projet d’accouchement à domicile.

 

5/ C’est un métier peu connu, qui demande de réelles compétences. A ce sujet, est-ce que tu pourrais nous parler de la formation qu’il faut faire pour devenir doula? 

J’ai personnellement suivi la formation dispensée par l’Institut de formation doulas de France, c’est une formation qui se déroule sur une année. Le nombre d’heures proposé est équivalent à celui des formations de métiers du service à la personne.
En se basant sur ce cursus, l’Institut propose une formation de doula de 27 jours, menant à l’obtention du certificat de doula de l’Institut. C’est une formation complète et riche!
Il existe d’autres formations en France, dont je ne connais pas le contenu, je ne pourrais pas en parler du coup, mais elles sont trouvables facilement sur internet.

 

6/ Si je comprends bien tu te rends donc disponible pour la femme mais aussi le couple voire pour l’entourage, tu accompagnes aussi bien en amont qu’en post-naissance, c’est bien cela? Du coup dans ta vie personnelle comment gères-tu les deux casquettes de doula et de maman? Car un accouchement intervient n’importe quand, de jour comme de nuit!
Oui tout à fait ? Dans ma vie personnelle c’est pas mal de jonglage en fait ! J’ai un travail à côté à temps partiel, mais je suis assez libre dans la gestion de mon temps de travail, de ce fait, lorsqu’un couple m’appelle en journée, mes filles étant à l’école, je préviens leur papa, artisan, qu’il devra quitter son chantier un peu plus tôt pour aller les chercher. Mais comme la majeure partie du temps je suis appelé la nuit ou le week end c’est plus simple! Le plus difficile physiquement étant d’enchainer une journée de travail, avec la présence à une naissance la nuit sans avoir dormi, rentrer à la maison et aller chercher les filles dans la foulée à l’école et reprendre le fil du quotidien, le tout baigné d’ocytocine!!

 

7/ Il y a, je te laisse me le confirmer, un lien privilégié qui se crée entre toi et la personne : est-ce que la fin d’un accompagnement, après des mois d’accompagnement , n’est pas souvent difficile à vivre?
Cela est indéniable !! Il se crée, presque toujours, un lien très fort !! J’ai partagé quelques mois des plus riches de la vie de parents qui accueillent un bébé . J’ai un lien privilégié avec ces couples, ces mères, mais je ne dirais pas que c’est difficile, c’est beaucoup d’émotions oui, parfois des larmes, partagées avec eux, ou seule dans ma voiture quand je pars de chez eux pour la « dernière fois », mais c’est toujours un immense bonheur d’avoir partagé ces moments avec eux. Et pour être honnête je garde presque toujours un lien ou un contact avec eux ! Je suis même la « marraine » d’un des bébés que j’ai eu la joie de voir naître !

8/ Aurais-tu un beau souvenir à partager, un accompagnement qui t’aurait marqué?
Des souvenirs qui m’ont marqués, touchés, j’en ai plein, chaque accompagnement est différent, unique, riche, chacun reste dans mon coeur ! Il y a quand même un accompagnement qui m’a marqué particulièrement, une maman qui m’a contacté alors que je finissais ma formation, cet accompagnement « mon premier accompagnement » aura duré plus de deux ans ! Beaucoup de difficultés au départ, mais une magnifique naissance à la maison, baignée d’amour, de complicité, de sourires, j’en ai encore des frissons quand j’y repense! Une belle amitié qui en est née et un superbe petit garçon que j’ai la chance de voir grandir !

 

9 / Ton métier est vraiment fantastique et mériterait d’être d’avantage connu ; d’après toi qu’est-ce qu’il faudrait faire pour qu’il ait la reconnaissance et la place qu’il mérite en France?
Je pense que plus les parents en parleront et feront la demande auprès des professionnels de santé que l’on soit à leur côté, plus nous nous ferons connaître en positif. Puis il faudrait que le métier soit officiellement reconnu. Je pense également qu’une meilleure reconnaissance des conditions de travail des sage-femme apaiserait le climat. J’ai bon espoir qu’on puisse travailler main dans la main.
Nous travaillons main dans la main au sein de l’association des Doulas de France pour nous faire connaître et reconnaître, via des salons, conférences, événements, notamment à Paris où nous organisons tous les ans, les journées des Doulas (celles de 2018 auront lieu en mai prochain)

 

10/ Et enfin, as-tu un mantra qui te guide au quotidien et que tu aimerais nous partager?
Chaque femme a en elle les ressources nécessaires pour accueillir son bébé dans les meilleures conditions tant qu’elle est entendue, écoutée et soutenue dans son projet !

Si toi aussi cela t’a donné envie d’en savoir plus sur ce beau métier, tu peux soit contacter directement l’association des doulas de France : https://doulas.info  (tu y trouveras les doulas sur ta ville, mais aussi des informations sur la formation ainsi que leur code de déontologie)

Ou tu peux aussi poser directement tes questions à Magalie (elle exerce dans le 24 et le 19): https://magalietouches.wixsite.com/

Pour la contacter c’est ici: https://magalietouches.wixsite.com/doula/form__map

Interview de Samantha: une maman IEFeuse en apprentissages libres !

Après l’interview des deux papas qui gèrent la chaîne « Pères Indignes », nous continuons notre tour d’horizon de personnes extraordinaires du quotidien avec Samantha, une amie, une puéricultrice, une de nos ecrivains mais surtout une formidable maman bienveillante IEFeuse! Lire la suite

Interview de deux papas bienveillants: les « Pères indignes » !

Aujourd’hui c’est avec beaucoup de joie que l’on vous partage l’interview de deux papas, deux hommes investis dans leur parentalité, une parentalité positive et respectueuse et qui ont une chaîne Youtube dans laquelle ils traitent de nombreux sujets avec humour, une touche de légèreté pour faire passer autant de messages importants. On adore leur travail, et c’est pour cela qu’on voulait vous les présenter!

Image tirée d’une de leurs vidéos Youtube

 

1/ Laurent, William, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs en quelques mots?

Bonjour ! Nous sommes deux amis, passionnés de théâtre d’improvisation, et devenus papas à peu près en même temps. William travaille dans l’animation avec des adolescents, et je m’occupe, pour ma part, d’un salon du livre pour la jeunesse. Pour quelques temps encore, car nous avons très envie de nous lancer dans une activité de formation et de spectacle vivant. Un changement de vie à mûrir pour ne pas qu’il impacte trop fort nos vies de famille, nous avons des enfants en bas âge et des femmes aussi actives que nous !

2 / On démarre avec la question des débuts: comment vous-est venue l’idée de créer la chaîne YouTube « Pères Indignes »? Promouvoir une éducation consciente par le biais de l’humour, et de vos deux personnages attachants, vous a emballé de suite?

Nous avions envie de créer quelque chose ensemble, et la parentalité était au cœur de nos préoccupations (et le demeure) à ce moment-là. Nous ne connaissions pas de chaîne Youtube parlant des papas, des questions qui les traversent, de leurs doutes… Et encore moins de façon humoristique et déculpabilisante. C’est au fil du temps que nous avons été étiqueté « éducation bienveillante », mais j’aime beaucoup votre terme « éducation consciente », car c’est tout à fait ce que nous ressentons. Education humaniste, aussi…

3/ La chaîne Youtube doit vous prendre beaucoup de temps – on sait ici que faire une vidéo demande une certaine organisation que ce soit en terme de réflexion, de mise en scène et de montage. Comment arrivez-vous à gérer cela en plus de votre vie familiale, voire professionnelle?

A vrai dire, c’est le nœud du problème, c’est la raison pour laquelle nous publions difficilement plus de douze vidéos par an. L’écriture des textes n’est pas le plus difficile, nous sommes des lève-tôt, des couche-tard. Par contre, pour se caler une journée de tournage (deux ou trois épisodes), c’est un peu plus compliqué. Pour le montage, nous sommes bien aidés par notre ami Nicolas.

4 / Sur votre chaîne vous parlez avec humour de nombreux sujets, notamment la parentalité positive bien sur, mais pas que: les violences obstétricales, l’allaitement, la charge mentale dans le couple… Comment en êtes-vous venus à ces sujets? Avez-vous, vous-même été éduqué d’une manière bienveillante?

Il y a vingt ou trente ans, les grandes théories sur l’éducation et la pédagogie n’avaient pas encore été vulgarisées comme c’est le cas aujourd’hui. Nos familles respectives étaient aimantes, mais la manière d’éduquer était sans doute plus instinctive, moins consciente. A la lumière de tout ce que l’on s’applique à faire aujourd’hui avec nos propres enfants, il y avait sûrement chez nos parents des pratiques un peu moins “positives”… mais les nôtres sont loin d’être parfaites ! Quant aux sujets dont on parle dans nos épisodes, nous avons ressenti un besoin d’évolution. Au tout début de l’aventure, les thèmes abordés étaient davantage centrés sur les “galères” des papas, des anecdotes comiques, comme quand on essaie de donner à manger à un bébé. Lorsqu’on a vu les retours positifs de notre public, la sphère des gens qui nous suivaient s’agrandir, on s’est dit qu’on pouvait profiter de cette audience pour aborder des choses plus sérieuses, parler du couple ou attirer l’attention sur des pratiques éducatives bienveillantes, tout en conservant l’humour pour faire passer nos messages.

 

5 / On emploie souvent le terme de maternage, ici ou là. Rares sont les pères qui parlent de leur parentalité, sur le web comme en dehors, ils sont souvent absents du panorama. Partagez-vous ce ressenti? Que pensez-vous de la place du père, actuellement?

C’est vrai que lorsque nous arrivons sur un événement pour parler de notre travail, un festival, un café de parents, les femmes présentes sont souvent ravies de voir enfin des hommes et déplorent l’absence des papas dans ce type d’événement. Pourtant, il nous semble que beaucoup de pères aujourd’hui ont envie de s’impliquer dans l’éducation des enfants. Néanmoins, il semblerait que nombre d’entre nous ne se considèrent que comme des assistants de la maman et ne se sentent du coup pas concernés par une conférence sur l’éducation par exemple. Il faut que tout cela évolue bien entendu. Mais cela prendra du temps car nous héritons d’un modèle ancestral de répartition des tâches. Et il faut dire qu’à chaque fois que, sur un événement autour de l’éducation, nous croisons un papa pionnier qui franchit le pas d’assumer pleinement sa place, il se retrouve entouré d’une très large majorité de femmes, ce qui n’aide pas à échanger entre pairs…

 

Image tirée de leur vidéo Youtube sur l’allaitement

6 / Nous recevons beaucoup de messages de mamans qui sont bien peinées de ne pas réussir à dialoguer avec leur conjoint, concernant les choix parentaux notamment. Auriez-vous des conseils à leur suggérer à elles ou à leurs partenaires? Comment s’y prendre?

Question difficile… Déjà, il ne faut pas lâcher le morceau ! Et essayer de continuer à discuter des choix éducatifs. C’est important que les enfants sentent leurs parents sur la même longueur d’ondes. En général, quand on décide de faire un enfant avec quelqu’un, c’est qu’on a perçu chez l’autre un bon nombre de valeurs communes. Mais lorsque l’enfant est là, il y a tout un tas de situations auxquelles on n’avait pas songé… Et là, il n’y a que le dialogue régulier qui peut permettre de réajuster en permanence nos choix pour qu’ils soient cohérents. En attendant d’être à nouveau bousculés par l’arrivée d’un nouvel enfant. Et puis accepter que papa et maman ne soient pas tout à fait identiques dans leur manière de faire, c’est bien normal après tout. Et si le dialogue est difficile, leur conseiller de s’abonner à la web-série des Pères Indignes !

 

7 / Bon bon, à voir toutes vos vidéos, vous avez tout l’air d’être de supers compagnons et de supers papas. D’où peut bien venir l’idée de vous appeler « Pères indignes »?

C’est sûrement un peu par provocation. Si vous cherchez “indigne” dans certains dictionnaires, vous trouverez “père indigne” dans les exemples. On associe encore trop souvent les papas à des maladroits, en qui c’est difficile d’avoir totalement confiance. Dans nos épisodes, nous essayons justement de montrer que les papas réfléchissent, cherchent un moyen d’agir, de prendre des initiatives, pour tenter finalement de trouver leur place. A leur manière, pas toujours conventionnelle, c’est sûr…

8 / Avant de terminer cette interview, on voulait vous proposer un petit jeu, celui de compléter cette phrase :

Les Pères Indignes seraient plus qu’heureux de savoir que leurs femmes ne vont pas tarder à rentrer, car faut bien avouer que nos enfants sont hystériques, car on est vraiment trop débordés quand on est seuls. En plus, nous avons vraiment un humour de papa qui fait beaucoup rire nos enfants, mais pas toujours nos femmes.

9/ Un dernier mantra ou conseil à partager à nos lecteurs/trices?

On a les noms de celles et ceux qui ne sont pas encore abonnés à notre chaîne, donc un conseil : faites-le.

Si tu veux en savoir plus sur eux, alors n’hésite surtout pas à les suivre sur facebook: https://www.facebook.com/peresindignes/
et à t’abonner sur leur chaîne Youtube (totalement gratuit!): https://www.youtube.com/channel/UCW8TeybBPq5al-JU9XJPkYg

Interview d’une maman magnifiquement bienveillante : Soline !

Aujourd’hui, on a la joie de pouvoir poser une série de questions à Soline, une des mamans les plus bienveillantes qu’il nous soit donné de suivre (ici sa page Facebook S’éveiller et s’épanouir de manière raisonnée), et que tu connais peut-être déjà; si tel n’est pas le cas je pense qu’après lecture de cette interview tu ne pourras pas lui résister ! 🙂

On en profite aussi pour remercier toutes les "Soline" qu'il existe 

car grâce à elles, le monde est de plus en plus bienveillant chaque jour.

 

Bonjour Soline, pourrais-tu te présenter en quelques mots?

Bonjour à tous ! Je suis Soline, professeur dans un collège public, et deux fois maman. Mon fils aîné a 4.5 ans et ma fille cadette a 2.5 ans. Hypersensible, passionnée, altruiste, je suis fan de chocolat et de livres !

Si on ne se trompe pas, tu as commencé ton blog en 2014, quand ton fils avait environ un an et demi. Qu’est-ce qui t’a poussé à t’exprimer par ce canal?

Quand mon fils est né, en décembre 2012, je suis tombée dans la soupe « pédagogies alternatives » et « maternage ». Un sacré cocktail que j’ai découvert et dont je me suis abreuvée… Je continue aujourd’hui sur ce chemin de l’apprentissage. Je lisais des livres et fréquentais des groupes  sur Facebook, l’unique réseau social que je fréquentais alors. Nous échangions sur l’éducation, les activités, les livres, etc… Et puis un jour, je me suis rendue compte que je me répétais beaucoup dans certains messages. C’était un mercredi et il était approximativement 18h (je suis incapable de me souvenir de la date exacte, mais c’étaient dans les derniers jours du mois de février 2014). Sur un coup de tête je clique sur « Créer une page ». Je cherche un nom de page et hop en 30 secondes mon cerveau me livre « S’éveiller et s’épanouir de manière raisonnée ». On m’a parfois demandé pourquoi j’avais choisi un titre aussi long. Je crois qu’en fait ce titre je ne l’ai pas choisi, il m’a été soufflé. Car, sans en avoir conscience, j’ai posé les bases de ce qu’est devenue la page (puis le blog) quelques années plus tard. Un endroit où je parle à la fois de la tête, de l’esprit, du corps, du cerveau, de la planète…. Tout ceci dans une démarche « raisonnée » c’est-à-dire réfléchie. Bref… Quelques jours plus tard, souhaitant sauvegarder mes multiples publications, j’ai crée le blog afin que mes écrits ne se perdent pas dans les limbes de Facebook. 3.5 ans plus tard je suis toujours là…

Nous avons un point commun essentiel, la bienveillance ! pastedGraphic.png  Peux-tu nous en dire d’avantage sur le chemin qui a été le tien? As-tu reçu une éducation bienveillante?

J’ai reçu une éducation que l’on pourrait qualifier de « traditionnelle ». Gros yeux, phrases assassines, adultisme… Mes parents ont fait ce qu’ils pensaient être le mieux avec les connaissances qu’ils avaient. Je n’avais jamais posé un regard critique sur l’éducation que j’avais reçue. Après tout, mes parents nous avaient aimé et bien éduqué mon frère, ma sœur, et moi ! Jeune adulte, j’ai d’ailleurs été de ceux qui disent « Une fessée n’a jamais tué personne et ça ne fait pas de mal ! ». C’est pendant ma première grossesse que le remue-ménage intérieur s’est produit. Un vrai remue-meninges la nuit. Je cauchemardais. J’entendais toutes les petites phrases assassines qui me revenaient durant la nuit : « Pleure tu pisseras moins au lit » et j’en passe. Et puis mon fils est né. J’ai lu « Au cœur des émotions de l’enfant » d’Isabelle Filliozat, recommandé par des amies. Ce fût MA révélation. Depuis, j’ai lu des dizaines et des dizaines de livres sur la parentalité.  Mon cheminement n’est pas terminé. D’ailleurs, a-t-il une fin ? Ce que j’observe c’est que ma posture et ma réflexion s’affinent. La place de l’enfant, le regard que je lui porte, sont vraiment différents entre aujourd’hui et la mère que j’étais il y a 4 ans.

Tous ces choix de vie – l’écologie, l’éducation bienveillante, le zéro déchet, le « maternage », le portage… – ont-ils été des choix de couple ? Comment ta famille en est-elle arrivée là ?

Partage des tâches oblige, les impulsions ont été partagées. Je suis en couple avec mon mari depuis 16 ans (j’avais alors 16 ans). De ce fait, nous nous sommes construits ensemble. Le volet « écologique » de la famille vient plutôt de mon mari. Dans le couple, c’est lui qui scrute les étiquettes, c’est lui qui fait la chasse aux additifs, c’est lui qui a proposé que nous démarrions l’aventure des couches lavables. Le volet maternage, portage, éducation…. s’est installé à mon initiative. Nous n’avons pas toujours cheminé au même rythme, mais nous avons avancé ensemble, dans la même direction. Nous ne sommes pas toujours d’accord (et je pourrais préciser « fort heureusement ») mais nous nous soutenons. Mon mari est dans l’ombre du blog, je ne parle pas de lui, tout simplement pour le préserver. Mais il me soutient et est fier du travail que j’accomplis. Pour reprendre ses termes,  pour lui je « mène une bataille » mais il sera toujours « mon bouclier ». L’image est belle. Elle est forte.

Tu es très active -tout comme Maja, dont on peut retrouver l’interview ici – dans la lutte contre les VEO. Pourrais-tu nous en dire d’avantage sur cette thématique qui te tient tant à coeur?

Je suis adhérente à l’OVEO ainsi que membre du Conseil d’Administration de StopVEO. Je lutte CONTRE les VEO oui. Mais je lutte avant tout POUR le respect et la prise en compte de l’enfant en tant qu’individu à part entière, en totale égalité avec l’adulte. Être parent c’est difficile. Se remettre en question ça l’est tout autant. Je pense que nous devons tous nous serrer les coudes, communiquer, échanger… et surtout faire circuler les informations. Aujourd’hui, la connaissance, on l’a. Le cerveau de l’enfant nous livre ses secrets. A nous de diffuser tout cela. Dans le respect et l’empathie. Il n’y a pas de parent parfait n’est-ce-pas. Il n’y a que des parents authentiques. Mais je préférerai qu’à cette authenticité soit ajoutée l’accès facilité à des informations capitales.

Il n’est pas toujours évident d’être dans une démarche d’éducation positive/respectueuse/bienveillante. Est-ce que parfois tu n’es pas trop fatiguée de devoir toujours expliquer les même choses? Vous sentez-vous épaulé par votre entourage?

Il m’arrive d’être fatiguée… Mais honnêtement cela ne dure pas. J’ai la chance d’avoir une communauté sur Facebook qui m’épaule et me porte. Je communique peu sur la question, mais je reçois un certain nombre de messages privés au quotidien. La plupart des gens me remercient, me livrent leur cheminement… et cela suffit à remplir mon réservoir et me rebooster pour quelques jours.

Si tu pouvais profiter de cette interview pour faire passer un seul message aux gens qui vont la lire, quel serait-il ?

Serrons-nous les coudes. L’enfant est l’avenir de l’homme. Ouvrons nos cœurs. Ensemble, changeons de regard sur l’enfance.

As-tu des idées, des projets nouveaux qui s’inscrivent dans cette démarche de promotion d’une parentalité respectueuse des enfants ?

Oui. Mais j’attends un peu pour en parler… Suspense !

Et enfin, une citation qui te porte au quotidien ? »

Mère Térésa : « La paix du monde commence à la maison ». La clé elle est là. Juste là. Sous nos yeux. <3

Merci pour cette entrevue. Je vous souhaite une belle et douce journée à tous. A bientôt.

 

Pour suivre Soline et sa bienveillance tu peux la retrouver sur :

Son blog: https://www.seveilleretsepanouirdemaniereraisonnee.com
Sa page Facebook:https://www.facebook.com/seveiller/
Son compte Instagram: https://www.instagram.com/solineseveiller/

Maude, de « Maternemoi »: interview d’une super mumpreneuse !

Aujourd’hui nous avons la chance d’inviter à notre tribune Maude,  la créatrice de « Maternemoi » (son site ici), une marque proposant entre autres des pochettes de portage (transformables en sac) qui s’accrochent à tous les types de portage! Afin de mêler l’utile à l’agréable, il y a tout un tas de coloris différents, tous plus jolis les uns que les autres. Aussi minimaliste que je sois, j’y ai vu un vrai avantage et je me sers déjà d’une de ses créations depuis 1an. De plus, elle adore tout ce qui touche de près ou de loin au portage, et est maman de 2 loustics. Aussi je suis très heureuse qu’elle ait accepté mon invitation à se présenter ici-même. Allez, je lui laisse le micro sans plus tarder!

Petite précision, évidente pour nous mais pas forcément pour tous: nous ne gagnons rien à donner la parole à cette créatrice. Nous apprécions simplement son travail et avions envie de vous le partager!

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Une super maman militante anti VEO : interview de Maja

Continuons notre tour d’horizon des supers mamans (ne vous méprenez pas, point de sexisme ici: il se trouve simplement que les personnes inspirantes de notre environnement pour l’instant interviewées ne sont que des femmes!). Aujourd’hui on te propose de faire la connaissance de Maja; ceux qui fréquentent les groupes Facebook de soutien dans la lutte contre les VEO (violences éducatives ordinaires) la connaissent forcément!
En effet, cette maman de deux enfants en « instruction en famille » donne bénévolement de son temps quotidiennement pour aider tous les parents en difficulté qui pointent sur son petit écran, afin de les aider à cheminer sur le chemin de la bienveillance parentale, centrée sur un unique objectif : le respect pour nos chères têtes blondes. On est plus qu’heureux qu’elle ait accepté de répondre à nos questions car cela fait quelques années déjà qu’elle est notre dealeur de bons conseils en la matière.
Sans plus attendre, voici son interview:

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Une super maman atypique: Interview d’Héloïse !

 Aujourd’hui on continue notre tournée « super maman » (tu peux retrouver l’interview de Mayane ici), pour cela on souhaiterait te présenter une personne qui nous inspire de jour en jour par ses choix éthiques et atypiques: il s’agit d’Héloïse WEINER du blog It’s a mum’s life Lire la suite

Le co-allaitement: interview d’une super maman !

Aujourd’hui on souhaitait te proposer de partager quelques minutes avec la créatrice d’Apasdemoa Collier d’allaitement et de portage. On a t’a déjà parlé d’elle dans une de nos dernières vidéos sur l’allaitement. Outre le fait que c’est une maman bienveillante, mom’entrepreneuse et en formation pour devenir animatrice en allaitement auprès d’une grande association, elle fait partie des rares mamans qui co-allaitent.

Déjà qu’en France, les mamans allaitantes ne sont pas en majorité, alors les mères co-allaitantes jt’en parle même pas! Loin des clichés de la mère névrosée qui maintient son enfant au sein ou de celle qui refuse de le voir grandir, Mayane te propose ici sa vision du co-allaitement.

Attention, aucun tabou, toutes les questions qu’on ose pas poser à ces supers mamans, et auxquelles tu aurais aimé avoir une réponse sont ici ! 🙂

 

« Salut Mayane! Pourrais-tu te présenter en quelques mots?

Me présenter… difficile à faire sans parler de notre tribu, car c’est notre équipe qui fait de moi celle qui te répond aujourd’hui!

Nous somme une joyeuse tribu constituée d’un papa, d’une maman créatrice de collier d’allaitement (mais pas que…) et de deux enfants plein de vie, une association, et des choix de vie alternatifs…​

Mes enfants et mes propres expériences d’allaitement m’ont décidé à devenir créatice de collier d’allaitement et de portage. J’aime créer sur mesure avec les mamans, j’aime tout dans ce métier! Pouvoir choisir mes tissus en coton bio, m’amuser avec mes perles en bois naturelles non traitées!

Mais aussi à tenir un blog pour discuter de sujets qui nous tiennent à coeur, et partager notre experience de vie à quatre, car oui, nous vivons, et travaillons ensemble tous les jours, tous les quatre…

Quelle est ton histoire avec le début de l’allaitement? (ça t’a paru normal, décision facile, début difficile…?)

Lors de ma première grossesse, l’allaitement était une option, parmi d’autres quand tu deviens jeunes parents. Nous partions sans idées, sans apprioris, sans questions… Ah si ! quelques questions techniques sur l’allaitement auxquelles a patiemment répondu notre sage femme diplomée en lactation à l’époque. Et puis bébé est arrivé, après quelques peripéties d’accouchement (césarienne d’urgence) en bonne santé! Nous nous sommes retrouvés avec ce bébé, déposé là en douceur par la sage femme, sur mon ventre. Notre tout petit qui par un refelexe des plus primaires et archaïques est remonté le long de mon corps bien fatigué, pour venir chercher ce flux vital à sa vie, mais aussi à sa survie pour continuer à grandir, murir dans ce monde d’un coup si brutal, dans lequel il allait devoir évoluer, et pour lequel des millenaires d’évolution ne l’ont pas encore préparé (mais c’est là un autre débat!). Et c’est avec une émotion intense, une révélation primaire que je l’ai laissé faire, et, ai admiré sa volonté, sa patience, son énorme capacité pour un être si petit, si immature à trouver ce qui lui était naturel et nécéssaire. Nous avons été émerveillés, subjugués… Une évidence naturelle s’est imposée à nous. Nous allions allaiter.

Du coup pour sa soeur, aucune question ne s’est posée, l’allaitement allait de soi!

Avais-tu toi-même été allaité? (Et si oui, combien de temps? Etait-ce important pour ta mère?)

Moi je n’ai pas été allaité, car j’ai été hospitalisé dès ma naissance. Mais ma maman a allaité ma dernière soeur quelques mois. Je ne sais pas trop si c’était important pour elle. Je ne connais pas son ressenti vis-à-vis de l’allaitement. Nous n’en avons jamais vraiment parlé.

Y-avait-il des mères allaitantes (amie, famille, …) autour de toi avant que tu décides de te lancer dans l’allaitement?

Oui en effet, ma cousine, et ma belle-soeur ont été mam’allaitantes avant moi. C’est d’ailleurs rigolo car ma belle-soeur a allaité une moyenne de 18mois, et je me souviens à l’époque je me disais « nan mais jamais, c’est n’importe quoi… » aujourd’hui je fais régulièrement mon mea-culpa interieur!!

Ce sont deux superbes mamans avec lesquelles j’ai beaucoup discuté allaitement, lorsqu’on s’appelait pour prendre des nouvelles de nos bébés!

Partais-tu au départ dans l’idée d’un « allaitement long »? 

Pour ma part non! Et d’ailleurs je ne parle toujours pas d’allaitement long! D’ailleurs je ne sais pas ce qu’est un « allaitement long »! Par contre je sais ce qu’est un « sevrage précoce » ou un « sevrage induit » !!

 

On dit souvent que l’allaitement est un contraceptif; qu’en penses-tu?

Je finis de rire et je te réponds!!

Plus sérieusement j’ai eu mon retour de couches trois semaines après mon enfantement, avec un allaitement exclusif! Voilà déjà un préjugé qui peut sauter! Le retour de couches peut se faire avant l’espacement de tétées ou l’arrêt de l’allaitement.

Et donc même avec un retour de couches tôt et malgré des cycles archaïques et bien Lili s’est installée alors que Titi avait 18mois et encore allaité de jour comme de nuit!

Lorsque tu es tombée enceinte de ton 2ème bébé, comment as-tu géré ton allaitement (diminution de la lactation, colostrum…) avec ton aîné?

AH THE QUESTION! Comment gères tu? Comment as tu géré?

Ma réponse va probablement laisser dubitative, mais je ne gère pas! Tout simplement.

De manière générale je ne compte pas, je ne calcule pas, je ne tire pas mon lait pour savoir combien de ml prend mon/mes bébé/s, je ne pèse pas mon/mes bébé/s.

Aller vraiment ce qui me guide beaucoup aussi, c’est l’état d’éveil de mes enfants. Tant qu’ils vont bien, je pars du principe que tout va bien!

Je vis, j’allaite, je ris… Et j’ai confiance en mon/mes bébé/s et la nature pour le reste!

De manière générale je ne sais jamais dire quand mon corps passe en lactation auto-gérée (autocrine) ou si c’est encore géré par les hormones… Bref…

Je vis mon allaitement avec une certaine dose d’insouciance, me posant les questions qu’au moment où j’en ai besoin (engorgement, mastite, candidose!)

Du coup pendant ma grossesse je ne sais pas du tout si j’ai eu une baisse de lactation, puisque titi est un serial téteur et ne m’a jamais fait de reflexion!

L’arrivée du colostrum j’ai fini par le comprendre le jour où j’ai voulu soigner une blessure de Titi (oui le lait peut servir à de multiples choses!) et où n’arrivant à tirer que trois malheureuses gouttes, légèrement colorées, j’ai compris pourquoi cela faisait quelques jours que Titi faisait la grimace en tétant !!!

A partir de là nous avons mis en place tout un processus de discussion et de jeu avec Titi, pour anticiper le partage des tétées.

Et comment ton aîné a-t-il géré cette période?

Ce fût surtout pour lui comme pour moi des adaptations « techniques » ! En effet il ne pouvait plus forcement se mettre sur mes genoux face à moi pour téter. Nous avons appris à téter en étant lui assis à coté de moi.

Pour la nuit, cela nous faisait faire un peu de gym, histoire de trouver nos positions !! lol!!

Comme je t’en parlais plutôt c’est l’arrivée du colostrum qui a demandé le plus d’adaptation !

Titi a passé une semaine a faire une grève de tétée et pendant cette semaine il comparait mes seins au robinet de la cuisine. Car pour mettre les choses en perspective et à sa portée je lui avais expliqué que dans les seins de maman, il y avait de « l’eau » (colostrum) maintenant, et que le lait reviendrait quand sa soeur sortirait de mon ventre.

De ce moment, à mon retrour de la maternité il a souhaité un biberon de lait, pour compléter le côté « nourrissant » du sein qui lui manquait. Mais après sa semaine de grève il a toujours tété et ce jusqu’au bout! Et même à peine quelques heures avant l’accouchement.

A la naissance de ta fille, as-tu aperçu des différences concernant la montée de lait ou la mise au sein comparativement à ton premier allaitement? 

A la naissance de Lili, j’ai du surtout tout réapprendre et surtout lacher prise!!

Bien que confiante, je me souviens m’être sentie perdu les deux premiers jours! J’ai tout de suite demandé à parler à ma sage-femme diplonée en lactation qui a tout de suite su trouver les mots justes : « pas de panique, vous savez faire !  C’est juste que vous êtes encore programmée sur l’allaitement d’un bambin. Votre fille n’a que 24H! »

Une fois les mots posés, cela m’a paru évident et toutes mes craintes se sont apaisées en moi. J’ai laché prise, me suis mis en état de découvete, et notre allaitement s’est mis en route tranquillement. Nous avons appris un nouveau rythme de tétée, de nouvelles odeurs, juste entre Lili et moi. Doucement, de façon complice, et avec une grande confiance l’une en l’autre! Elle en ma capacité à lui fournir ce dont elle avait besoin et moi en sa capacité à mener la barque !

Ton fils a-t-il souhaité « partager » naturellement les moments de tétées et de câlins avec sa petite soeur? Comment s’est passé ce passage de deux à trois pour lui et toi ?

Les premières tétées à la maternité, je m’organisais pour qu’au moment de son arrivée Titi puisse être seul à téter. Comme nous étions « séparés » pour quelques jours (bien qu’il venait avec papa tous les jours) je voulais qu’il ait ses moments d’exclusivités comme avant pour faire une transition en douceur. Papa prenait Lili et moi Titi dans mon lit. Si Lili pleurait alors on expliquait qu’elle avait faim, qu’elle n’avait que le lait de maman pour se nourrir.

La première mise au sein à deux Titi s’est mis en colère. Il pleurait et essayait de repousser sa soeur… Mais je connais suffisemment mon fils! Je lui ai donc tout de suite demandé quel sein il voulait bien « prêter » à sa soeur, pour lui permettre de s’impliquer et de redevenir acteur de ce qui se passait. Annihilant ainsi la sensation d’être volé, ou dépossédé de quelque chose qui lui était exclusif avant.

A partir de ce moment pendant quelques temps je lui posais cette question chaque fois que j’avais besoin de mettre Lili au sein et que lui-même souhaitait y aller.

Progressivement j’ai fini par remarquer qu’ils avaient chacun « leur » sein, et la question a disparu! Aujourd’hui tout roule et on peut même changer de sein « deux seins deux bébés! »

Et le papa dans tout cela, il en pense quoi?

J’ai la chance d’avoir un amoureux pro-allaitement!!

Pour le papa l’allaitement est une alimentation idéale. Pour lui le lait maternel est ce qu’il y a de plus sain, face à ce que l’on peut trouver dans l’industrie. De plus la femme étant naturellement faite pour allaiter, il y aurait dissonance à ne pas le faire!

Et puis il trouve ça beau! c’est souvent lui qui prend nos photos de séances d’allaitements par exemple!

Faut pas se le cacher, il trouve ça aussi beaucoup plus simple et pratique de ne pas avoir à préparer de biberon (ni se lever la nuit!), et d’avoir toujours ce qu’il faut sous la main !!

Même s’il aime aussi les rares fois où pour différentes raisons j’ai dû tirer mon lait et lui laisser pour bébé!

Mais pour lui il y a mille et une façon de s’impliquer auprès de ses bébés. Ca ne passe pas necessairement par l’alimentation. Cela n’est qu’une part de tout ce dont le bébé a besoin autant en termes physiques qu’affectifs!

On dit souvent que l’allaitement peut être un frein dans la vie sexuelle du couple, la poitrine étant très érotisée dans notre culture. Est-ce que le co-allaitement double le handicap ?

Ah la poitrine dans notre culture… Je pourrais en dire long… Mais je vais me concentrer promis !!

L’allaitement en soi n’avait déjà pas été un handicap, preuve s’il en fallait une : Lili!!

De fait, nous ne voyons pas en quoi le co-allaitement en serait un !

Cela demande, comme pour l’allaitement quelques ajustements « techniques », comme le fait qu’il y a des moments où je n’ai tout simplement pas envie d’être touchée. Soit par trop plein de touchés avec les enfants, mon corps réclamant d’être un peu en paix! Soit en cas de douleurs pour X ou Y raisons (engorgement, candidose, seins trop tendus…).

Mon amoureux respecte tout à fait cela! De manière générale, il me respecte entièrement. Il sait être patient et aimant de bien d’autres manières! Je ne suis pas réduite à une poitrine!! L’avantage c’est que je mesure 1m60 avec toute la peau et les parties du corps que ça comprend! ca en fait des choses à aimer !!

Et même si un troisième n’est pas à l’ordre du jour, tout va trés bien !!

Lorsque tu as appris ta seconde grossesse, as-tu pensé au co-allaitement tout de suite?

Je savais que le co-allaitement était possible. J’avais ouï dire que des mamans le faisaient. Pour le coup, en comparaison de ma première grossesse où je partais sans avis, là j’avais super envie de connaître cette experience. Mais je lisais beaucoup et entendais beaucoup que le grand avait tendance à se sevrer naturellement pendant la grossesse et encore plus à l’arrivée du colostrum. Donc je ne fondais pas de grands espoirs et espérais en secret pouvoir connaître cela. Mais sans pression pour personne. Ca se ferait tant mieux, ça ne se ferait pas, tant pis!

A mon grand bonheur, et mon heureuse fatigue, ça s’est fait!

Comment envisages-tu la suite de tes allaitements? As-tu des projections en tête?

Je n’envisage pas la suite de mes allaitements ! Comme je le disais plus haut je n’intellectualise pas ce sujet, je le vis! De fait je n’ai aucune projection en tête!

Mes enfants têteront tant qu’ils en ressentent le besoin, et je n’ai aucun doute quand au fait qu’ils s’arretêront un jour.

Si 3ème bébé il y avait, penses-tu faisable de nourrir 3 enfants en co-allaitement? Et plus?

Bien sur, ça ne me fait pas peur!

Il y a une notion à bien integrer. Je n’allaiterai pas 3 bébés, mais deux bambins et un bébé. Hors l’allaitement d’un bambin est complétement différent de l’allaitement d’un bébé.

Un bambin peut, avec un accompagnement doux et explicatif, patienter. Un bambin est diversifié, l’allaitement devient un complément au bout d’un moment et non l’inverse.

Les besoins et rythmes sont propres à chacun. Et j’observe ici avec mes deux loulous que chacun a ses moments, comme si ils savaient que là je suis plus ou moins dispo, pour un ou pour deux !

Quels sont les avantages et les inconvénients que tu vois dans le co-allaitement?

Oh je ne suis pas douée au jeu des avantages et inconvénients!

Ce que je peux dire c’est que c’est super pratique d’avoir un grand qui tête en cas d’engorgement !!

Mais qu’en cas de candidose tout le monde passe au traitement en prévention !!

Ce que je peux dire aussi, c’est que c’est parfois usant, fatigant, qu’on peut peiner à se retrouver dans son corps et sa tête. Mais qu’il n’y a pas que maman et les enfants dans l’allaitement. La place du papa, mais aussi le conjoint, l’amant, l’amoureux a vraiment toute son importance, encore plus dans les moments où la mère/femme, passe une phase difficile dans sa tête et/ou son corps.

Je n’ai pas connu la fratrie sans co-allaitement, mon témoignage sera donc biaisé ici. Mais ma vision à moi, c’est que ce co-allaitement developpe de la complicité entre mes enfants.

Que je fonds lorsque je vois mon fils lever son tee-shirt pour donner le tété à sa soeur qui pleure.

Que j’éclate de rire quand mon fils répond avec un grand éclat de rire à la question de son père « qu’est ce qu’on préfère chez maman? »

« Tétées papa!! »

Que je me liquéfie quand je vois ma puce papouiller son frère pendant la tétée.

Qu’une fois encore mon coeur explose d’amour quand mon fils veut absolument sa soeur en co-tétée pour arriver à s’endormir le soir, tout en lui faisant des papouilles soit pour s’endormir lui, soit pour la calmer.

Et j’en oublie tellement!

Et enfin, peux-tu nous décrire le co-allaitement en 3mots?

Famille, amour, équipe. « 

 

En espérant que ce témoignage a pu t’apporter quelques réponses. Si tu as des questions supplémentaires, n’hésite pas, Mayane reste à ta disposition. Elle a d’ailleurs une page Facebook: https://www.facebook.com/collier.d.allaitement.et.de.portage.by.apasdemoa

Tu peux bien sur partager cet article afin que le co-allaitement se démocratise de plus en plus.

 

 

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