Qu’est-ce qu’une pulsion ?

Qu’est-ce qu’une pulsion ?

La pulsion est la représentation psychique d’une source de stimulations endosomatiques (interne au corps), contrairement aux excitations extérieures. C’est parce que l’excitation pulsionnelle ne vient pas du monde extérieur que la fuite est d’ailleurs impossible. La pulsion, loin d’être instinctive car non reliée à la survie pure, dépend avant tout du corps (besoins primaires).Finalement on pourrait dire que la pulsion est une énergie qui relie le corps à l’esprit, poussant ensemble dans la même direction afin de satisfaire leurs désirs. Selon FREUD, ce principe de plaisir/déplaisir, est le propre même de l’Homme. Il va dès lors utiliser les termes d’Eros et de Thanatos afin de nommer la pulsion de vie et la pulsion de mort qui nous habitent tous.

L’Homme est dès lors un être pulsionnel à la quête sans fin de désirs. La fuite ne sert donc à rien, puisque le « moi ne peut s’échapper à lui-même ». La pulsion est une force continue, tel un quantum d’énergie qui pousse inexorablement vers une direction déterminée. Elle se définit selon quatre termes: la poussée de cette pulsion, son but, son objet et sa source. Il faut savoir que la pulsion n’est jamais consciente, elle est soit inconsciente soit refoulée. Soit elle devient dès lors un affect, soit elle est réprimée. L’objet de ces désirs peut être une chose autant qu’une personne, mais toujours dans la représentation que la personne s’en fait et non pas de ce qu’elle est. L’objet peut également être interne à son propre corps. LACAN parlera d’objet a pour parler d’objet de désir. Cet objet peut assouvir plusieurs désirs pas nécessairement liés. Et la pulsion n’est peut-être même pas à la quête d’assouvir son désir, comme le pensait FREUD. Le psychanalyste écossais William R.D FAIRBAIRN mit en exergue le besoin non pas de satisfaction de la pulsion à l’objet, mais de la recherche même du rapport à l’objet, d’où les répétitions pathologiques dans de nombreuses névroses.

Il existe plusieurs pulsions, celles provenant de la libido soit autrement dit la pulsion de vie qui anime l’Homme (Eros), mais aussi celles provenant de son pendant qui serait l’explication même de toutes les atrocités humaines: la pulsion de mort autrement appelée Thanatos.
Avant tout il faut savoir qu’il a été souvent reproché à FREUD ce terme de libido, c’est cependant dans un de ses ouvrages qu’il s’en défendra et s’expliquera clairement sur la définition propre qu’il faut comprendre: « Le terme libido, qui en latin signifie « envie, désir», désigne en psychanalyse la force avec laquelle se manifeste la pulsion sexuelle: c’est l’énergie, soit une grandeur quantitative quoique non mesurable, qui est liée à titre essentiel à la sexualité et qui a affaire avec tout ce que nous désignons sous le nom d’amour». Il n’y a donc rien dans cet érotisme que celui qu’on veut bien lui prêter dans une idée lubrique orgasmique.

Ainsi, Eros ou la pulsion de vie est essentiellement animé par l’amour, selon la théorie de l’affectivité cela comporte certes l’amour sexuel mais aussi: « l’amour de soi-même, l’amour qu’on éprouve pour les parents et les enfants, l’amitié, l’amour des hommes en général, … ou l’attachement à des objets concrets et à des idées abstraites ». Ce qui explique pourquoi ces pulsions de vie ont été rattaché à Eros, le Dieu de l’amour. De plus elles ont pour but de conserver les unités vitales de l’organisme mais aussi de constituer à partir de celles-ci des unités plus enveloppantes. Ce qui pousse l’espèce à sa reproduction et donc à sa survie même. Les pulsions de vie ont ce but sacré de produire ou d’améliorer les comportements humains. Elles organisent le vivant pour former « des unités de plus en plus vastes, à l’encontre des pulsions de mort (Thanatos) qui entraînent le vivant vers la désorganisation et l’inorganique». On pourrait alors penser que la pulsion de vie et la pulsion de mort sont contradictoires mais il n’en est rien, car toutes deux sont dans ce besoin non pas d’assouvir un désir à tout prix, mais surtout et avant tout de diminuer l’état de tension jusqu’à abolir toute tension. Cette abolition mène inexorablement l’organisme à chercher avant tout son auto-conservation, soit son état antérieur à la stimulation. Et l’état le plus serein reste son état initial c’est à dire sa non-existance. Autrement dit, tout organisme se pousse inexorablement vers sa propre fin, Eros ne serait donc qu’une vaine tentative pour repousser toujours un peu plus un état inévitable (sauf dans l’inconscient lui-même, seule entité qui se pense immortelle). La pulsion de mort, introduite par FREUD dans Au-delà du principe de plaisir, en 1920, ne répond finalement qu’au but même de tout vivant: la mort. Cependant Thanatos a, pour Françoise DOLTO, deux rôles spécifiques – au-delà même de pousser vers la mort. Le premier rôle est au service de la vie quand « les images du corps atteignent leur plein épanouissement symbolique». Et le second permet d’entraver la structuration même du sujet dans sa phase archaïque, « menaçant l’entrée dans le langage, ou inhibitrice du développement psychique du sujet en ne permettant pas aux pulsions partielles de se génitaliser» .

Il serait donc très vulgaire de résumer chaque pulsion à son nom propre – soit celle qui pousse à vivre et celle qui pousse à mourir. Puisque dans les faits, les deux plus complexes sont inévitablement et d’une certaine façon « vitales » au moi et pour son auto-conservation. D’ailleurs FREUD explique que pulsions de vie et de mort se lient, se mélangent, formant un alliage présentant un certain dosage de chacune.

Ainsi donc si Eros et Thanatos ne sont pas tant en contradiction qu’imbriqués, il serait dès lors intéressant d’élargir la vision de la pulsion telle que l’a pensé FREUD. En effet, pour LACAN, dans Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, les pulsions ne se cantonnent pas à la simple division de vie et de mort. Pour lui il est essentiel de prendre en considération que chaque pulsion possède sa propre logique structurelle et donc ses propres fonctions qui sont autant positives que négatives, tel qu’on le retrouve dans les pulsions orales, anales, scopiques…Selon FREUD « la pulsion de mort travaille en silence sous la clameur d’Eros qui couvre le bruit assourdi de son action délétère» . Ainsi comme le souligne André GREEN, dans Narcissisme de vie, narcissisme de mort, la lutte entre Eros et Thanatos parait inégale car la mort l’emporte toujours puisque l’Homme succombe toujours, soit à ses conflits internes, soit s’éteint par le monde extérieur .

 

SOURCES

ABRIEL, Fédération Professionnelle de Psychanalyse, Le refoulement, 2014, http:// www.psychanalyse.fr/fr/dico-psy/refoulement_139

FREUD Sigmund, Métapsychologie, Puf, 2010.

FREUD Sigmund, Trois essais sur la théorie de la sexualité (1921), Payot et Rivage, 2014.

FREUD Sigmund, Psychologie collective et analyse du moi (1921), Puf, 2010.

LACAN Jacques, Séminaire X, L’angoisse, Seuil, 2004.

LACAN Jacques, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse (1973), Le Séminaire livre XI, Essai, 2014.

MARION D, Mémoire « Savoir et affect : pour une économie du non-savoir ». Littératures. Université de Montréal, 2010.

MANIER Colette, Les pulsions de mort, site de Françoise DOLTO, 2015, http:// www.dolto.fr/apports-theoriques-pulsions-de-mort.html, (consulté en juillet 2016).

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