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STOP à l’injonction au bonheur ! Libéré/e, délivré/e…

Suite à la story qu’a fait Alexis sur notre compte Instagram (https://www.instagram.com/ailesetgraines ) sur l’injonction au bonheur, vous avez été très nombreux/ses à réagir !

A nous avouer que vous aussi, vous en aviez marre de ce masque social qui pèse parfois bien lourd, surtout face aux difficultés de la vie !

Et bien nous aussi… et du coup cela méritait bien une petite vidéo 🙂

Dans cette vidéo j’explique donc ce qu’est une injonction au bonheur, en quoi c’est un oxymore totalement improductif lorsque l’on veut être bienveillant/e envers soi mais aussi avec ses enfants.

Et j’en profite donc pour te rappeler les bases essentielles à la bienveillance envers soi-même, et donc les clés qui mènent au bonheur intérieur (et non pas de surface).

Si cette vidéo te plaît, alors like-la, laisse moi un petit commentaire et surtout partage-la avec tous les gens que tu aimes (ou pas… c’est toi qui vois !!). 🙂

Avec toute ma bienveillance,

Elodie

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👉 Voici notre accompagnement pour les parents fatigués qui veulent arriver à prendre du temps pour eux pour garder optimisme et enthousiasme:CLIQUE ICI POUR EN SAVOIR PLUS

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France « mauvais élève  » du COMPLIMENT: pourquoi et comment les faire ?

En France, nous recevons 8 items négatifs contre 2 positifs et ce de façon quotidienne.

Et ceci est très culturel.

Je te propose aujourd’hui, de réfléchir dans un 1er temps sur le « pourquoi » on a des difficultés à faire des compliments.

Et dans un 2nd temps je t’explique ce qu’est faire un « VRAI » compliment.

En effet, un compliment n’enferme pas dans le regard de l’autre, et ne rend pas dépendant de celui; mais redonne tout le pouvoir à la personne qui le reçoit.

C’est une thématique essentielle en parentalité positive où beaucoup de parents pensent « bien faire » en complimentant leurs enfants -pour leur donner confiance en eux ou pour ne pas commettre les erreurs de leurs propres parents- mais on tombe rapidement dans le schéma « punition/récompense » dont je t’ai parlé dans une autre vidéos (ici: https://www.youtube.com/watchv=NIhai4… ).

Ainsi il est nécessaire de réapprendre à faire un compliment.

Et si tu commençais dès aujourd’hui? 🙂

Et sinon, tu peux bien sûr, liker, partager cette vidéo et/ou t’abonner; ça nous aidera à semer des petites graines de bienveillance!

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L’ inconvénient à être bienveillant !

Et oui il faut bien le dire, plus on avance sur le chemin de la bienveillance et plus on se rend compte quand les autres ne le sont pas avec nous.

Et ce décalage peut être hyper délicat voire douloureux… Mais la bienveillance c’est envers tout pour soi et envers soi.

Je t’explique donc dans cette vidéo comme utiliser la bienveillance pour se protéger soi, pour faire bouclier face à la malveillance d’autrui. Et si tu penses que cette vidéo peut aider d’autres personnes, alors n’hésite pas à la partager… soyons nombreux à semer des graines 😉

Avec toute ma bienveillance,

Elodie

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Sortir du rôle de « victime » !

On a tous été, OU on est tous des victimes à un moment donné de notre vie. Certains s’enferment dans ce rôle ou n’arrivent pas à enlever cette étiquette.

Dans cette vidéo je t’explique pourquoi il y a toujours des « victimes » et en quoi il y aussi des bénéfices à l’être.

Je te propose donc aussi des pistes de réflexions afin de distancier de cette étiquette et donc d’éviter d’attirer les bourreaux.

* Cette vidéo fait suite à celle sur le triangle de Karpman: https://www.youtube.com/watch?v=MNStb…

* Vidéo sur les pervers narcissique: https://www.youtube.com/watch?v=MNStb…

* Podcast sur la manipulation: https://www.youtube.com/watch?v=npEglkt8c3Y 

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Faire face à un/e manipulateur/trice: éviter de tomber dans le piège de la manipulation.

Suite à toutes vos questions et vos retours avec la vidéo sur les « pervers narcissiques » , je souhaitais faire également un petit détour par la manipulation. Lire la suite

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Pourquoi ce n’est PAS bienveillant d’être FIER de ses enfants ?!

Qu’est-ce qu’on a pu l’entendre et l’attendre cette phrase : « je suis fier/e de toi » !!
Dans cette courte vidéo de 5minutes je t’explique en quoi cette petite phrase qui se veut pourtant pleine de bonnes intentions, est vraiment DRAMATIQUE, autant pour l’estime de soi, que pour la confiance en soi pour un enfant, comme pour un adulte ! Lire la suite

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STOP à la comparaison pour être HEUREUX !

Se comparer est-il naturel ? La comparaison est-elle normale? Est-ce que cela peut être délétère à notre bonheur? Et si oui comment faire pour éviter de se comparer? Lire la suite

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La dualité qu’on nous apprend dès l’enfance: punition & récompense

Toi aussi, tu es épuisé/e après une journée entière avec tes enfants ?
Et parfois tu en as marre et tu aimerais que tes enfants comprennent, tu aimerais aussi qu’ils fassent « des efforts »? Peut-être même que tu en arrives à t’énerver contre eux, tu en arrives parfois à user d’une punition, et l’autre récompense? Lire la suite

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Tu es épuisé(e)? Comment faire pour éviter le burn-out parental ?!

Tu te sens fatigué(e) ? voire épuisé(e) ? Cette vidéo est POUR TOI !
En effet, la vidéo je l’ai faite avec mon coeur de maman pour les autres parents, car je sais ce que c’est d’être totalement épuisée et dépassée, d’être à bout, au bord du burn-out parental … et d’avoir du mal à trouver des informations sur le sujet. Alors dans cette vidéo je te parle des premiers signes de fatigue et des conséquences à court et long terme que cela peut engendrer sur toi et ton entourage.

Si tu connais des parents qui devraient voir cette vidéo, si tu penses que ça peut les aider ou si tout simplement, toi aussi tu en as marre que le sujet du burn-out parental ne soit pas assez communiqué avec tout le sérieux qu’il mérite; ALORS PARTAGE CETTE VIDEO ! 😉 Lire la suite

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Comment assumer nos différences face aux autres?

Pas toujours facile de faire des choix atypiques, surtout lorsque la majorité pense forcément avoir raison! Si comme nous tu as fait des choix différents, comme l’éducation bienveillante, le véganisme, l’école à la maison, etc … et bien tu dois certainement toi aussi faire face à de nombreuses critiques. Différences ne rime pas forcément avec tranquillité. Lire la suite

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Pourquoi il faut tout remettre en question pour s’épanouir?!

Aujourd’hui j’ai envie de te faire bouger, avec bienveillance, mais en te conseillant malgré tout de tout déconstruire, pour s’épanouir. Lire la suite

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Etre bienveillant c’est aussi savoir révéler le meilleur chez les autres (vidéo)

J’aime me dire que si chacun de nous avait la compétence de voir ce qu’il y a de meilleur chez l’autre, mais qu’en plus il pouvait le mettre en valeur, juste comme ça, pour faire plaisir, par simple générosité et gentillesse… et bien le monde serait tellement plus bienveillant.
Voici une petite vidéo de 5mins…un petit défi qui j’espère sera partagé le plus possible.
Ensemble, semons quelques graines 🙂

Avec toute ma bienveillance,
Elodie

 

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Merci à tous les parents au foyer (podcast)

Un rapide podcast que j’avais enregistré il y a quelques semaines lorsqu’on devait chercher une nouvelle maison; en effet j’ai été confronté à la question « qu’est-ce que vous faîtes de votre vie? », et avec cette question, arrivent une multitude de regards désapprobateurs lorsque je répondais que je m’occupais de mes enfants. Et malheureusement, ce sont souvent les femmes qui jugent le plus ce choix là.
Je profite donc de ces 6 minutes de podcast pour expliquer ce choix, pour dire qu’on peut être mère au foyer et féministe, mais surtout pour remercier tous les parents au foyer car, il faut bien se le dire, être parent est le plus difficile métier du monde !

Si ce podcast te plaît, alors partage-le, abonne-toi à notre chaîne youtube (www.youtube.fr/ailesgraines) et tu peux bien sûr me laisser un gentil commentaire (ça me fait toujours plaisir !).

Avec toute ma bienveillance,

Elodie

 

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Sauveur, victime ou persécuteur? (vidéo)

Il y a peu j’avais écrit un article sur les masques sociaux que nous portons tous, à tour de rôle et dont nous avons du mal parfois à nous extirper. Aujourd’hui je te propose une vidéo sur trois rôles qui nous empoisonnent la vie au quotidien et dans lesquels on rentre souvent involontairement, soit par survie sociale soit parce que l’autre nous pousse dans ce jeu malsain. Dans tous les cas il faut en sortir pour rétablir une relation saine.

Il est important de se rendre compte de ces rôles, car ils interviennent de façon assez spontanée dans le milieu professionnel mais aussi personnel, et notamment dans la relation conjugale ainsi que la relation parent/enfant. Ce rapport de force fragilise toutes les relations, alors faisons attention et restons dans la bienveillance en tant que telle.

 

Pour lire mon article sur les masques sociaux voici le lien de l’article: https://ailesetgraines.com/masque-social-relation-pouvoir/

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Avec toute ma bienveillance,

Elodie

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Challenge « soigner son habitat »: bienveillance aussi pour le corps

On parle souvent de bienveillance, envers ses proches et envers soi, mais moins souvent à l’égard de son « habitat »: son corps. Lire la suite

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Quand Différence sonne comme Intolérance…

Si vous nous suivez depuis quelques semaines, vous avez bien dû vous rendre compte que nous faisons – dans bien des domaines – des choix dits « alternatifs ». Nos choix de vie se retrouvent souvent être dans la case « Autre » sans que cela soit voulu, bien évidemment. Cet article devrait un petit peu te parler si, toi aussi, tu as parfois souhaité t’écarter du troupeau – non sans mal d’ailleurs, car le berger rôde toujours – et que l’on t’a fait comprendre que non ce n’est pas le « bon » chemin…

Avec Alexis, on s’est – séparément – toujours senti un peu à part dans cette société, un peu en marge. Adolescent notre masque social, celui que l’on met pour paraître, était lourd à porter; il était cependant utile car ce sacrifice nous permettait de rentrer suffisament dans un moule, afin de ne pas rester trop en marge. Très vite donc, l’analyse méticuleuse des gestes et paroles d’autrui était devenu un outil indispensable dans notre kit de survie. Personnellement, plutôt que de me torturer des heures à trouver quel rouge à lèvre m’irait le mieux, je dépensais tout mon capital neurones à élucider le mystère suivant: comment fait-on pour faire passer une relation de « copine » à « amie »? Quel processus sous-jacent, invisible si on y prête pas attention, est à l’oeuvre? Comment le reproduire? Toutes ces règles sociales m’ont toujours paru très compliquées, je me sentais toujours de trop: trop excentrique, trop à côté de la plaque, trop compliquée, bref: trop différente ! Et bien qu’on le soit tous – différents – j’avais l’impression que l’expression de mon Moi, de mes différences, me mettaient toujours en marge des autres, qu’importe mes efforts!

Ma rencontre avec Alexis m’a donné un nouveau souffle, vital, salvateur, ce qui m’a permis une chose essentielle: me recentrer sur qui j’étais. Il m’a aidé à briser ce masque, ce rôle social dans lequel j’avais fini par m’enfermer et qui était devenu, avec les années, une bien trop lourde carapace. Cela a été un moment difficile, mais essentiel. Et il m’a fallu par la suite des années pour me retrouver et bien d’autres encore pour m’assumer. Et me voilà encore aujourd’hui, à pourtant bientôt 30ans (dans quelques jours, chut, on ne dit rien… ^^), à souffrir encore du regard de l’autre, à donner encore de l’importance à ses jugements qui pourtant voyagent simplement à travers les prismes de certaines conventions sociales qui résistent autant qu’elles le peuvent. La normalité, avec sa morale « objective ».

La normalité est par essence subjective, chaque personne y instillant ce qu’elle souhaite de règles importantes pour en faire sa propre définition; et pour celles faisant l’objet de conventions communément acceptées par une majorité de la population, comme le choix de l’alimentation, l’instruction à l’école ou en famille, l’apparence physique… le degré d’adhésion d’une population à une règle précise ne peut la rendre pour autant objectivement juste, véritable, véridique, cela ne devrait jamais servir de chemin à suivre de principe, à moins de balancer la raison aux oubliettes. Vous serez d’accord avec nous je pense, l’histoire de notre espèce est remplie de « normes », d’importances variables, supposément supérieures à notre libre arbitre et suivies par une majorité avec des conséquences désastreuses (Hitler, la traite des noirs, les croisades religieuses, la période « Boys Band »… 😀 ). Alors bon « la norme » comme comportement étalon, non merci.

 Voler de ses propres ailes n’est pas évident, cela nécessite au préalable d’avoir appris à se faire suffisamment confiance pour crédibiliser assez sa propre petite voix afin de ne pas s’écarter de son chemin; parfois on vous rejette pour cela, et avec tristesse vous pouvez perdre des personnes qui vous étaient chères, de la famille, des amis… De l’incompréhension à l’intolérance, il n’y a malheureusement bien souvent qu’un pas facilement franchissable. La peur et certaines tensions internes liées à ses refoulements passés, ses schémas appris, engendrent plutôt que l’acceptation le rejet de la différence de l’autre. L’intérêt pour la personne de porter un jugement négatif est à la fois de se rassurer soi-même dans son propre fonctionnement, en faisant rentrer dans le rang la tête qui dépasse, et également de décharger sur l’autre ses propres frustrations internes qui existent à force de ne pas réaliser soi-même certains choix propres.

Maintenant que nous avons des enfants, nous les éduquons avec ce que nous sommes.

Comme chaque parent notre « modèle éducatif » est imprégné de nos valeurs. Et ça se corse! Car lorsque vous avez des enfants, avez-vous remarqué – alors même que le futur héritier est encore bien niché dans son utérus – qu’on vous explique quel parent vous devriez être?! Quand cela concerne la parentalité, l’éducation de ses propres enfants, tout le monde pense qu’il a son mot à dire ! Et votre interlocuteur sera vite outragé si vous lui expliquez que vous souhaitez faire différemment. Est-ce qu’il voit dans votre différence un jugement sur le choix que lui-même a fait pour ses propres enfants?
Avec certaines personnes, faire le choix de l’éducation bienveillante ou des apprentissages autonomes revient à se promener dans un bar marseillais avec un maillot du PSG sur les épaules…

Choisir le chemin de l’éducation bienveillante, c’est souvent s’éloigner des diktats de la société -ainsi que de sa propre éducation reçue enfant- et se forger parfois tout seul une autre vision de la relation parent/enfant, où aucun n’a le dessus sur l’autre aussi bien physiquement que psychologiquement. L’éducation bienveillante demande souvent au parent un travail sur sa propre enfance, une auto-critique qui peut être douloureuse au quotidien, une remise en question sans cesse sur ses propres limites personnelles afin que notre bienveillance ne s’heurte pas trop souvent à celles-ci; nos enfants n’ont pas à payer une addition pour laquelle ils n’y sont pour rien, c’est nous les responsables de leur venue au monde, pas eux… L’enfant passe avant tout, avant même nos petits carcans bien confortables; alors les carcans des autres… hein bon! Crotte quoi !!

Car si on devait suivre les recommandations à la lettre, il faudrait que bébé fasse ses nuits avant 3mois, qu’il soit « propre » pour l’école, qu’il se sociabilise rapidement, qu’il soit poli et bien élevé, mais qu’il se fasse pas marcher dessus quand même, qu’il sache quand il faut être calme et quand il peut faire du bruit, qu’il soit sage mais pas trop, qu’il soit intrépide mais pas casse-cou, etc …

Et si on le laissait être lui-même? Et si on aimait simplement pour qui ils sont, sans les juger quand ils font des choix qu’on aurait pas fait pour nous? Et si on arrêtait de penser que nos enfants nous appartiennent? Si on arrêtait de transposer sur eux  nos propres envies, nos propres besoins, nos propres peurs? Encore plus important: et si on mettait tout en oeuvre pour s’aimer nous-même suffisamment pour ne pas demander à nos enfants de combler nos failles narcissiques? Car oui, là est bien une grosse partie du problème. Le parent se sert souvent de l’enfant afin d’obtenir une étrange reconnaissance sociale: « Mon enfant marche à 10 mois, dit merci tout seul, ne porte plus de couches… Hey, il réussit ses études! » Tous ces accomplissements appartiennent à l’enfant et pas au parent; lui seul peut décider ou non d’être fier de ce qu’il est et accompli.

Quand au parent… lui… son devoir est d’aimer sa progéniture, quel que soit le chemin choisi.

Laisser son enfant libre d’être qui il est n’est pas facile pour soi, et cela est encore plus difficile quand on est jugé par les autres; ces autres qui ont décidé de faire comme tout le monde sans même se questionner. Et pourtant, nombreux sont ces témoignages de parents qui ont choisi cette voie – de l’éducation bienveillante- plus complexe mais tellement plus épanouissante pour eux ainsi que pour leurs enfants. Les parents dont les enfants ont déjà bien grandi le disent: « l’éducation bienveillante c’est vraiment pas évident les premières années; mais après, c’est tellement plus simple, plus authentique, plus joyeux pour les enfants… comme pour les parents« .

Alors toi parent différent, toi parent atypique, toi parent qui doute de tout et surtout de toi… sache que cela apporte tellement de couleurs à ta palette, que la peinture que tu feras de ta vie et que tu donneras à tes enfants n’en sera que plus belle.

 

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Pas facile d’avoir confiance en soi ! (VIDEO)

J’ai souhaité te faire cette vidéo avec le coeur, avec toute ma spontanéité et mon honnêteté; pour te montrer qu’on est tous parfaitement IMPARFAITS mais que ça ne change rien au fait que la bienveillance passe aussi et surtout par la reconnaissance de soi, et donc la confiance en soi.

 

(https://youtu.be/qTvcMSjtOCE)

J’espère que cette vidéo t’apportera quelques clés pour te sentir bien, pour t’accepter tel que tu es, apprends à ne plus douter de ta valeur. Tu es parfait, tel que tu es; car tu es toi.
Vis ta vie comme tu le souhaites, sans te soucier du regard des autres, réalise tes envies. Ne te contente pas de rêver ta vie par peur (du jugement, de toi, de l’autre, de…), fais tomber le masque et vis tes rêves !

A fond. Dès maintenant.

 

 

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Le lâcher prise: pas toujours évident à atteindre? Comment faire?

Toi aussi tu as du mal à lâcher prise par moment?

C’est bien normal, c’est difficile de se distancier, de prendre du recul sur certaines choses. Si cette pratique est souvent salvatrice, libératrice pour les parents, elle ne marche pas toujours sur commande, et c’est tant mieux. Comment y voir clair?

Voici une mini vidéo que j’ai faite par rapport à ma propre expérience de maman 🙂 Lire la suite

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Difficile d’être bienveillant/e quand on est fatigué/e !

Qui n’a jamais été fatigué ?

Il nous arrive à tous d’être au bout du rouleau, d’être à bout de force que ça soit physique ou psychique. Et dans ces moments il est difficile d’être ouvert à l’autre et pour l’autre et donc de rester bienveillant, surtout lorsque son/sa partenaire est aussi fatigué(e). Lire la suite

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Le burn-out, l’épuisement professionnel et le harcèlement professionnel.

Le burn-out, l’épuisement professionnel et le harcèlement professionnel.

J’ai choisi un exemple glissant réel, il suivra le fil de l’article.

Commençons par un chiffre marquant, aujourd’hui ; 1 salarié sur 4 se sent harcelé au travail 

Célia a été touchée par un long épisode de dépression il y a 2 ans, elle avait alors 51 ans. Sa situation professionnelle a été bouleversée à cette période. Pourquoi ? Elle avait enfin trouvé un travail qui lui avait permis de s’épanouir au niveau du travail comme familial. Puis, sans crier garde, elle a commencé à ressentir un malaise, tous les jours plus intense, en se rendant sur son lieu de travail. En premier lieu, il lui a été difficile de comprendre exactement à quoi cela était dû, était-elle une mauvaise employée ? En tous les cas, c’est ce qu’elle a pensé durant de nombreux mois. Sa responsable ne cesse de lui demander des tâches qui n’incombent pas à son poste, qui se surajoutent à celles qu’elle doit accomplir habituellement, puis, elle lui reproche d’être bien trop longue. Lorsqu’elle rentre dans son bureau, les conversations s’interrompent brusquement. Célia a le sentiment d’être nulle, incompétente, et peu appréciée par sa responsable et son acolyte. Elle est de plus en plus fatiguée, plus souvent malade et commence à se renfermer sur elle-même à la maison, elle a honte d’elle-même.

Le harcèlement moral au travail est un phénomène dramatique qui touche bon nombre de salariés. Il est puni par la loi. L’article L1152-1 du Code du travail pose la définition du harcèlement moral : « Aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ».

Cela peut se traduire par divers types d’humiliations : publiques, des critiques injustifiées, une dévalorisation, l’isolation du salarié, le dénigrement, le refus d’adapter le poste au salarié.

N’oubliez jamais qu’en tant que salarié, vous n’êtes pas corvéable à merci et que vos droits méritent d’être respectés.

Tout d’abord, il convient de définir le burn-out comme le syndrôme d’épuisement professionnel

L’Organisation Mondiale le définit comme « un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d’incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail ».

Concrètement, comment cela se traduit-il ?

  • Un état de stress intense,
  • Une démotivation,
  • Le sentiment d’être incompétent et voué à l’échec,
  • Une fatigue chronique
  • Un affaiblisement des défenses immunitaires
  • La dépression, voire des idées suicidaires.

Cette liste n’est aucunement exhaustive mais recense quelques uns des principaux symptomes.

Les répercussions viennent jusqu’à empiéter dans le quotidien, l’ « après » travail.

Cela peut toucher malheureusement n’importe qui comme le révèlent les statistiques ci-dessus.

Revenons-en à Célia, une fois la source de son mal-être a été identifiée, elle a enfin été capable d’en parler.

Nous avons alors établi un plan d’action qui peut s’appliquer à toutes ces situations :

  1. Ne montrez aucune once d’agressivité ; cela pourrait vous nuire (et sachez que dans le milieu du travail, les murs ont des oreilles ! protégez vous !)
  2. Gardez des trâces : conservez les e-mails dégradants ou en inadéquation avec vos conditions de travail, notes, etc…. Ne ripostez pas de façon agressive. Il est important de répondre de façon neutre, cordiale et polie (« cette tâche ne relevant pas de mes fonctions, je transfère votre e-mail au service compétent, cordialement. » ou encore « je vous remercie, je prends notes de ceci » (pour les adeptes de l’ironie mais restez poli).
  3. Contactez des syndicats, ils seront un recours infiniment précieux .
  4. Demandez ensuite à rencontrer les RH avec le secours des syndicats.Préalablement, rédigez un courrier factuel. C’est ce que j’ai proposé à Célia, son premier courrier était long, bourré de jugements de valeurs, on y lisait un ramassis de reproches propre à son ressenti . Ce n’était bien évidemment pas acceptable ni recevable par les instances supérieures. Nous avons donc tout décortiqué pour en faire éclore les faits. Cela a été très long. Mais c’est une étape absolument nécessaire qui sera force de conviction face à un jury.  Il est interessant de vous faire relire par un proche qui ne connait pas votre environnement de travail afin qu’il puisse déceler les incohérences et ce qui relève du jugement ou non.Après de nombreuses heures, relectures et reformulations, nous avons réussi à retracer l’antériorité des difficultés ressenties par Célia, leurs causes. Nous l’avons fourni aux syndicats pour un regard extérieur
  5. Faites des oraux-blancs avec vos proches. Face aux RH, vous devrez présenter la situation à l’oral. Etant donné que c’est nécessairement quelque chose de très éprouvant, il est nécessaire de vous entrainer préalablement avec des proches. Pour Célia, cela a été une épreuve particulièrement difficile. Nous avons donc fait 6 oraux blancs. Durant le premier, j’y jouais la RH bienveillante. Toutefois, c’était bien la première fois qu’elle s’échinait à expliquer la situation oralement, dans l’ordre et hors des jugements. Sa voix a rapidement tremblé, puis je l’ai vu fondre en larmes. Après un thé, un peu de temps seule, elle a relu ses notes, puis, nous avons recommencé, c’était déjà moins difficile, mais je la sentais encore très émue (à juste titre). Ne sachant pas à quel type de jury elle ferait face, j’ai endossé plusieurs rôles : la RH neutre (très déstabilisant), la RH qui semble avoir un parti pris et trop occupée pour bien écouter, le « good-cop, bad-cop » avec un acolyte (durant lequel le « bad-cop » ne cessait de poser des questions pièges), etc… C’est un exercice important même s’il semble dérisoire, c’est ce qui vous permettra d’avancer la tête haute, avec un discours construit face à un jury. Faites-le avec des proches bienveillants, demandez à changer les approches afin d’être paré à toute situation. Célia a fini par être prête, elle a obtenu gain de cause face au jury. Son poste a été revalorisé, sa responsable a reçu un avertissement. Nous avons d’ailleurs réalisé que ce n’était pas la première fois que cela arrivait. Les langues se sont déliées par la suite. Par sa force d’affronter ce qui la touchait, elle a réussi à ouvrir une brèche et s’est enfin sentie soutenue par ses pairs, également cibles de ses attaques.
  6. Cela peut également trouver sa place devant un tribunal, auquel cas, recherchez un avocat spécialisé. Le courrier précédent et les oraux blancs ne pourront que vous aider, surtout face à un tribunal ou votre emploi sera examiné sous toutes ses coutures.

Votre vie au travail ne doit pas être un calvaire ! Pour cela, prenez soin de vous !

Si toutefois, vous en arrivez à  perdre le gout de votre emploi, des bilans de compétences sont possibles : Pôle emploi en propose (mais selon des quotas annuels), certains CIDFF pour les femmes, etc…

Ils peuvent d’ailleurs être financés par votre entreprise.

Prendre soin de soi, mais comment ? (bien sur, ces conseils sont à adapter à vos envies)

  • Ne vous isolez surtout pas dans ces situations là, vos proches sont votre filet et seront là pour vous autant que vous avez su l’être pour eux.
  • Accordez-vous des « récompenses »  lorsque vous avez fourni un gros effort ou que vous avez dû effectuer une tâche qui ne vous enchante pas (pour Célia, c’était à chaque fois qu’elle se retenait de riposter contre sa supérieure), cela peut être un bonbon, acheter un gel douche qui sent bon, un bon petit plat, … un petit plaisir en bref !
  • Un suivi psychologique peut également être un soutien tout au long du parcours
  • Abreuvez-vous de témoignages (ils sont nombreux sur internet notamment), nous connaissons tous quelqu’un qui en a été victime, et il est utile de partager les expériences, de pointer les dysfonctionnements ensemble, se conseiller mutuellement, aller de l’avant à deux. Vous n’êtes pas seuls et vous n’avez pas à vous battre seul. Il existe des groupes de parole qui peuvent apporter beaucoup.
  • Achetez un petit carnet, notez les dates et 3 choses dont vous avez été fiers dans la journée ou qui vous ont apporté un petit moment de bonheur . Cela peut être de petites phrases ou 3 mots. Relisez les 7 derniers jours en fin de semaine. Astreignez-vous à cette routine de manière régulière, l’effet ego-boost viendra 😉
  • Gardez confiance en vos compétences professionnelles, les « abuseurs » savent repérer leurs victimes, et rappelez-vous que l’on attaque que lorsque l’on se sent en danger !

A la fin de toute cette histoire, Célia, qui avait peur de devoir quitter son emploi et ne plus en retrouver du fait de son âge a pu relever la tête, retrouver confiance en elle progressivement. Elle est passé du statut de victime à gagnante, elle a su trouver des soutiens qui l’ont aidé à reprendre confiance en elle et lui ont donné la force de mener ce bras de fer.

Elle est aujourd’hui chef de service. Beau parcours n’est-ce pas ?

Andrea Soares, sociologue du travail souligne le fait que la victime de harcèlement psychologique est souvent une personne qui travaille avec efficacité, et dont les autres se sentent menacés (de par ses compétences), ce sont des individus d’une grande centralité au travail ! 

Il y a de quoi retrouver confiance en vos compétences non ?!

SOURCES

AMOTRACE, résultats intermédiaires sur les risques psychosociaux au travail, 2006 à 2007, sur 3000 personnes. Etude publié par l’INVS, mai 2007.

L’article L1152-1 du Code du travail

 Allocution de Catherine Le Galès-Camus de l’Organisation mondiale de la Santé. La santé est l’affaire de tous : les arguments économiques en faveur d’une bonne santé en milieu de travail, Conférence de Montréal, 1er juin 2005.

Sonia Lupien, neuropsychologue, est directrice scientifique du Centre de recherche Fernand-Seguin de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine (Montréal, Canada). Elle est aussi directrice et fondatrice du Centre d’études sur le stress humain.

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Faut-il conseiller ?

L’Homme est un « animal social ». En effet, « Aucune vie humaine, fût-ce la vie de l’ermite au désert, n’est possible sans un monde qui, directement ou indirectement témoigne de la présence d’autres êtres humains. » souligne Hannah Arendt.

De tous temps, les communautés humaines ont existé. L’anthropologue Levi Strauss démontera dans ses études que les Hommes ont toujours vécu dans des sociétés régies par des règles différentes à l’exception d’un grand interdit qu’il aura pu observer dans les diverses communautés : l’interdit de l’inceste (empêchant l’exogamie).

La tragique expérience de l’empereur Frederic II au XIIIème siècle démontre notre besoin de lien social. En effet, curieux de savoir quelle langue les enfants parleraient naturellement, ce dernier ordonna à des nourrices de s’occuper des besoins biologiques de 6 nouveaux nés. Malheureusement, bien loin du résultat escompté, ces derniers périrent.

Le contact social semble donc indissociable de toute vie humaine, à plus forte raison aujourd’hui dans cette époque où les normes sociales se délitent, les murs se dérigidifent et des modes de vie impensables il y a cinquante ans encore sont possibles, il est normal de se poser des questions, et vers qui se tourner si ce n’est vers nos proches pour des conseils ?

Cela m’amène à cette question :

Peut-on réellement conseiller un ami ?

L’expérience nous démontrera régulièrement que malgré de « bons conseils » prodigués à un ami, ce dernier n’aura pas suivi nos directives pourtant bienveillantes. Tout comme nous ne suivons pas forcément ceux que l’on nous demande.

Il convient de comprendre avant tout l’objet de la question :

Je pense a Olivia que j’ai rencontré en stage de professionnalisation. Elle me dit « je n’arrive pas à savoir si je dois quitter cette branche d’études » , à la question « pourquoi », je comprends au final qu’elle est en proie à certaines peurs : celle de décevoir ses parents, celle de ne pas réussir aussi bien dans un nouveau domaine, d’être rejetée par ses amis de classe.

Aujourd’hui, elle a changé de domaine de compétences pour aller vers là où son cœur balançait, diplômée.

« Il n’y a rien dont l’exécution est plus difficile ou la réussite plus douteuse ou le maniement plus dangereux que l’instauration d’un nouvel ordre des choses. » Machiavel.

Prendre une décision implique d’accepter un changement, d’en peser les retombées de divers types et de faire un pas en avant vers l’inconnu.

G.Bateson distingue cependant deux types de changements dans les systèmes humains : En premier lieu, celui qui  permet à un système de maintenir son équilibre par la mise en place de mesures correctrices d’adaptation, assurant ainsi sa permanence. Le second consiste en celui qui va amener à une modification de ce système.

Ainsi, les changements peuvent être effrayants, grisants, extraordinaires et demandent un temps de réflexion.

Cela implique donc une réflexion intime au regard des éléments extérieurs mais également internes à notre système de valeurs.

Toutefois, lorsque nous conseillons les autres, nous avons tendance à projeter nos référentiels de valeurs au regard des éléments que nous connaissons de la situation bien qu’il nous manque bon nombre d’éléments.

Parfois la meilleure manière d’aider un ami consiste à lui poser des questions pour l’aider à comprendre ce qui le pousse à s’interroger, ce qui le freine, pourquoi cela le freine, imaginer le pire cas de scénarios pour se rassurer sur la gravité ou non des faits, etc… Amener l’Autre à s’interroger est parfois le meilleur des cadeaux.

Il n’est pas exclus de donner votre avis, mais veillez à rassurer l’Autre sur le fait que votre avis n’engage que vous, au travers du prisme de votre être et votre intériorité.

Enfin, accompagnez le changement ou l’immobilité choisie, votre proche aura fait le choix qu’il juge le meilleur pour lui-même au moment T, quoi que l’on en pense. L’Autre peut se tromper, mais ne dit-on pas qu’il est parfois nécessaire de faire ses propres erreurs ?

Par ailleurs, nos choix sont en partie inconscients et celui qui le fait y trouvera des « bénéfices » primaires (soit la première motivation) et secondaires (qui ne constituent pas la motivation fondamentale). Il est bien le seul donc à pouvoir faire ses choix  Ainsi, soyez bienveillants, accompagnez le changement .

“Le secret du changement consiste à concentrer son énergie pour créer du nouveau, et non pas pour se battre contre l’ancien.”  

Dan Millman / Le Guerrier pacifique

 

SOURCES

SZONDI, L., de la psychologie du choix [article]

BRENNER, C., An elementary textbook of psychoanalysis, New-York : Oxford Uniersity Press

FREUD, S., Fragment d’une analyse d’hystérie : Dora (orig. 1905). Dans : Cinq psychanalyses, Paris,

Hannah Arendt, Condition de l’homme moderne

Claude LEVI-STRAUSS, Les Structures élémentaires de la Parenté,

BATESON G., vers une écologie de l’esprit

 

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L’argent, une notion de déséquilibre subjective

J’ai eu à accompagner un nombre croissant de personnes en grande difficulté financière. Cet accompagnement les a amené à s’interroger sur le sujet de l’argent et à comprendre qu’une seule approche comptable et technique ne saurait suffire à elle seule à appréhender les situations d’endettement voire de surendettement. Objet à la fois « le plus social et le plus intime », l’argent et la place que l’usager lui donne dépasse le simple registre économique. Jean Beaujouan, un psychologue et sociologue français a étudié l’argent comme objet social, et la relation entre l’individu et l’argent. Ses travaux m’ont permis de mieux analyser les différents comportements que les personnes pouvaient entretenir avec leur budget.

En effet, chacun possède des liens intimes et complexes avec l’argent, liens en partie inconscients et très chargés émotionnellement. Cette relation avec l’argent est influencée par l’histoire personnelle, les croyances, les valeurs mais aussi par l’éducation. En France, il est tellement difficile de parler d’argent -ça peut paraître impoli ou gênant- que pour certains couples surendettés, l’un des deux conjoints peut ne pas être informé de la situation financière du ménage (information tirée de plusieurs entretiens effectués sur mon stage). L’argent peut être source de conflits et donc de souffrances, ainsi il devient tabou. Mais il tient aussi une place centrale dans notre société. En psychanalyse on peut aller  jusqu’à dire que c’est un prolongement du « moi », que nous existons à travers l’argent que l’on possède.

L’argent est un objet social qui a une histoire, c’est un instrument d’échange indispensable entre les individus car il évalue la valeur marchande des choses, il paye et éteint une dette et il permet de stocker de la valeur (épargne). Aujourd’hui, chacun veut d’abord être un individu autonome ou indépendant, inventant librement sa propre trajectoire et à la recherche de son bonheur personnel. Dans une famille, le père n’est plus le seul à en disposer, chacun est autonome à la mesure de son indépendance financière.

« Vivre avec peu ou très peu d’argent, c’est être réduit à une vie restreinte, dans laquelle tout est plus difficile, dans laquelle les interdits sont presque partout : pas de sorties, pas de voyage, pas de voiture (ou alors en mauvais état), pas de beaux vêtements, un budget restreint pour le téléphone ou pour faire des cadeaux… » Pour équilibrer le budget familial, « il faut tout contrôler en permanence, se priver, alors que certains vivent avec plus d’aisance et parfois dans le superflu ». Selon ces témoignages on peut voir que le manque d’argent peut engendrer un statut stigmatisant et de l’humiliation sociale ou de l’exclusion sociale.

De plus dans la société de consommation dans laquelle nous évoluons : la place grandissante des banques, la multiplication et la sophistication de leurs offres de services, la publicité sur les prêts mais aussi la publicité dans les médias et dans des moments clés de l’année comme Noël ou la rentrée scolaire… tout cela pousse le consommateur à dépenser son argent pour exister.

Je me souviens d’un usager qui me disait: « si on juge ma fille car elle n’a pas de beaux vêtements c’est comme si on me jugeait moi aussi, je me sens comme incapable, je ne peux même pas offrir de beaux vêtements à mon enfant. » Le plaisir passe par le bien matériel. Aristote nommait cette relation à l’argent comme le chrématistique : « l’argent devient le Dieu unique, soit la valeur de référence suprême ». La société de consommation dans lequel évolue l’usager met en avant le besoin d’avoir toujours plus et mieux ce qui coute forcément de l’argent. L’argent est alors une monnaie d’échange afin d’accéder à des biens matériels que d’autres ont ou souhaitent avoir, ce qui permet aussi d’asseoir une position dans la société et de revendiquer un statut.

Ces raisons subjectives et sociétales peuvent contribuer au déséquilibre budgétaire de nombreux ménages, ce qui peut les pousser à recourir aux crédits à la consommation.

SOURCES

BEAUJOUAN Jean, L’argent et le lien social,https://www.jeanbeaujouan.fr/docs/L_argent_et_le_lien_social.pdf. 

KLEIN Jean Pierre, Les masques de l’argent, collection réponse, 1984

GILLES DOSTALER,  Aristote et le pouvoir corrosif de l’argent, alternatives économiques, 2009.

 

 

 

 

 

 

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Repérer les personnalités toxiques

Voilà un thème dont on parle de plus en plus et je trouve que c’est très bien, car les « personnalités toxiques » sont bien souvent un vrai poison dont on se débarrasse difficilement, le mieux reste donc de les éviter… mais pour cela encore faut-il les repérer. En règle générale, on a tous un 6ème sens, mais on ne l’écoute pas toujours et puis parfois on a pas envie non plus de rester sur la première impression.

Bon dans un premier temps, soyons honnête, on ne peut pas aimer tout le monde et être aimé par tout le monde non plus, et fort heureusement d’ailleurs. Donc outre les questions d’atomes crochus ou non, il existe réellement des personnes toxiques dans un spectre plus général qu’il vaut mieux éviter; et je les classerai dans trois grandes catégories:

  • les personnes toxiques involontairement et qui peuvent ne pas l’être ou qui le sont temporairement: par exemple les personnes pessimistes, ou qui ne vont pas bien et du coup leur simple compagnie  vous renvoie une image bien sombre de la vie et donc de vous-même.
  • les personnes toxiques volontairement mais qui peuvent ne pas l’être ou qui le sont temporairement: par exemple les manipulateurs qui ont besoin d’audimat car ça alimente leur ego fragile. Ces personnes n’auront donc aucun scrupule à vous poignarder dans le dos, ou à alimenter des ragots sur vous, vous jalouser, vous extorquer… le côté positif c’est que vous allez assez vite vous apercevoir de leur côté « antipathique ».
  • et enfin les personnes toxiques du style « pervers narcissiques », où cela découle d’une véritable construction psychique. Il vaut donc mieux les éviter car le pourcentage de chance de changement est aussi important que pour quelqu’un qui veut gagner à l’euromillion alors même qu’il n’y joue pas ! Et ce sont ceux-là les plus dangereux… en effet, ce sont souvent des personnes qui peuvent briller en société, de bons orateurs charismatiques , des personnes souvent très bien entourées et qui dès le départ vous proposeront de l’aide… sauf que cette aide sera très souvent transformée en message subliminal qui va s’immiscer en vous sans que vous vous en rendiez compte. En effet ce message sera la base de la relation, puisque cette aide marquera non pas un acte de pure gentillesse mais fixera toute la perversité et la toxicité future: « tu as besoin de moi, tu ne peux rien sans moi, tu ne vaux rien sans moi, tu dois me mériter » !  En effet, lorsqu’une relation commence avec ce  genre de graine, lorsqu’elle pousse -car soyez-en sûr, le pervers narcissique sait faire germer les graines avec patience- elle prendra la forme de: « j’ai de la chance qu’il/elle soit dans ma vie, car je ne sais pas ce qu’il/elle me trouve ; il/elle a raison de me dire ça, je dois l’écouter; il/elle a toujours raison… », car si le pervers narcissique vous aide ce n’est que pour vous mettre en confiance, recueillir les confidences et vous rendre dépendant de ses jugements. Il vous aspire alors sous son emprise et cela peut prendre des années avant de vous libérer de son poison; vous découvrirez derrière son armure doré un véritable masque sans humanité. Car pour le pervers narcissique, autrui n’est que l' »objet manquant »  de son désir inconscient. Autrement dit il a besoin de maltraiter autrui pour éviter de se maltraiter lui-même. Pour FREUD le narcissisme est l’investissement libidinal du Moi, ayant pour origine les toutes premières relations avec la mère. C’est donc dans la relation mère enfant, que le Moi s’est investi narcissiquement. L’énergie va ensuite investir d’autres objets extérieurs dont autrui et ce de différentes manières.

Ainsi voici les points à repérer pour éviter ou du moins étiquetter les personnes potentiellement toxiques pour soi:

1/ Cette personne parle t-elle des autres en ma présence et si oui comment? dans ce cas dites-vous qu’il est possible qu’elle parle de vous de cette façon avec d’autres.

2/ Lorsque vous n’êtes pas d’accord avec elle, a t-elle tendance à vous ridiculiser, à minimiser vos ressentis voire à vous humilier publiquement ? Et lorsqu’il vous arrive d’oser lui faire un reproche, même gentiment, a-t-elle toujours cette tendance à échanger les rôles et vous faire passer VOUS pour le « mauvais de l’histoire »?

3/ Vous sentez-vous toujours dans l’ombre de cette personne? Avez-vous la sensation que la relation est à « sens unique » comme si seul vous aviez besoin d’elle? Cette personne se confie-t-elle aussi à vous?

4/ Depuis que cette personne est dans votre entourage  a t-elle investi vos amis? vos proches? vous sentez-vous mise à l’écart de « votre propre vie »?  ou vous sentez-vous redevable de quelque chose?

5/ Vous sentez-vous bien physiquement en sa compagnie? Souvent on écoute pas assez les signes que notre corps nous envoie…

Si vous avez des questions ou un commentaire, ne pas hésiter à poster un commentaire ci-dessous. 

 

SOURCES

BOUCHOUX Jean Charles, Les pervers narcissiques, Eyrolles, 2009.

BILHERAN Ariane,  Soyez solaire ! Et libérez-vous des personnalités toxiques, Payot.

FREUD, Pour introduire le narcissisme, payot, 2012.

Jean-Edouard Grésy & Delphine Barrais, « Gérer les personnalités toxiques », ESF Editeur, 2015.

American Psychiatric Association, « DSN-IV-TR, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux », quatrième édition.

SCHIMT Laurent, La bal des ego, Bodil jacob, ed 2015.

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La communication bienveillante en 3 points !

Après avoir lu et relu, et avec mes expériences personnelles je résumerai la communication bienveillante en 3 petits et simples points. En effet avant de dire quelque chose à quelqu’un et particulièrement à une personne que vous aimez, je vous recommande de vous demander:

1 / Est-ce que ce que je vais dire est utile ?

Si oui, est-ce utile pour vous? ou pour votre interlocuteur? Car l’utilité est subjective, donc demandez-vous bien si ce que vous allez dire sera utile à votre interlocuteur et ce qu’il peut en faire de bien et donc quelle incidence positive cela aura sur lui. Si vous hésitez, alors posez-vous la deuxième question.

Cependant si vous estimez que c’est utile mais plus pour vous que pour votre interlocuteur alors aller voir le point n°3.

2/ Est-ce que je vais dire est gentil/ positif ?

En effet, quel est vraiment l’intérêt de dire quelque chose de négatif à quelqu’un tout en sachant que cela sera difficile et douloureux pour lui et que vous allez le vexer voire carrément le blesser. Cependant si vous avez répondu oui à la question précédente, et qu’il y a un intérêt à dire certaines choses alors je vous conseille de lire le point 3.

3/ Si ce que vous avez à dire est utile mais pas forcément gentil et/ ou positif, apprenez quand les dire et comment les dire.

Cela semble simple mais c’est pourtant le point le plus important et le plus délicat, et c’est là ou la communication bienveillante prend tout son sens. En médiation, il n’est pas rare de s’apercevoir que tout est une question de communication, et ô combien de fois j’ai trouvé dommage le mot de trop ou le mauvais timing ! Alors pour vous aider à trouver le moment et les bons mots il vous suffit de vous mettre à la place de l’autre, par exemple: auriez-vous vraiment envie qu’on vous dise que vous avez pas fait ou mal fait telle ou telle  tâche ménagère alors même que vous venez de rentrer du travail ou que les enfants crient? Personne c’est évident ! Alors prenez juste votre mal en patience pour que vos remarques soient écoutées et prises en considération. Cela sera d’autant plus bénéfique pour vous ainsi que pour votre interlocuteur.

En bref, si c’est ni utile, ni gentil, abstenez-vous ! Et si c’est utile mais désagréable mettez-vous à la place de l’autre et prenez le temps de trouver le bon moment et les bons mots. 

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Les menteurs: des signes qui en disent long…

Des signes qui en disent long…

Les relations humaines sont infiniment complexes. Parfois, elles le semblent bien davantage du fait que quelque chose dans la communication ne fonctionne pas comme d’accoutumée, la dynamique semble avoir changé au point qu’un malaise se créée. Et cela nous conduit à nous interroger sur notre interlocuteur : at-il quelque chose a cacher ?  Quoi qu’il en soit, on en a la certitude, l’on ne nous dit pas tout, il y a un je ne sais quoi de différent…

« À autrui ou à soi-même, en gestes ou en paroles, le mensonge simule le vrai afin de dissimuler le faux», précise Marcel Côté.

Le dissimulateur a besoin de l’imagination nécessaire à la création d’une histoire suffisamment crédible pour son auditoire, il lui est donc nécessaire de « connaître le réel et construire l’imaginaire». A ces fins, il créera un discours qui parait plausible vu sous divers angles afin de prévoir tous les coups du destin et ne pas se faire prendre à son propre jeu. L’on peut aussi y voir un sentiment que quelque chose est différent, notre interlocuteur perd l’appétit, on sent une tristesse dans sa voix, des sautes d’humeur, ou au final que rien n’est grave, tout est égal et rien n’a importance. Quelque chose a changé…

Pourquoi est-on mal à l’aise ?

Il y a quelque chose qui sonne faux, qui manque d’authenticité dans le discours. Il est parfois difficile de déceler le détail qui fait que l’on ressent cela, et pourtant, des études démontrent qu’en suivant ses instincts, l’être humain peut déceler 80% des mensonges de nos proches, en revanche s’il s’agit d’une personne moins proche, cela est moins évident. En effet, Le Docteur Lilian Gass, analyste comportementale et experte en langage corporel, qui a d’ailleurs collaboré avec le FBI exprime le fait qu’il n’est pas possible d’entrevoir facilement un signe de mensonge ou comportement inhabituel si l’on n’observe pas préalablement la manière dont la personne réagit de manière usuelle. Cela signifie qu’une personne en situation délicate sera amenée à réagir d’une façon différente.

Les déterminants les plus usuels d’une dissimulation sont généralement :

  • Un comportement inhabituel (un bonjour avec une autre intonation, un langage corporel différent etc…)
  • Une « surdose » d’informations
  • Une modification du discours sur certains détails (si la personne raconte son discours à quelqu’un d’autre)
  • Une difficulté énorme à raconter l’histoire à l’envers etc…

En revanche, nous ne sommes pas aussi aguerris en terme de détection de la « vérité ». En effet, notre propension à imaginer, interprêter, construire des récits est immense, et peut donc amener à une image erronée de ce qu’il se passe réellement et plus généralement à une détérioration de la communication.

Pourquoi interprete-on ?

Emile Durkheim définit la socialisation primaire comme l’un des déterminants de la construction identitaire. Elle se fait au cours de l’enfance et permet d’intérioriser les normes et codes de notre société par le biais de ce qui entoure de l’enfant (les parents, la nourrice, les « copains », la crèche, etc…). Ainsi, par ce prisme, l’enfant va forger son jugement du monde, des autres, etc… Cela lui permet de catégoriser les évènements, choses et personnes.

Tout au long de notre existence, ces repères évoluent au travers de la socialisation secondaire au travers de l’environnement (l’école, les études, les proches, ), notre prisme va s’affiner au travers de notre existence.

Cela permet à tout un chacun de s’intégrer au monde qui l’entoure, d’intégrer les règles de conduite, mais également de forger ses opinions.

Qui plus est, l’absence de jugement n’existe pas. Et cela nous pousse à intérprêter les évènements, comportements et choses qui nous entourent…

Nous avons vu dans les articles précédents que l’on ne ment pas pour blesser mais plus généralement pour protéger (des proches, son intériorité, …), éviter de blesser, proposer une meilleure image de nous-même. Mais il semble aussi que nous devons parfois nous abstenir de juger un changement d’attitude comme un mensonge, il peut s’agir d’un mal-être. Ces signaux qui nous renvoient le sentiment d’une attitude différente, d’un manque d’authenticité ne sont pas nécessairement synonymes d’une falsification de la réalité mais parfois simplement du besoin d’éluder un sujet en inventant une pirouette qui permettra d’en aborder un autre, de cacher quelque chose qui blesse,  mettre à distance quelque chose etc…

Il n’y a pas de réaction idéale bien évidemment.

Faut-il réagir ?

Mes formations d’assistantes sociales et de médiateur familial m’auront néanmoins appris que la communication est plus aisée lorsque l’émetteur se sent en sécurité, dans un cadre bienveillant et sait qu’il ne se sentira pas jugé par son auditoire.

Non. Vous n’avez pas besoin de tout savoir. Et si vous n’avez pas de lien particulier avec la personne face à vous, laissez-la avoir son jardin secret. En revanche, essayez de vous abstenir de juger ces signaux qui ne vous appartiennent pas. Après-tout, cela ne vous appartient pas.

Oui. Si votre interlocuteur est un proche ou quelqu’un d’important pour vous. Mais ne forcez en aucun cas le passage, chacun a le droit d’aller à son rythme, de digérer les choses à son rythme. Ouvrez une porte à la communication, il saura s’en saisir si besoin et le geste ne passera pas inaperçu.

La meilleure manière de comprendre ce qu’il se trame ne convient pas à projeter des scénarios sur notre ressenti, mais parfois juste d’essayer d’entamer le dialogue, de poser son ressenti our permettre le dialogue.

En tous les cas, restez bienveillant quelque soit le degré d’intimité.

SOURCES

Lilian Gass, The Body Language of Liars: From Little White Lies to Pathological Deception—How to See through the Fibs, Frauds, and Falsehoods People Tell You Every Day [Paperback – October 21, 2013

Emile Durkheim, education et sociologie

Lilian Gass, The Body Language of Liars: From Little White Lies to Pathological Deception—How to See through the Fibs, Frauds, and Falsehoods People Tell You Every Day [Paperback – October 21, 2013

Jean M. Sutter, Le mensonge chez l’enfant, Paris, PUF, 1956

Marcel Cote, «  Narcisse et la philosophie : Le paradoxe du mensonge à soi-même. » Mémoire de maitrise, Montreal, Université du Quebec, 1981

Frederic peucheret, du mensonge à l’aveu

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L’importance de la linguistique

E. BENVENISTE, en tant que grand spécialiste linguistique, met souvent en relief dans ses ouvrages les exigences de la linguistique afin d’éviter les confusions de la langue. Car si cette dernière est souvent étudiée et donc décortiquée c’est bel et bien avant tout parce qu’elle représente toute une identité nationale. Ainsi comme une société, elle est sans cesse en mouvance, évolue selon l’espace et le temps, au grès des cultures et des besoins de celle-ci. Mais elle reste invariablement solide et enracinée dans son histoire. De ce fait son « système fondamental » reste inchangé. Pour E. BENVENISTE, comme pour l’ensemble des linguistes la langue n’est pas qu’une activité sociale, elle est aussi une « grille devant le réel », car tous les savoirs extra-verbaux s’organisent avec la matière verbale qui ne peut pas être compactée, fermée ou définitive ; ce qui fait que la langue peut tout aussi bien être utile dans de nombreuses circonstances allant du discours politique au discours religieux en passant par les forums de politesse… Tout l’intérêt de la langue, et donc de son étude, est de comprendre les relations entre les hommes, que ce soit dans une même nation ou entre nations. La langue est alors un outil anthropologique. La difficulté reste donc de dépasser la relation binaire entre langue et société ou langue et discours, pour au contraire creuser la notion même de fonction symbolique dans le cryptage langagier. On se rend alors compte que la réalité et la cognition se mêlent toutes deux dans l’étude qu’est le langage. On se retrouve dès lors face à une implicature complexe certes mais qui permet dès lors une meilleure représentation du monde.

E. BENVENISTE a beaucoup étudié entre autres la nature du signe linguistique et les caractères différentiels du langage humain; par exemple la nature et les relations entre les verbes « être » et « avoir ». Derrière ces deux verbes les plus usités de la langue française, se cachent en réalité tout le panorama de notre société: « je suis » et « j’ai » sont les deux plus grands pouvoirs psychosociaux de l’humain.  Ainsi la façon dont on exprime les choses, sont très représentatives de la culture dans laquelle on vit. Par exemple, si on prend la phrase en français « tu me manques » et en anglais « i miss you », on voit aisément que ce n’est pas le même interlocuteur qui est mis en avant (en anglais l’idée part de soi, tandis qu’en français elle provient de l’autre). La langue est alors à part entière une composante primordiale de tout un héritage culturel. J.BILLIEZ dans la Revue européenne des migrations internationales (1985), met d’ailleurs en avant la langue comme un marqueur d’identité. Elle a d’ailleurs longuement étudié les relations qu’ont les jeunes d’origine algérienne vivant en France avec leur langue maternelle (l’arabe) et avec le français (langue du pays où ils vivent dorénavant). Elle a mis en avant cette sorte de bilinguisme qui leur permettait de forger une identité, comme si ne pouvant faire un choix, « par culpabilité ou malaise », le mixte des deux langues leur permettait ainsi de trouver une existence.

De façon générale, on dit d’ailleurs qu’une nation se définit par son territoire, son peuple mais aussi sa langue. La langue est bien souvent un élément de cohésion propice à l’émergence d’une nation, puisqu’en tant que langue de communication de l’élite, elle s’impose d’abord comme modèle de communication pour la nation en devenir, avant de devenir la norme en tant que langue commune. Amin Maalouf dans Identités meurtrières,  dit : « Chez tout être humain existe le besoin d’une langue identitaire ; celle-ci est parfois commune à des centaines de millions d’individus, et parfois quelques milliers seulement, peu importe ; à ce niveau, seul compte le sentiment d’appartenance. Chacun d’entre nous a besoin de ce lien identitaire puissant et rassurant». Ainsi parler une langue est un signe d’appartenance. Les codes sociaux font évoluer la langue, de nouveaux mots ou expressions apparaissent chaque année (par exemple par le biais des nouvelles technologies et des réseaux sociaux). Ainsi la langue est en mouvance certes, mais elle est comme on l’a déjà dit, bien enracinée. Comme la société qu’elle représente, elle la transcende et lui permet cette immuabilité si rassurante. En effet, le système même de la langue ne change pas, il n’est d’ailleurs jamais remis en question. Car cela permet à tous et toutes de se comprendre et ce malgré la différence d’âge, de genre, de croyances ou de culture… C’est bien donc par son système immuable que les langues permettent à tous les citoyens du monde de se faire comprendre et de comprendre l’autre. En effet, lorsqu’on décide d’apprendre une langue, le principe reste toujours le même; à savoir comprendre et être compris par des sons formant des mots (ou geste dans le cas de la langue des signes). De plus le langage fait de nous des êtres parlant et communiquant avec autrui, il nous permet d’exprimer nos pensées et nos sensations et par là de partager notre vie et rapport au monde. Le langage permet à chacun de nous d’avoir une place dans ce monde, une place unique qui nous identifie en tant que personne à part entière avec nos propres émotions et sensations.

On peut aussi aisément dire que c’est avec le rapport à l’autre que se crée le langage. Car c’est « entre les sensations et le chaos que se noue et se dénoue une des figures possibles du devoir des sensations et de l’émotion qu’elle marque ». Dès lors, le langage en permettant l’ouverture au monde, devient la clef de tout développement émotionnel, psychique, psychologique… Ainsi chacun d’entre nous évoluons avec et par le langage dans une culture donnée. De plus, c’est par le langage que chacun d’entre nous, pouvons suivre les effets de mode et du temps, car la langue s’actualise sans cesse. Si ce sont les hommes qui font évoluer la langue, cette dernière permet cependant de ne laisser « personne de côté ». En effet, nous sommes bien obligés de suivre les « nouvelles tendances » (nouveau vocabulaire, évolution orthographique ou linguistique) afin de continuer à comprendre le monde qui nous entoure.

Ainsi le langage en tant qu’actualisation sociale et communicationnelle, entretient des rapports significatifs avec la culture et donc en ce sens, la maîtrise de plusieurs langues est au service d’une formulation discursive de l’identité. Placer le bilinguisme dans le cadre du dialogisme, c’est donc aussi le considérer en relation directe avec le problème de la coexistence des modèles culturels au sein d’une société ou avec celui de la multiplicité intérieure de la personnalité, plutôt que d’en faire une question de pure linguistique. Le langage, par son partage, est alors une véritable éducation à l’altérité.

En conclusion on peut dire que certes le langage évolue et change avec et pour sa nation, mais c’est en permettant de créer une identité de groupe, qu’il permet d’une part de trouver une assise dans sa propre identité personnelle et donc d’autre part une sécure ouverture au monde. Car « la langue est une identité à travers les diversités individuelles. […] à la fois immanente à l’individu et transcendante à la société

Le langage porte alors toute l’humilité de ce monde,  car il est le vocable de tant d’émotions et de savoirs. Il n’existe d’ailleurs pas de meilleur médiateur que le langage, car il est pris entre l’espace et le temps ce qui lui permet une activité de symbolisation, « qu’aucune verbalisé ou verbosité ne peut épuiser ».

SOURCES

 A.DECROSSES, L’esprit de société: vers une anthropologie sociale du sens, Philosophie et langage, mardaga, 1993.

Emile Benvéniste, dans Problèmes de linguistique générale, 2 (1974, Paris Gallimard, pp.94-95) 

B. SALIGNON, Théories et cliniques psychanalytiques, master 2 psychanalyse, université de Montpellier.

Réflexions tenues par Tzvetan Todorov au cours des journées de travail qui se sont déroulées du 26 au 28 novembre 1981 à l’Université de Rabat

 

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La reconnaissance: vecteur de pouvoir au travail.

Selon la définition du dictionnaire Larousse, la reconnaissance c’est « l’action de reconnaître quelqu’un ou quelque chose », c’est-à-dire : « juger quelqu’un, quelque chose, les déterminer comme déjà connus à une date antérieure ». On peut alors transposer aisément cette définition dans l’environnement d’une personne dans ce cadre très particulier qu’est le travail. En effet la reconnaissance d’une personne dans son travail est le jugement que l’on va notamment porter sur celui-ci. Et il faut dire que là est bien toute la problématique actuelle. En effet, la demande de reconnaissance est devenue un vrai sujet d’actualité, car de plus en plus de personnes se disent être en mal de reconnaissance, ou du moins pas suffisamment reconnu dans son travail. Mais qu’est-ce qu’est vraiment le concept de reconnaissance? Car si cette dernière est devenue une composante si essentielle de la vie au travail, c’est avant tout car elle touche toutes les organisations, privées ou publiques et toutes les professions et ce quelque soit son statut hiérarchique. Chacun voit derrière la reconnaissance quelque chose de différent, ça peut être une revendication de salaire, de statut ou une demande de retour positif sur son travail… en bref, la reconnaissance semble réunir un ensemble de choses. Mais loin d’être un terme « fourre-tout », il s’agit plutôt de comprendre ce qui se cache derrière la notion de reconnaissance.

Pour DUGAS et RICOEUR, la reconnaissance est un concept complexe, polymorphe et polysémique et notamment en ce qui concerne le monde du travail car beaucoup de paramètres individuels et collectifs entrent en jeu (psychologiques, sociologiques, l’éducation, la culture de l’entreprise, les besoins identitaires de chacun…).

Selon Jean-Pierre BRUN, le concept de reconnaissance englobe quatre grandes dimensions.                                          La première est la reconnaissance-même de la personne, en tant qu’individu et donc avec tout le respect qu’elle mérite. C’est une « conception humaniste et existentielle ». La deuxième est une reconnaissance axée sur les résultats, c’est une approche comportementale et donc mesurable dans les faits; les résultats prennent souvent forme en prime salariale. La troisième se rapproche de la deuxième puisqu’il s’agit de reconnaitre les efforts de la personne. Elle prend donc en compte la motivation et l’engagement de la personne. La difficulté c’est que bien souvent la perception extérieure semble dérisoire face à l’investissement intérieur de la personne, ainsi les efforts investis ne sont pas toujours reconnus à leur juste valeur; ce qui peut amener à de vraies frustrations. Et enfin la quatrième dimension de la reconnaissance est la prise en compte des compétences. JP BRUN amène dès lors une « perspective éthique » avec une prise en compte de la « qualité des relations », des valeurs et des principes moraux qui guident l’organisation de travail. En effet, analyser les identités des organisations semble être indispensable quand on parle de reconnaissance au travail puisque la chaîne des approches de la reconnaissance est reliée aux pratiques et à la culture d’entreprise. Par exemple dans certaines organisations la reconnaissance pourra s’exprimer par un collectif de travail (syndicat qui défend les droits), ou par de simples collègues (fêter l’anniversaire de la personne) ou encore par la hiérarchie (avec des félicitations du travail effectué)… Il ne faut pas oublier que « la reconnaissance est d’abord une réaction constructive au sens où elle crée un lien à la fois personnalisé, spécifique et à court terme. Elle s’exprime dans les rapports humains au quotidien ».

Elle contribue également  à donner un sens au travail, en rehaussant l’estime de soi et en augmentant la motivation et la satisfaction. Finalement la reconnaissance est une sorte de pouvoir, car en la possédant on se sent plus sûr de soi et de son travail et nous semblons plus fort psychiquement. Un atout non négligeable dans le monde du travail où de nombreuses personnes l’investissent au point d’en faire un lieu essentiel aux liens sociaux et à leur quête identitaire. En effet, DEJOURS a mis en lumière le rôle de la reconnaissance dans la construction de l’identité professionnelle et personnelle.

Ainsi c’est en analysant et en mettant en exergue les identités en organisation que l’on est plus à-même de comprendre la façon dont la reconnaissance est perçue au sein de la structure du travail. Car chaque organisation a sa propre façon de fonctionner et donc de reconnaître les personnes qui y travaillent. Par exemple, point de syndicat dans une petite PME, peu voire pas d’opportunité salariale supplémentaire, mais une petite équipe qui permet à chacun d’entre eux de se connaître, de se reconnaître dans la complémentarité des compétences par exemple.

Il est alors parfois utile de se connaitre soi-même, savoir ce dont on a besoin comme style de reconnaissance et faire le parallèle avec l’entreprise dans laquelle on travaille afin de voir s’il y a compatibilité. A titre d’exemple, dans ma pratique professionnelle en qualité d’assistante sociale au travail, il n’est pas rare que certains salariés en mal de reconnaissance bloquent sur le salaire et donc le peu d’augmentations perçues. Mais au cours de l’entretien, en parlant avec eux, on se rend aisément compte qu’il suffirait d’une évaluation positive de leur travail de la part de la hiérarchie pour se sentir respecté. Ce non-dit est souvent créateur de tensions car l’incompréhension entre les DRH et les salariés entraîne un débat qui tourne le plus souvent autour de l’argent.

Cependant, on peut se demander pourquoi tant de personnes attendent d’une autre personne un retour sur leur travail? Pourquoi cette évaluation de nos savoir-faire est si importante ? Ne peut-on pas satisfaire notre propre besoin de reconnaissance soi-même sans attendre un retour d’autrui?

Car finalement la reconnaissance est avant tout un jugement posé sur la contribution de la personne, tant en matière de pratiques de travail que d’investissement personnel et de mobilisation. C’est « un jugement porté sur la pratique professionnelle des travailleurs (reconnaissance de la pratique de travail) ainsi que sur l’engagement personnel et la mobilisation collective (reconnaissance de l’investissement dans le travail) ».

Cependant les études de CROZIER et FRIEDBERG nous rappellent que rien n’est figé en ce qui concerne les identités dans une organisation car la reconnaissance peut très bien évoluer ou passer d’une personne à l’autre. D’ailleurs si le salarié attend une reconnaissance de la part de sa hiérarchie, n’oublions pas que le salarié peut aussi reconnaitre légitime ou non son responsable dans ses compétences. Ainsi ce pouvoir de jugement est ouvert à tous. Ce qui n’est pas sans conséquence sur la question de l’identité. D’ailleurs Renaud SAINSAULIEU a pu démontrer que les organisations produisaient des identités et pas seulement du pouvoir. « C’est parce que le travail organisé influence profondément les structures mentales et habitudes collectives que des identités peuvent être façonnées ! ». Sachant que l’identité est une source de pouvoir dans le prolongement de l’analyse des stratégies organisationnelles, ainsi on pourrait dire  que la reconnaissance donnée ou non à autrui est un véritable pouvoir, dont certains usent et abusent...

SOURCES 

BOURDIEU P. (2001), Langage et pouvoir symbolique, Ed. Fayard, Col. Points Seuil, 423 p.

CROZIER M, FRIEDBERG E, (1977), L’acteur et le système, Ed. Du Seuil, Col. Points, 500p.

DUPUY F. (2005), La fatigue des élites, le capitalisme et ses cadres, Ed. Du Seuil, Col. La République des idées, 95p.

LAFAYE C. (1996), Sociologie des organisations, Coll. 128, Ed. Nathan.

LINHART D. (2007), « Entre bureaucratie, service public et expertise professionnelle : les métiers de la fonction publique » in Métiers, identités professionnelles et genre, dirigé par Jean-Yves CAUSER, Roland PFEFFERKORN et Bernard WOEHL, Ed. L’Harmattan, Col. Logiques sociales, pp.209-231.

JP BRUN, La reconnaissance au travail, Sciences Humaines, Grands Dossiers n°12, automne 2008.

 JY CAUSER, “La domination dans le travail,  2016.

 

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Solitude, isolement social, sentiment de solitude : des distinctions nécessaires

En 2011, la Fondation de France démontre que 9% des Français, soit 4 millions de personnes, souffrent de grande solitude, ils n’entretiennent pas de relation familiale, professionnelle ou amicale, ni de relation de voisinage ou dans le cadre d’activités associatives. Cette mesure « objective » de la solitude est proche du ressenti de la population, puisque 11% des Français se décrivent comme « seuls ». Les personnes isolées ont tendance à culpabiliser: elles évoquent souvent leur incapacité à « intéresser » les autres. Par ailleurs, 80% d’entre elles déclarent être seules depuis longtemps.

La solitude  est un état ponctuel ou durable, général ou particulier. On peut parler de solitude en tant qu’état ponctuel (le fait d’être seul dans un autobus sur un trajet quelconque, par exemple) comme en tant qu’état durable, et, dans ce dernier cas, tout comme dans un domaine particulier (par exemple dans le domaine amoureux : « Elle vit seule », « Depuis un mois, il est seul »…). Sous quelque acception que ce soit, la solitude peut relever d’un choix ou d’une contrainte.

Sachant que le lien social est nécessaire à l’homme pour évoluer, la solitude peut avoir des conséquences. Surtout si dès l’enfance, l’individu n’a aucun contact social avec ses semblables. Sans aucun contact social ou affectif avec la société humaine, l’enfant ne se socialise pas (syndrome de l’enfant sauvage qui dans les cas extrêmes ne sait pas qui il est, ni d’où il vient…).

Un temps de solitude ou d’isolement en groupe ou individuel est parfois un élément des cérémonies d’initiation marquant le passage de l’enfance à l’âge adulte chez certains peuples dits « primitifs ». Les adolescents et adultes isolés ont des réactions pouvant différer selon leur psychisme et leurs expériences, selon la durée et selon le mode d’isolement et le contexte. On observe tous les cas de figure, depuis très peu de troubles, jusqu’à plusieurs problèmes possibles comme anxiété, angoisse, asthénie psychique, dépression, insomnie, etc…

L’isolement et la solitude étaient recherchés par les ermites et anachorètes, mais la privation sensorielle peut négativement affecter le psychisme. L’isolement est une punition lors de l’emprisonnement.

Néanmoins il faut distinguer la solitude du « sentiment de solitude », qui semble plus subjectif.

Pour Marie-France HIRIGOYEN, dans son livre Les nouvelles solitudes,  « ce n’est pas la solitude qui pose problème, ce sont les conséquences pratiques dans la vie quotidienne ». Pour elle, la notion de solitude est subjective, c’est un ressenti puisqu’il « y a des façons d’être seul à deux qui sont pires que d’être vraiment seul ». Tzvetan TOROROV disait : « Mais ce qu’il y a de plus douloureux, c’est de vivre au milieu des autres sans recevoir aucun signe ».

Antoinette Mayrat définit la solitude de deux façons: la solitude objective et la solitude subjective.

La solitude objective est un fait observable, c’est l’isolement qui est la privation de compagnie humaine, la mise hors du circuit social. Cette solitude est parfois choisie par la personne qui désire laisser son logement et se retirer dans une maison d’accueil, par exemple, mais elle est subie si la personne est forcée de se retirer dans un endroit qu’elle n’a pas choisi.

Tandis que la solitude subjective est un phénomène du vécu qui échappe à l’observation et au contrôle. Elle est de l’ordre du sensible. C’est un état d’âme ressenti sur un mode émotionnel. Ce sentiment peut être douloureux et angoissant pour la personne qui l’éprouve.

Plusieurs auteurs ont fait la différence entre un état d’isolement et le sentiment de solitude. L’état d’isolement correspond à la solitude objective, le sentiment de solitude à la solitude subjective. Un état d’isolement n’engendre pas nécessairement un sentiment de solitude. Celui-ci peut naître chez des personnes parfaitement bien entourées.

Selon Jacques Fessard, l’isolement social pose des problèmes réels, tant affectifs que matériels. L’auteur distingue deux isolements possibles :

  • l’isolement résidentiel (qui n’est pas en lien avec l’isolement social)
  • l’isolement social s’accroît auprès des personnes socio-économiquement faibles et agit alors de façon déprimante sur le moral. Ainsi, l’isolement social n’agit pas tout seul, mais, combiné à la personnalité ou à l’état psychophysiologique, il aboutit à un processus de désengagement de la personne face au système social.

SOURCES

DOLTO, Françoise. Solitude. Paris : Gallimard, 2001.678p, (Folio essais)

HANNOUN, Michel. Nos solitudes : Enquête sur un sentiment. Paris : Seuil, 1991. 281p, (L’épreuve des faits)

HIRIGOYEN, Marie-France. Les nouvelles solitudes. Paris : Marabout, 2009. 252p, (Poche Psychologie)

 

 

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Narcissisme et besoin d’être soi-même: à la conquête d’un mieux-être

La singularité renvoie l’idée de ce qui est unique. Certes génétiquement et psychiquement parlant, nous sommes tous uniques. Cependant la société actuelle demande à l’individu de se singulariser encore d’une autre manière: elle met en avant la liberté, c’est-à-dire l’autonomie, et ce dès l’enfance. F. DUPARC met d’ailleurs en avant le fait que c’est avec le schéma de la famille nucléaire (type famille anglo-américaine) que cette indépendance est devenue le moteur de notre société. Cela valorise donc les individus qui sont autonomes, que ce soit dans leur vie privée et/ou professionnelle. En effet autrefois dans les familles anglaises, l’enfant dès l’âge de 15 ans était placé dans une autre famille et oeuvrait en tant que domestique ou apprenti afin d’apprendre l’autonomie, valorisant ainsi les voyages, les déplacements ou les échanges familiaux. Pour TODD: « la famille va préparer les enfants à la liberté, le père est plus pour son fils un copain qu’une figure d’autorité. L’ensemble du groupe éducatif encourage les enfants à bien s’intégrer à leurs groupes de pairs et à s’émanciper de leur famille aussi vite que possible». Il semble donc important que chacun affirme sa propre liberté et ses propres valeurs. La séparation précoce des enfants du foyer familial et la liberté dans le couple sont encore aujourd’hui mis en avant. Il n’est d’ailleurs pas rare, dans notre culture, que l’on sépare le nourrisson de sa mère dès la naissance, ou qu’il soit mal vu de ne pas le faire dormir dans sa propre chambre dès le retour de la maternité, sous peine de s’entendre dire qu’on va le rendre « dépendant ».  C’est le reflet d’une idéologie libérale dominante, qui passe finalement beaucoup par l’image. On met dès lors en avant notre faculté à être indépendant les uns des autres tout en étant paradoxalement dépendants de leur regard. N’oublions pas que pour LACAN, les événements façonnent le sujet avant même toute origine organique. En effet cette fascination à l’égard de son image commence dès la naissance et puis avec le stade du miroir.  Cette étape « contient une valeur historique car elle marque un tournant décisif dans le développement intellectuel de l’enfant»  puisqu’il « représente une relation libidinale essentielle à l’image du corps», que ce soit le sien ou celui de l’autre. Le rapport à soi passe donc inévitablement par le rapport à l’autre, « désirer, ce n’est pas désirer l’autre, mais désirer le désir de l’autre». Cependant « l’individu qui veut exister dans la singularité de son être se découvre parfois vacillant dans un monde qui le soutient mal». Cette difficulté de l’individualisation entraîne de lourdes conséquences sur les thèmes qu’aborde FREUD dans son écrit Deuil et Mélancolie, tels que la relation à l’objet, le narcissisme, l’identification, tout en gardant comme schéma conceptuel le rapport entre le Moi, la Libido et l’Objet. En effet, si la société met en avant comme seule « réussite de vie » l’individualisme, la singularité, l’indépendance; les personnes n’étant pas en capacité de cette autonomie -que cela soit temporaire ou non- se sentent dès lors dépourvus de valeur. Car si l’individu rêve de vivre cette « spiritualité libératrice » c’est parce que la société lui assène dès le berceau ce modèle de vie comme seule représentation positive. Cependant M. DE KERMADEC affirme que cette sensation de totale liberté, qu’offre cette société,  accompagne souvent les patients qui viennent consulter à être paradoxalement écrasés par le poids de la responsabilité de ne pas arriver à y faire face. Il n’est donc pas rare lors des analyses, que le patient ait honte de souffrir. En plus de cette souffrance, il y a aussi un sentiment d’être incompris, qui provoque « chez certains une réclusion volontaire dans leur souffrance même ». « Au fur et à mesure que la société s’atomise et se mondialise, que s’accélèrent les mutations des structures sociales, les individus subissent les conséquences de la perte de leurs repères: société, moraux, spirituels. Dans le même temps, dans une sorte de paradoxe schizophrénique, cette même société leur enjoint d’être heureux malgré l’inquiétude légitime qu’ils peuvent ressentir face à ces bouleversements profonds». Cet affranchissement des impulsions, selon Vaz (1999), met en relief la place acquise de nos jours par la responsabilité. Ainsi, on culpabilise de souffrir, car nous n’avons aucune raison « objective », tout laissant penser à croire que nous avons le choix d’être heureux car nous avons la possibilité d’être nous-même; ainsi si nous ne le sommes pas c’est que nous ne le voulons certainement pas.

Aujourd’hui le bonheur serait donc devenu une obligation, il ne manque d’ailleurs pas d’ouvrages nous relatant comment gérer nos émotions, comment atteindre le bonheur, comment être soi, comment même savoir qui on est… Ainsi celui qui souffre attire forcément l’antipathie voire la suspicion de ne pas vouloir être heureux. « Le souffrant perturbe la doxa qui voudrait que la réussite matérielle et la jouissance immédiate des nouveaux biens de consommation soient nécessaires et suffisantes pour remplir nos vies et nous procurer le bonheur».

Cependant c’est bel et bien le renoncement au plaisir et la défense contre la pulsion qui ont pour motif l’angoisse face aux attaques extérieures. Ce qui relève surtout de la peur de perdre l’amour d’autrui, car lui seul protège vraiment des agressions qui constitue une vraie punition pour le surmoi. En effet, ne plus être aimé, être abandonné peut mener au souhait de sa propre mort; c’est en ce sens que l’amour est une sauvegarde pour le moi, pour qui il est effectivement vital de se sentir aimé du surmoi. « C’est ainsi, par exemple que le surmoi a une fonction protectrice importante dans la lutte contre la dépression ». C’est ainsi également que l’angoisse de mort se révèle bien comme étant une élaboration de la castration. GREEN disait d’ailleurs qu’il existe un lien très étroit entre le narcissisme et la dépression.

Le narcissisme tout comme l’individualisme « se berce d’illusions et d’autosuffisance, le moi faisant maintenant couple avec lui-même, à travers son image».  Car il est difficile de se passer de l’autre pour s’aimer soi-même, car l’autre nous renvoie l’image de nous-mêmes. On serait dès lors, comme le dit GREEN, « condamné à aimer autrui », ce qui comporte paradoxalement selon FREUD un appauvrissement narcissique. Pour LACAN, la théorie narcissique se rapproche de la théorie hégélienne: une lutte pour la mort sans la mort; soit une lutte pour le prestige. Tout serait donc lié à ce besoin narcissique très primaire d’être aimé, d’être regardé, et donc de correspondre à ce qui est valorisé dans la société. Certains auteurs comme CHEMAMA avancent même une hypothèse sous-jacente au malaise actuelle, celle de la « pathologie du narcissisme ». C’est-à-dire qu’il assigne le dépressif à l’impuissance, à l’ennui, au désinvestissement de l’autre et des réalités. Le vide qui le traverse le contraint à se présenter comme nul, inexistant, et incompétent. Et si l’inhibition est le fait cardinal de la dépression contemporaine (à la place de la classique « douleur morale »), on pourrait, avec Alain EHRENBERG, « signaler l’importance prise aujourd’hui dans la société par les impératifs prônant l’initiative individuelle (avoir un projet, passer un contrat, être autonome, montrer ses motivations) toujours en prise avec l’activisme économique libéral « au détriment » des valeurs collectives traditionnelles, certainement pas moins impératives, mais non liées aussi fermement à cette promotion de l’agir ». Un sentiment permanent de vide s’installe entre ce que nous sommes et ce que nous voulons être. « Si, d’un côté, l’actualité n’est pas coupable en tant que moteur de la production de la subjectivité, le vide subjectif apparaît aujourd’hui comme l’un des effets de l’excès lui-même. Dans un monde sans médiation, on est à la merci de la logique du « tout ou rien »». Ainsi la libération des interdictions ne signifie pas forcément la fin des pressions sociales. Car ce sentiment de vide, d’absence d’un sens plus large pour l’existence et le poids toujours présent de la performance, mènent à l’excès de surmoi présent dans l’activité de la pulsion de mort. Il est important de rappeler que « le surmoi n’a pas que la fonction d’interdiction chez Freud, mais contient aussi la face de l’excès ». En effet il n’intervient pas que dans l’interdiction de la jouissance, mais c’est aussi lui qui joue le rôle d’accommodateur vis-à-vis de l’excès. « Dans l’absence d’un idéal limitant la férocité du surmoi, celui-ci se présente sous sa face tyrannique, excessive, mortifère ». En effet pour FREUD, le surmoi dépend du complexe d’oedipe, il est donc lié à la pulsion (du sexe opposé si on reprend ce qu’est le complexe oedipien). Ainsi EHRENBERG pense que c’est le surmoi qui impacte cette dépression contemporaine: car le sujet se sent responsable de devoir toujours « revenir à soi-même, à partir d’une construction de soi qui doit s’accorder aux exigences de performance et de spectaculaire ». On voit donc apparaître une dépression de la « pathologie de la responsabilité », car le déprimé se sent en-dessous de l’entreprise de l’initiative individuelle et de la responsabilité, las de devoir, en permanence, « devenir lui-même », exprimant de la sorte un sentiment d’insuffisance.

Les individus sont désormais prétendument libres, nos impulsions étant vécues comme une problématique sujette à nos propres options et choix. Et « si l’individu se croit libre, c’est qu’il est inconscient des causes qui le déterminent». Cette pression à « devenir soi » afin d’être heureux, passe par l’idée qu’il n’est possible d’atteindre ce nirvana qu’en prenant ses distances avec le regard de l’autre, en affirmant sa singularité et donc son autonomie avant tout. Cependant une des dérives à l’idéologie de l’autonomie reste l’isolement: jamais nous n’avons autant vu de personnes mourir seules que dans nos sociétés dites « évoluées ». Un des exemples les plus dramatiques reste certainement le nombre de personnes âgées mourant dans leur maison, pendant les canicules. Un fait qui n’existe pas dans des sociétés plus communautaires et donc moins individuelles. La société nous enjoint à rentrer dans le modèle dominant et il semble de plus en plus difficile de s’y soustraire. Mais nous l’avons vu, cela a des conséquences, à la fois pour celui qui n’y arrive pas mais aussi pour celui qui ne se singularise pas comme « il le faudrait ».  Entrainant dès lors des conséquences sur la vie familiale, professionnelle, affective…

SOURCES

 LACAN Jacques, Le sujet (1949), par Bertrand Ogilvie, Puf, 1993.

 LACAN Jacques, Le mythe individuel du névrosé (1953), Seuil 2007.

 CAUSSE Jean-Daniel, extrait du cours sur l’Ethique du sujet et l’objet du manque, master psychanalyse Montpelier.

 EHRENBERG.A, La fatigue d’être soi, Paris, Odile Jacob, 1998

 DE KERMADEC Monique, L’adulte surdoué à la conquête du bonheur, ed Albon Michel, 2016.

 DUPARC François, Le mal des idéologies, Fil rouge Puf,  2014.

 GREEN André, Narcissisme de vie, narcissisme de mort, Les éditons minuit, 2007.

 LE GUEN Claude, Le refoulement, Que sais-je?, Presses universitaires de France, 1992.

 PLON Michel, ROUDINESCO Elisabeth, Dictionnaire de la psychanalyse, 3ème édition, Fayard, 2006.

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Le conformisme, une demande prégnante dans notre société

Selon EHRENBERG, la norme actuelle est d’inciter aux initiatives individuelles. Nous l’avons vu précédemment, l’exigence de l’indépendance et de devenir soi-même ont des conséquences qui peuvent être néfastes. En effet cette libération entraine le fait que nos vies ne se trouvent plus placées sous l’entière responsabilité du monde collectif, mais de nous-mêmes. « Si, auparavant, on avait la contrainte, par les interdits, on a désormais l’injonction de performance». Plutôt que de culpabiliser à cause de notre désir, nous nous reprochons de ne pas parvenir à atteindre notre idéal d’être. Mais cet idéal n’est là encore que soumis à nos propres représentations, liées elles à notre histoire personnelle, elle-même imbriquée dans une histoire collective (familiale, du pays, de la société…). Pour F. DUPARC, ce ne sont que des idéologies, au départ collectives puis qui deviennent individuelles, menant l’individu à les voir comme des buts à atteindre; avec l’idée que c’est le seul chemin possible vers l’épanouissement personnel.

Les idéologies sont des croyances collectives qui prennent leur source dans l’inconscient, dans la vision d’un monde idéal, « qui s’emploie à dégager des axes de perspectives, de jugements et d’actions pour l’individu dans la société à laquelle il appartient ». Elles prennent souvent racines dans les romans familiaux élaborés la plupart du temps sur des versions plus complexes de l’oedipe ou sur des désirs archaïques, des fantasmes originaires, proches de la théorie sexuelle infantile de FREUD. Les idéologies se voient volontiers dans la publicité par exemple: de simples images qui sont porteuses d’émotions, qui élèvent la dignité comme un symbole, qui marquent une direction ou un but à atteindre afin de valoriser l’individu. La télévision en est un parfait exemple puisqu’elle rassemble un grand nombre d’individus vers une même idéologie. Elle a ainsi une meilleure emprise sur l’angoisse, sur l’excitation, sur les pulsions de l’individu, sur les envies et les fantasmes, etc… Paul DENIS disait: « Non seulement l’image a un pouvoir, mais elle est un moyen de pouvoir, et souvent moyen du pouvoir ». François DUPARC explique que l’image au sens large est si « inscrite dans nos habitudes, notre façon de penser de concevoir le monde qui nous entoure, que nous ne sommes plus guère conscients des mécanismes par lesquelles elle agit sur nous, ni de ses rôles exacts, positifs et négatifs, pour notre fonctionnement psychique ». D’autant que pour FREUD les idéologies se fixent dans le surmoi, continuant ainsi à vivre pour toujours: « la tradition de la race et du peuple ne cède que lentement place au présent, aux modifications nouvelles». Ainsi le conformisme lié aux idéologies de la société a un rôle ambigu parfois négatif certes mais aussi parfois positif. En effet il n’est pas toujours synonyme de violence mortifère car il peut tout simplement aussi permettre à des mêmes sujets de partager les mêmes idées, les mêmes buts, les mêmes valeurs… Ce qui permet ainsi une certaine maîtrise de l’environnement et donc une réassurance narcissique. Pour F. DUPARC « l’emprise idéologique ne se met au service de la pulsion de mort que sous l’effet du traumatisme et des mauvaises rencontres avec l’objet, lorsque tout jeu est impossible et que la liaison psychique est débordée, lorsque seul reste au sujet l’élimination violente de la source du trauma pour conserver les conditions minimales de sa représentation du monde».  Ainsi la souffrance psychique prend également ses racines dans les conditions sociales que la société impose; FREUD dans Malaise dans la civilisation explique que l’origine de cette souffrance sociale est liée à « la déficience des dispositifs qui règlent les relations des hommes entre eux dans la famille, l’État et la société ». De plus, selon R. KAES, la possibilité même pour les individus de penser, de construire leur identité et de vivre en société repose sur des formes contractuelles du lien: se construire comme « je » implique le renoncement à la réalisation directe des buts pulsionnels. Car si on est enclins à renoncer à son plaisir immédiat, dans une société qui met en avant cette immédiateté, c’est en échange de quelque chose de bien plus important: la sécurité et l’affectivité d’un groupe. Ce besoin est si prioritaire, qu’aujourd’hui cette constitution d’un « nous » en arrive à se construire sur la base d’un rejet de l’autre en tant qu’être « trop différent ». En effet, certaines normes définissent les valeurs d’une société, et chacun doit s’y plier sous peine de punitions soit juridiques soit sociales. KAES rajoute que « la détérioration des contrats de base, l’exclusion, l’anomie, et la dé-symbolisation induisent une violence destructrice, parce qu’ « impensée » et impensable ». Une idée qui ne date pas d’hier puisque FREUD disait qu’autrui « joue toujours dans la vie de l’individu le rôle d’un modèle, d’un objet, d’un associé ou d’un adversaire» .

Cet effet de normalisation et donc de conformisme conscient ou inconscient est une idée que l’on retrouve également dans les recherches de G. LE BON sur ses théories concernant les foules. Dans son livre Psychologie des foules, il explique que, peu importent les individus qui composent une foule ainsi que leurs similitudes et leurs différences, il se crée par leur cohésion une « âme collective ». « Cette âme les fait sentir, penser et agir d’une façon tout à fait différente de celle dont sentirait et agirait chacun d’eux isolément. Certaines idées, certains sentiments ne surgissent et ne se transforment en actes que chez les individus en foule». Ainsi l’individu isolé ou en collectivité diffère dans son comportement et dans sa manière de penser de par des « mobiles cachés qui nous échappent », selon LE BON, mais aussi de par ce besoin inné d’imitation, selon LACAN . Permettant dès lors à l’individu, une fois plongé dans la masse, de se sentir plus fort, invincible, comme soutenu par ses pairs (tant qu’il reste dans la norme imposée), noyant ainsi sa lourde responsabilité individuelle; qui peut être trop pesante comme on l’a vu dans le chapitre précédant. La société sert l’individu dans l’acception de ses péchés de par la normalisation de ces derniers. Pour LE BON, « l’homme descend plusieurs degrés sur l’échelle de la civilisation » au sein d’une foule. Car si isolé, il le juge comme un être cultivé et capable d’une réflexion singulière; « en foule, c’est un instinctif, par conséquent un barbare ». Une idée également mise en avant par H. JUNG dans son ouvrage La guerre comme expérience intérieure : « la folie et le monde ne font qu’un ».

Cette particularité à l’imitation, ce besoin de conformisme va au-delà même de la simple invitation à agir ou à penser de la même façon que le reste du groupe. En effet, il s’opère au sein même de la sphère affective, c’est-à-dire les émotions. L. MAURY, dans son livre Les émotions de DARWIN à FREUD, écrit que les émotions ne sont qu’une fonction sociale, elles sont moins subjectives que collectives: « On pleure parfois pour paraître sensible à certaines expressions délicates et pour paraître éprouver toutes émotions », afin de se sentir comme tout le monde. Ainsi les pleurs, le sourire ou le rire sont une forme de langage par imitation. LACAN disait lui-même que l’identification affective commence dès le stade du miroir. Un fait que j’ai pu également observer en qualité d’assistante sociale lorsque certaines personnes me demandaient après le décès d’un être cher: « Pourquoi je n’arrive pas à pleurer? Tout le monde me regarde bizarrement, tout le monde attend que je pleure, mais je n’y arrive pas. C’est pas normal !». Ainsi toute digression à la norme, qu’elle soit affective, morale, physique… est alors pointée comme « anormale ». L’individu, bien que singulier, bien que poussé à l’indépendance, ne peut dépasser certaines frontières établies au risque de se sentir à la marge, repoussé voire même exclu par ses pairs qui lui apportent cette sécurité intérieure tant indispensable. Cependant, DURKHEIM rappelle qu’ « agir par crainte ou respect, ce n’est pas agir par imitation; mais que la contagion -et donc l’imitation- peut se faire sans consentement ».

De plus, la société donne à la personne, et ce dès la naissance, un statut, une sorte de reconnaissance d’existence et donc une valeur qui lui permet dès lors de se positionner en tant qu’individu et donc de rentrer en relation avec autrui; la perte de cet objet social, c’est la perte de son identité et donc son exclusion.  Selon J. FURTOS, les manifestations psychologiques de l’exclusion corrélative sont la perte de l’estime de soi, la honte, l’inhibition et le découragement. À l’extrême, lorsque tout est perdu (travail, habitat, famille…), il y a auto-exclusion et déni de la souffrance. Ainsi « dans la désaffiliation, la personne n’est plus maître de sa vie ni de son corps». Finalement on retrouve là encore la notion d’objet: le statut ou autrement dit l’existence même de l’individu. Car si cette identité est donnée par la société, alors celle-ci a aussi le pouvoir de la reprendre; une crainte inconsciente bien réelle poussant au conformisme. FREUD dans Psychologie des masses et analyse du moi, mettra un terme sur cet état de dépendance: « la misère psychologique des masses ». Il s’en inquiètera et mettra en avant « le danger que provoque l’identification des membres d’une société les uns aux autres», surtout si chacun n’arrive finalement pas à y trouver sa place.

Cependant, malgré les risques de ce conformisme imposé, la société démontre son besoin prégnant de former les esprits non pas pour les élever mais pour les contrôler. Une critique mis en avant par de nombreux chercheurs et notamment dans les sciences de l’éducation. V. CESPEDES en témoigne dans une interview: « Nous avons la jeunesse la plus dépressive d’Europe. Pourquoi ? Parce que notre société met l’obéissance au premier plan de ses valeurs. Dans une classe, les enfants devraient pouvoir se lever, bouger, contester… car lorsqu’elles sont intelligentes, argumentées, légitimes, toutes les désobéissances sont possibles. L’école devrait être ce lieu où l’on peut expliquer pourquoi on refuse d’appliquer un règlement, une consigne…». Il est vrai que notre système éducatif français est un parfait exemple de conditionnement à l’obéissance et donc au conformisme: la classification et la notation des élèves, les programmes scolaires rigides, la pédagogie au service non pas de l’élève mais de l’apprentissage… Selon Bernard PECHBERTY, l’éducation impacte durement les conflits psychiques des enfants, avec inhibitions intellectuelles ou relationnelles précoces. Dès lors l’enfant « apparaît d’emblée divisé par un inconscient source de création ou de névrose, dans sa rencontre avec les adultes éducateurs ». Tout ceci participe inévitablement à donner un statut précoce à l’adulte en devenir et donc un rôle dans la société dont il aura du mal à s’affranchir.

Cependant, l’école n’est pas le seul facteur modelant l’esprit; il y a  également la cellule familiale. Selon FREUD, « le surmoi de l’enfant ne s’édifie pas en fait d’après le modèle des parents mais d’après le surmoi parental; il se remplit du même contenu, qui devient porteur de la tradition, de toutes les valeurs à l’épreuve du temps, perpétués de cette manière de génération en génération». Ce qui nous renvoie à l’idée déjà annoncée dans le chapitre précédant: le déclin de l’imago du père avec toutes les modifications familiales actuelles. Pour François DUPARC, l’image du père se voit dépossédée de son influence au profit de la séduction de l’instant et de la liberté. Ainsi la perte de l’autorité traditionnelle patriarcale n’est pas forcément un mal pour ceux qui aiment cet esprit d’initiative et de liberté d’expression. Mais cela devient un vrai handicap lorsque l’individu ainsi libéré -peut-être trop tôt- devient incapable de créer des liens durables, n’arrivant même plus à faire des choix par lui-même sur le long terme, car ne sachant ni établir ni maintenir une autorité interne. L’apprentissage devient alors une contrainte, le seul héritage qui compte devient l’instant présent. Et le risque étant donc un retour au puritanisme autoritaire, se confrontant dès lors à notre libéralisme actuel. Mais ceci est-il vraiment la préoccupation de la société? Le doit-elle ? Car comme l’exprime DURKHEIM: « Chaque société est prédisposée à fournir un contingent de morts volontaires car l’homme n’est qu’un instrument entre les mains de la société ». La société n’est finalement que la constitution d’un ensemble d’humains, mais elle n’est pas pourvue elle-même d’une conscience propre et donc d’humanité.

 

SOURCES

EHRENBER.A, La fatigue d’être soi, Paris, Odile Jacob, 1998

 DUPARC François, Le mal des idéologies, Fil rouge Puf,  2014.

DURKHEIM Emile, Le suicide, Puf,  édition 2013.

 FREUD Sigmund, Le moi et le ça (1920), publié dans l’ouvrage Essais de psychanalyse, Payot, 1968.

 FREUD Sigmund, Psychologie des masses et analyse du moi (1920) dans Essais de psychanalyse, Payot, 2001.

 FREUD Sigmund, Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse, Folio, 1989.

 LACAN Jacques, Le sujet (1949), par Bertrand Ogilvie, Puf, 1993.

 LE BON, Psychologie des foules, puf , 2013.

 KAES, Violence familiale, transgénérationnel et pacte dénégatif, Le Divan familial 1/2007 (N° 18 ) 

 MAURY.L, Les émotions de DARWIN à FREUD, Puf, 1993.

 PAUL Jacques, « Souffrance psychique et souffrance sociale », Pensée plurielle 2/2004 (no 8)

 PECHBERTY Bernard, Apports actuels de la psychanalyse à l’éducation et l’enseignement : un éclairage fécond, Ela. Études de linguistique appliquée 2003/3 (no 131)

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L’estime de soi, la motivation et la réussite

Je partage avec vous une partie d’un sujet de mémoire que j’ai pu effectuer lors de mes études en psychologie. Je me suis beaucoup intéressée au milieu professionnel et notamment à la réussite ou non des autoentrepreneurs.
Si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à me laisser un commentaire à la fin pour continuer l’échange.

Est-ce que l’estime de soi et la motivation s’ influencent dans le cadre de la réussite d’un projet ?

Pour tenter d’y répondre je me suis basée sur plusieurs théories :

  • La théorie des attributions causales de Weiner: selon son ouvrage « The Psychologie of Interpersonnel Relations » (1958),  les éléments qui conduisent à l’action sont regroupés selon qu’ils représentent des forces personnelles ou des forces environnementales. Les forces personnelles incluent l’habileté et la motivation (l’intention et l’effort). Ainsi la motivation serait un facteur de réussite, théorie appuyée par P.Bouchard dans son livre « Annual Review of psychology » (2000) en ce qui concerne la réussite scolaire, ou par Vallerand et Thill dans « Introduction au concept de motivation » (1993) pour la réussite dans le milieu professionnel.
  • Les croyances sur soi, à savoir la perception de compétences et le sentiment d’auto-efficacité de Bandura. Cette théorie me permettra avant la réalisation d’une tâche de savoir comment mon maitre de stage appréhende son degré de certitude sur la réussite et son évaluation des capacités à accomplir son travail. Car selon Bandura, le sentiment d’auto efficacité (SAE) est défini comme « les jugements d’une personne concernant ses capacités à organiser et exécuter des actions pour atteindre des niveaux définis de performance ». Ce concept de sentiment d’efficacité personnelle a été utilisé dans l’étude de la régulation de la motivation dans des tâches de résolution de problèmes et d’apprentissages. Pour Bandura, le SAE résulte de processus attributifs : « un succès est plus susceptible d’augmenter le SAE si les performances sont perçues comme résultant des aptitudes plutôt que des aides externes ; un succès obtenu avec un effort minimal sous-entend des attributions à l’aptitude qui renforcent un SAE positif… alors qu’un échec perçu comme le produit de causes internes et stables affaiblit le SAE » (Bandura, 1977).

Ainsi mon étude psychologique s’intéressait à la fois à la composante expectative de la motivation en invoquant les croyances du sujet (ici de mon maître de stage) concernant ses possibilités et ses compétences pour exécuter une tâche ou contrôler ses performances (théorie du Sentiment d’Auto-Efficacité de Bandura et théorie des attributions de Weiner, 1979, 1985).

Ma recherche et mes expériences professionnelles m’ont permises de me rendre compte que la réussite d’un projet dépend de beaucoup de choses, d’une part personnelles certes (estime de soi, motivation…) mais d’autre part environnementales (la chance, l’entourage…). De plus, l’estime de soi ne favorise pas forcement la motivation. Mais ce quelle relève c’est que la satisfaction de son travail a un impact sur l’estime que l’on a de soi et donc favorise de futures réussites. Quant à la motivation, même si elle est importante dans la réussite d’un projet, elle n’est en aucun cas indispensable !

SOURCES

BANDURA, A. (1977). Self-efficacy : toward a unifing theory of behavioral change. psychological Review. 

CHANNOUF, A. & ROUAN, G. (2002) Emotions et cognitions, Neurosciences et cognition, De Boeck Supérieur. 

FENOUILLET, F. – (1996) Motivation et découragement, in A. Lieury et coll., Manuel de psychologie de l’éducation et de la formation (chapitre 10), Paris, dunod.Försterling.

KANDEL L. (1972) Réflexions sur l’usage de l’entretien, notamment non directif et sur les études d’opinion. Epistémologie scientifique.

MUCHIELLI, R. (1993). Le questionnaire dans l’enquête psycho-sociale. Collection formation Permanente en Sciences Humaines, ESF. 

NORIMATSU, H. & PIGEM, N. (2008) Les techniques d’observation en sciences humaines. Paris : Armand Colin. 

NURMI, J.E. (1998). Le rôle des stratégies d’attributions causales dans les difficultés d’insertion scolaire ou professionnelle rencontrées par les jeunes. L’orientation scolaire et Professionnelle.

 

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