Le masque social – commencement des relations de pouvoirs…

Le masque social – commencement des relations de pouvoirs…

On porte tous un masque social, parfois bien lourd à porter, parfois imposé; parfois on ne s’en rend même plus compte, et on se noie dans une tentative de conformité presque pathétique, au détriment de la quête de soi.

Le masque social est omniprésent; par certains aspects on peut l’en remercier car il nous sert bien au quotidien. En effet il est celui qui nous protège de ces regards qui peuvent finir par être épuisants, de ces jugements, de ces comparaisons ainsi que de ces luttes de pouvoirs. Ah ces luttes de pouvoirs…

Si toi aussi tu as une sensibilité parfois débordante, versant hypersensible, tu as certainement dû faire face dans ta vie à la difficulté de créer du lien. Si pour toi aussi l’amitié figure au rang le plus élevé des relations de confiance et de fidélité depuis ton plus jeune âge, alors laisse-moi te dire « courage », sincèrement; car il évident que comme moi tu as dû en baver pas mal. Pas facile de se mouvoir dans une société où chacun est empêtré dans des luttes de pouvoir, avec comme maxime intime « soit je me fais manger, soit je mange! ». Malheureusement, cette ligne de conduite parfois inconsciente et tapie au fond de l’individu, se vérifie à n’importe quel âge, et dans n’importe quel milieu (même dans celui qui se veut bienveillant … la lutte de qui sera le plus bienveillant? Encore fallait-il y penser, j’te ‘l’accorde…).

 

Bas le masque: on gagnerait tous à s’aimer suffisamment avec nos défauts, afin d’arrêter de craindre que l’autre appuie là où ça fait mal!

 

L’idée ici n’est pas de te déprimer, mais plutôt de te rassurer: tu n’es pas seul ! Tu n’es pas seul à en avoir marre – à chaque rencontre, ou presque.. – d’avoir la désillusion de constater que si toi tu baisses ta garde, l’autre ne le fait pas (Que craint-il au juste ?! au pire, ça ne colle pas et chacun retourne à sa vie), t’es pas seul en à avoir marre de toujours voir les mêmes masques sociaux en face de toi (à croire qu’on a tous le même revendeur^^), t’es pas seul à en avoir marre de devoir toujours jouer au même jeu plaqué des questions-réponses plutôt que de s’enfiler une tranche de vie ensemble, t’es toujours pas seul à penser qu’on y gagnerait tous à s’aimer suffisamment soi-même avec tous nos défauts, afin d’arrêter de craindre que l’autre appuie là où ça fait mal et – de fait – cela permettrait d’accepter l’autre dans sa globalité imparfaite.

Bref, t’es pas seul à essayer de faire tomber les masques. On en porte tous – plus ou moins souvent – un, parfois on le change selon les besoins ou envies, parfois même on joue avec lui. Mais trop souvent – probablement l’immense majorité du temps – on oublie simplement et sans détour de le déposer. Quand tu rentres chez toi, que tu veux créer une vraie amitié, une relation sincère, que tu veux te mettre en couple; il en va de ta vie de l’enlever – en débranchant le mode survie. Au risque sinon de te noyer et de t’enkyster dans un rôle névrosant qui finira à coup sur par te rendre malade, et ne permettra jamais ton épanouissement intime. De plus, comment créer une relation de confiance si les gens n’ont pas la possibilité de t’aimer pour qui tu es dans ta totalité, juste toi, simplement toi ?!

 

Nous souhaitons d’avantage répondre aux désirs de notre environnement (famille, amis, conjoint, normes sociales diverses,…) qu’à nos réels besoins.

 

En psychanalyse, Jung pourra te parler jusqu’à plus soif du masque social: il l’appelle Persona, c’est le miroir que tu renvoies, le reflet que tu veux présenter au monde. Lorsque nous portons ce masque c’est que nous sommes centrés sur la Persona, c’est-à-dire que nous souhaitons d’avantage répondre aux désirs de notre environnement (famille, amis, conjoint, normes sociales diverses,…) qu’à nos réels besoins. Adhérer à la norme sociale correspond au fait de suivre intuitivement la masse en s’en tenant au postulat qu’elle a raison et qu’il faut la suivre. Typiquement comme le fait de ne pas réinterroger nos choix acquis (par l’éducation, la culture ou autre), en justifiant cette attitude par un « parce que c’est comme ça, enfin!« . Finalement on peut s’interroger sur ce que l’on souhaite dissimuler aux autres avec ces masques. De quoi a -t-on peur? Serait-ce si terrible de prendre le risque d’être rejeté, afin – éventuellement – de recevoir un amour sincère de l’autre en chemin ? Ou serait-ce encore pire finalement d’être aimé pour qui l’on est vraiment, quand on éprouve pour soi que du mépris ?

N’oublions jamais que si le masque social peut nous protéger, il peut aussi nous enfermer. Afin d’éviter cela il faut se recentrer sur ce que l’on est. Et ça, c’est pas forcément facile quand on est perdu. Une des astuces les plus simples est de repenser à nos expériences propres, nos ressentis les concernant, faire émerger certaines valeurs/traits de personnalité et donner une valeur importante à nos réflexions propres – nous avons souvent tendance à dévaloriser nos analyses au profit de celles des autres.

As-tu déjà vécu une relation où l’autre n’essaye pas de te démontrer qu’il a raison, ni de te demander d’argumenter tes positions ni même de chercher absolument une vérité prétendument objective? Pas facile hein… et pourtant, si une vérité absolue existe c’est uniquement dans les yeux de celui qui la perçoit. En bref, la vérité n’existe pas ! Sortir de la relation de pouvoir, alors que l’autre ne le souhaite pas – que ce soit volontaire ou inconscient – c’est comme s’essayer à la communication non violente avec une personne qui t’agresse : un vrai challenge !

Bref, il faut bien se l’avouer, les relations sociales sont stimulantes, autant qu’elles sont épuisantes.

Porter un masque social – faire semblant – n’est pas de tout repos. Alors apprends à le laisser tomber de temps en temps – et de plus en plus souvent -, afin d’apprendre à profiter pleinement de ceux qui en valent la peine, et afin de laisser sa porte ouverte à de magnifiques nouvelles rencontres. A ceux qui rêvent comme toi d’authenticité, à ceux qui ne veulent plus rêver leur vie mais la vivre pleinement.

Apprends avant tout à t’aimer toi-même; et qui sait, en chemin, tu pourrais bien en inspirer certains…

Avec toute ma bienveillance,

Une réaction au sujet de « Le masque social – commencement des relations de pouvoirs… »

  1. C’est un message qui me parle énormément… j’ai découvert votre site il y a peu de temps et je prends beaucoup de plaisir à vous découvrir… votre fraîcheur et votre bienveillance transpirent dans chacun de vos mots. Merci pour ces petits moments de douceur qui permettent de se reconnecter à soi-même et, comme vous le dites, « de ne pas se sentir seul ». C’est ce qu’il y a de plus difficile dans le chemin qu’est la vie, quand on décide de prendre des routes de traverse: ce sentiment que, si l’on se montre tel qu’on est vraiment, l’autre ne le recevra pas, ne « nous » recevra pas et accepter cette sorte d’abandon demande de lâcher-prise sur une notion d’aimer qu’on a beaucoup galvaudée. On voudrait être aimé par tout le monde, par ceux qui ne nous ressemblent pas, par ceux qui nous ressemblent, par ceux qui nous connaissent et, depuis l’avènement des réseaux sociaux, même par ceux qui ne nous connaissent pas! Mais cet « amour » qu’on attend est si superficiel qu’on en retire rien ou si peu, puisqu’au final, on essaie de le susciter avec ce miroir déformé qui n’est pas vraiment le nôtre. J’ai mis du temps à accepter d’être « moi », à accepter que pour ça, il faut parfois dénouer des liens, dire « au revoir » à ceux qui nous enferment dans un rôle qu’on ne doit plus se forcer à jouer. Quand la bienveillance nous emmène au coeur de nous-mêmes… c’est presque des retrouvailles avec la personne que nous sommes vraiment et que la société nous a obligés à travestir… Bref… merci pour tous ces beaux partages.

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