Notre végé-out, ou comment parler salade?

Notre végé-out, ou comment parler salade?

Cela fait maintenant plus de 5ans que nous ne mangeons plus d’animaux, ni de la Terre ni de la Mer.

Notre histoire avec lé végéta*isme n’a pas tout à fait commencé de la même manière, au sein de notre couple. Pour elle, le goût de la viande a toujours été une épreuve à affronter, vaillamment, et son déclic s’est produit devant un porcinet fièrement mis en avant dans l’émission MasterChef. Lui, il a du probablement être carnivore dans une autre vie mais a décidé – du jour au lendemain – de décréter la VeganPowerMania ! Mais au final, qu’importe, notre histoire commence comme pour beaucoup avec tout un tas de questions: Un animal est-il un objet? A-t-il des ressentis, des émotions? Quelle raison peut-elle être assez importante pour que nous, habitants de notre chère métropole française, puissions se permettre de (faire) tuer un animal? Se priver totalement de chair animale peut-il entraîner des carences? Si la réponse est oui, vers quel type d’alimentation se tourner afin de respecter autant que faire se peut la vie animale? Si la réponse est non, est-ce que mon « plaisir gustatif » peut justifier d’ôter la vie à un être qui ne peut pas – de principe – m’appartenir? Ce cheminement prend du temps, et nécessite une bonne dose d’introspection ainsi qu’une certaine mise à distance de son histoire pas forcément toujours évidente lorsque dans votre entourage personne n’est végéta*ien/ne, que vous avez été éduqué au goût des « bonnes choses » et qu’un changement dans ce domaine apparaît souvent comme radical.

Pas facile de remettre en question tout ce que l’on nous a appris, à commencer par l’équilibre alimentaire! On s’est – forcément – questionnés sur cette question de la santé; c’était d’ailleurs le sujet qui revenait le plus souvent sur la table avec nos proches – ou moins proches -, mais ça, on y reviendra plus tard.
On a donc cherché des réponses, trouvé tant bien que mal des travaux non financés par l’industrie agro-alimentaire (c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin, j’vous le dis!), on s’est enquiquinés pendant des jours et des semaines afin de comprendre comment fonctionnait l’assimilation des acides aminés, du fer, de la ô célèbre vitamine B12 et – enfin – comment s’y prendre pour équilibrer autrement nos repas. On a tenté, on est tombés, on s’est relevés. Comme dirait l’autre, veni vidi vici ! Et très rapidement, on s’est sentis soulagés, comme libérés, d’avoir pris cette décision: c’est bon, c’est officiel, on est végé ! 😀

Bon, ok, au départ il a bien fallu que notre palais s’habitue à de nouvelles saveurs, voire textures. Et on vous avoue très honnêtement que les premières expériences avec le tofu version plastique reconditionné ne nous ont pas convaincu; on a alors béni de tout notre coeur les similis, qui nous ont permis de passer la transition en douceur (saucisses de soja, merguez de légumes, nuggets de pommes de terre, fromages végétaux… merci à vous!).

 

Mais le plus difficile fut… et de loin… de réaliser notre végé-out !

Car oui, parler végétarisme avec certains omnivores c’est un peu comme montrer au coyote une photo de Bip bip au pied d’une falaise: direct, ça agace ! C’en est parfois à se demander si un jour ils n’ont pas été attaqués vicieusement par une salade, ou si une carotte ne s’est pas – par inadvertance diront-ils – logée dans un endroit où il ne fallait pas… Car il faut bien le dire, nos premiers repas avec nos familles et amis ont été tout au moins désagréables, même si tu fais tout ce que tu peux pour que ce sujet n’arrive pas au centre de la table. Il y a bien sûr les diverses interrogations – avec souvent la réponse attendue intégrée au sein même de la question – sur la santé, certes teintées d’inquiétude mais trop souvent arrosées de moqueries sur la pâleur supposée de nos visages, de notre maigreur à venir ou encore des bruits d’animaux imités en soulevant les assiettes remplies de viande. En plat principal, on nous avait servi les terribles souffrances vécues par les patates – d’humeur taquine, on aurait alors pu se demander pourquoi ils en mangeaient eux-même, face à une cruauté manifestement insoutenable? -, avec ses accompagnements « vous vous priverez de tous les plaisirs« , la révélation « vous finirez bien par mourir de quelque chose » et la minute scientifique « les muscles se nourrissent de muscles » (et les cheveux de cheveux?!). En guise de dessert, de digestif ou de bonus c’est selon, on toise votre assiette… « tu manges de l’herbe en fait, tu vas mourir de faim » avec foule d’anecdotes que tu n’as pas forcément envie d’entendre en tant que végéta*ien, à savoir les recettes imparables pour ne pas manquer son foie gras maison, comment on s’y prend pour tuer la poule de sa tante  ou encore comment un steak bien saignant, ça peut être vachement bon.

Un bon conseil: dans les premiers temps de votre végé-out – si jamais vous êtes sur ce chemin vous aussi – faites tout ce que vous pouvez pour éviter les virus. Car manifestement, la viande, ça immunise mieux^^

Petit récapitulatif du dico végétal:
  • végétarien: ne mange pas de chair animale (ni viande ni poisson).
  • végétalien: en sus, ne mange aucun produit issu d’une exploitation animale (ni lait, ni miel, ni oeuf)
  • vegan: en sur-sus, les autres sphères de son quotidien sont exemptes de produits issus d’une quelconque exploitation animale (ni cuir, ni laine, ni…)

 

Aujourd’hui nous continuons de cheminer dans nos réflexions, nous avons enlevé nos étiquettes quelqu’elles soient, et nous tentons dans ce monde de faire au mieux avec nos convictions. On n’est pas parfaits, on essaye pas de l’être, on évolue simplement sur notre chemin à nous, souvent pas exactement sur le même d’ailleurs. Sans jugement aucun, dans la tolérance et la bienveillance de l’autre.

Pour finir cet article, voici une petite vidéo sur le dilemme éthique (aucune image choquante!) :
https://www.youtube.com/watch?v=OpKjq8AJgNo 

 

 

 

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