Les menteurs: des signes qui en disent long…

Les menteurs: des signes qui en disent long…

Des signes qui en disent long…

Les relations humaines sont infiniment complexes. Parfois, elles le semblent bien davantage du fait que quelque chose dans la communication ne fonctionne pas comme d’accoutumée, la dynamique semble avoir changé au point qu’un malaise se créée. Et cela nous conduit à nous interroger sur notre interlocuteur : at-il quelque chose a cacher ?  Quoi qu’il en soit, on en a la certitude, l’on ne nous dit pas tout, il y a un je ne sais quoi de différent…

« À autrui ou à soi-même, en gestes ou en paroles, le mensonge simule le vrai afin de dissimuler le faux», précise Marcel Côté.

Le dissimulateur a besoin de l’imagination nécessaire à la création d’une histoire suffisamment crédible pour son auditoire, il lui est donc nécessaire de « connaître le réel et construire l’imaginaire». A ces fins, il créera un discours qui parait plausible vu sous divers angles afin de prévoir tous les coups du destin et ne pas se faire prendre à son propre jeu. L’on peut aussi y voir un sentiment que quelque chose est différent, notre interlocuteur perd l’appétit, on sent une tristesse dans sa voix, des sautes d’humeur, ou au final que rien n’est grave, tout est égal et rien n’a importance. Quelque chose a changé…

Pourquoi est-on mal à l’aise ?

Il y a quelque chose qui sonne faux, qui manque d’authenticité dans le discours. Il est parfois difficile de déceler le détail qui fait que l’on ressent cela, et pourtant, des études démontrent qu’en suivant ses instincts, l’être humain peut déceler 80% des mensonges de nos proches, en revanche s’il s’agit d’une personne moins proche, cela est moins évident. En effet, Le Docteur Lilian Gass, analyste comportementale et experte en langage corporel, qui a d’ailleurs collaboré avec le FBI exprime le fait qu’il n’est pas possible d’entrevoir facilement un signe de mensonge ou comportement inhabituel si l’on n’observe pas préalablement la manière dont la personne réagit de manière usuelle. Cela signifie qu’une personne en situation délicate sera amenée à réagir d’une façon différente.

Les déterminants les plus usuels d’une dissimulation sont généralement :

  • Un comportement inhabituel (un bonjour avec une autre intonation, un langage corporel différent etc…)
  • Une « surdose » d’informations
  • Une modification du discours sur certains détails (si la personne raconte son discours à quelqu’un d’autre)
  • Une difficulté énorme à raconter l’histoire à l’envers etc…

En revanche, nous ne sommes pas aussi aguerris en terme de détection de la « vérité ». En effet, notre propension à imaginer, interprêter, construire des récits est immense, et peut donc amener à une image erronée de ce qu’il se passe réellement et plus généralement à une détérioration de la communication.

Pourquoi interprete-on ?

Emile Durkheim définit la socialisation primaire comme l’un des déterminants de la construction identitaire. Elle se fait au cours de l’enfance et permet d’intérioriser les normes et codes de notre société par le biais de ce qui entoure de l’enfant (les parents, la nourrice, les « copains », la crèche, etc…). Ainsi, par ce prisme, l’enfant va forger son jugement du monde, des autres, etc… Cela lui permet de catégoriser les évènements, choses et personnes.

Tout au long de notre existence, ces repères évoluent au travers de la socialisation secondaire au travers de l’environnement (l’école, les études, les proches, ), notre prisme va s’affiner au travers de notre existence.

Cela permet à tout un chacun de s’intégrer au monde qui l’entoure, d’intégrer les règles de conduite, mais également de forger ses opinions.

Qui plus est, l’absence de jugement n’existe pas. Et cela nous pousse à intérprêter les évènements, comportements et choses qui nous entourent…

Nous avons vu dans les articles précédents que l’on ne ment pas pour blesser mais plus généralement pour protéger (des proches, son intériorité, …), éviter de blesser, proposer une meilleure image de nous-même. Mais il semble aussi que nous devons parfois nous abstenir de juger un changement d’attitude comme un mensonge, il peut s’agir d’un mal-être. Ces signaux qui nous renvoient le sentiment d’une attitude différente, d’un manque d’authenticité ne sont pas nécessairement synonymes d’une falsification de la réalité mais parfois simplement du besoin d’éluder un sujet en inventant une pirouette qui permettra d’en aborder un autre, de cacher quelque chose qui blesse,  mettre à distance quelque chose etc…

Il n’y a pas de réaction idéale bien évidemment.

Faut-il réagir ?

Mes formations d’assistantes sociales et de médiateur familial m’auront néanmoins appris que la communication est plus aisée lorsque l’émetteur se sent en sécurité, dans un cadre bienveillant et sait qu’il ne se sentira pas jugé par son auditoire.

Non. Vous n’avez pas besoin de tout savoir. Et si vous n’avez pas de lien particulier avec la personne face à vous, laissez-la avoir son jardin secret. En revanche, essayez de vous abstenir de juger ces signaux qui ne vous appartiennent pas. Après-tout, cela ne vous appartient pas.

Oui. Si votre interlocuteur est un proche ou quelqu’un d’important pour vous. Mais ne forcez en aucun cas le passage, chacun a le droit d’aller à son rythme, de digérer les choses à son rythme. Ouvrez une porte à la communication, il saura s’en saisir si besoin et le geste ne passera pas inaperçu.

La meilleure manière de comprendre ce qu’il se trame ne convient pas à projeter des scénarios sur notre ressenti, mais parfois juste d’essayer d’entamer le dialogue, de poser son ressenti our permettre le dialogue.

En tous les cas, restez bienveillant quelque soit le degré d’intimité.

SOURCES

Lilian Gass, The Body Language of Liars: From Little White Lies to Pathological Deception—How to See through the Fibs, Frauds, and Falsehoods People Tell You Every Day [Paperback – October 21, 2013

Emile Durkheim, education et sociologie

Lilian Gass, The Body Language of Liars: From Little White Lies to Pathological Deception—How to See through the Fibs, Frauds, and Falsehoods People Tell You Every Day [Paperback – October 21, 2013

Jean M. Sutter, Le mensonge chez l’enfant, Paris, PUF, 1956

Marcel Cote, «  Narcisse et la philosophie : Le paradoxe du mensonge à soi-même. » Mémoire de maitrise, Montreal, Université du Quebec, 1981

Frederic peucheret, du mensonge à l’aveu

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