Le burn-out, l’épuisement professionnel et le harcèlement professionnel.

Le burn-out, l’épuisement professionnel et le harcèlement professionnel.

Le burn-out, l’épuisement professionnel et le harcèlement professionnel.

J’ai choisi un exemple glissant réel, il suivra le fil de l’article.

Commençons par un chiffre marquant, aujourd’hui ; 1 salarié sur 4 se sent harcelé au travail 

Célia a été touchée par un long épisode de dépression il y a 2 ans, elle avait alors 51 ans. Sa situation professionnelle a été bouleversée à cette période. Pourquoi ? Elle avait enfin trouvé un travail qui lui avait permis de s’épanouir au niveau du travail comme familial. Puis, sans crier garde, elle a commencé à ressentir un malaise, tous les jours plus intense, en se rendant sur son lieu de travail. En premier lieu, il lui a été difficile de comprendre exactement à quoi cela était dû, était-elle une mauvaise employée ? En tous les cas, c’est ce qu’elle a pensé durant de nombreux mois. Sa responsable ne cesse de lui demander des tâches qui n’incombent pas à son poste, qui se surajoutent à celles qu’elle doit accomplir habituellement, puis, elle lui reproche d’être bien trop longue. Lorsqu’elle rentre dans son bureau, les conversations s’interrompent brusquement. Célia a le sentiment d’être nulle, incompétente, et peu appréciée par sa responsable et son acolyte. Elle est de plus en plus fatiguée, plus souvent malade et commence à se renfermer sur elle-même à la maison, elle a honte d’elle-même.

Le harcèlement moral au travail est un phénomène dramatique qui touche bon nombre de salariés. Il est puni par la loi. L’article L1152-1 du Code du travail pose la définition du harcèlement moral : « Aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ».

Cela peut se traduire par divers types d’humiliations : publiques, des critiques injustifiées, une dévalorisation, l’isolation du salarié, le dénigrement, le refus d’adapter le poste au salarié.

N’oubliez jamais qu’en tant que salarié, vous n’êtes pas corvéable à merci et que vos droits méritent d’être respectés.

Tout d’abord, il convient de définir le burn-out comme le syndrôme d’épuisement professionnel

L’Organisation Mondiale le définit comme « un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d’incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail ».

Concrètement, comment cela se traduit-il ?

  • Un état de stress intense,
  • Une démotivation,
  • Le sentiment d’être incompétent et voué à l’échec,
  • Une fatigue chronique
  • Un affaiblisement des défenses immunitaires
  • La dépression, voire des idées suicidaires.

Cette liste n’est aucunement exhaustive mais recense quelques uns des principaux symptomes.

Les répercussions viennent jusqu’à empiéter dans le quotidien, l’ « après » travail.

Cela peut toucher malheureusement n’importe qui comme le révèlent les statistiques ci-dessus.

Revenons-en à Célia, une fois la source de son mal-être a été identifiée, elle a enfin été capable d’en parler.

Nous avons alors établi un plan d’action qui peut s’appliquer à toutes ces situations :

  1. Ne montrez aucune once d’agressivité ; cela pourrait vous nuire (et sachez que dans le milieu du travail, les murs ont des oreilles ! protégez vous !)
  2. Gardez des trâces : conservez les e-mails dégradants ou en inadéquation avec vos conditions de travail, notes, etc…. Ne ripostez pas de façon agressive. Il est important de répondre de façon neutre, cordiale et polie (« cette tâche ne relevant pas de mes fonctions, je transfère votre e-mail au service compétent, cordialement. » ou encore « je vous remercie, je prends notes de ceci » (pour les adeptes de l’ironie mais restez poli).
  3. Contactez des syndicats, ils seront un recours infiniment précieux .
  4. Demandez ensuite à rencontrer les RH avec le secours des syndicats.Préalablement, rédigez un courrier factuel. C’est ce que j’ai proposé à Célia, son premier courrier était long, bourré de jugements de valeurs, on y lisait un ramassis de reproches propre à son ressenti . Ce n’était bien évidemment pas acceptable ni recevable par les instances supérieures. Nous avons donc tout décortiqué pour en faire éclore les faits. Cela a été très long. Mais c’est une étape absolument nécessaire qui sera force de conviction face à un jury.  Il est interessant de vous faire relire par un proche qui ne connait pas votre environnement de travail afin qu’il puisse déceler les incohérences et ce qui relève du jugement ou non.Après de nombreuses heures, relectures et reformulations, nous avons réussi à retracer l’antériorité des difficultés ressenties par Célia, leurs causes. Nous l’avons fourni aux syndicats pour un regard extérieur
  5. Faites des oraux-blancs avec vos proches. Face aux RH, vous devrez présenter la situation à l’oral. Etant donné que c’est nécessairement quelque chose de très éprouvant, il est nécessaire de vous entrainer préalablement avec des proches. Pour Célia, cela a été une épreuve particulièrement difficile. Nous avons donc fait 6 oraux blancs. Durant le premier, j’y jouais la RH bienveillante. Toutefois, c’était bien la première fois qu’elle s’échinait à expliquer la situation oralement, dans l’ordre et hors des jugements. Sa voix a rapidement tremblé, puis je l’ai vu fondre en larmes. Après un thé, un peu de temps seule, elle a relu ses notes, puis, nous avons recommencé, c’était déjà moins difficile, mais je la sentais encore très émue (à juste titre). Ne sachant pas à quel type de jury elle ferait face, j’ai endossé plusieurs rôles : la RH neutre (très déstabilisant), la RH qui semble avoir un parti pris et trop occupée pour bien écouter, le « good-cop, bad-cop » avec un acolyte (durant lequel le « bad-cop » ne cessait de poser des questions pièges), etc… C’est un exercice important même s’il semble dérisoire, c’est ce qui vous permettra d’avancer la tête haute, avec un discours construit face à un jury. Faites-le avec des proches bienveillants, demandez à changer les approches afin d’être paré à toute situation. Célia a fini par être prête, elle a obtenu gain de cause face au jury. Son poste a été revalorisé, sa responsable a reçu un avertissement. Nous avons d’ailleurs réalisé que ce n’était pas la première fois que cela arrivait. Les langues se sont déliées par la suite. Par sa force d’affronter ce qui la touchait, elle a réussi à ouvrir une brèche et s’est enfin sentie soutenue par ses pairs, également cibles de ses attaques.
  6. Cela peut également trouver sa place devant un tribunal, auquel cas, recherchez un avocat spécialisé. Le courrier précédent et les oraux blancs ne pourront que vous aider, surtout face à un tribunal ou votre emploi sera examiné sous toutes ses coutures.

Votre vie au travail ne doit pas être un calvaire ! Pour cela, prenez soin de vous !

Si toutefois, vous en arrivez à  perdre le gout de votre emploi, des bilans de compétences sont possibles : Pôle emploi en propose (mais selon des quotas annuels), certains CIDFF pour les femmes, etc…

Ils peuvent d’ailleurs être financés par votre entreprise.

Prendre soin de soi, mais comment ? (bien sur, ces conseils sont à adapter à vos envies)

  • Ne vous isolez surtout pas dans ces situations là, vos proches sont votre filet et seront là pour vous autant que vous avez su l’être pour eux.
  • Accordez-vous des « récompenses »  lorsque vous avez fourni un gros effort ou que vous avez dû effectuer une tâche qui ne vous enchante pas (pour Célia, c’était à chaque fois qu’elle se retenait de riposter contre sa supérieure), cela peut être un bonbon, acheter un gel douche qui sent bon, un bon petit plat, … un petit plaisir en bref !
  • Un suivi psychologique peut également être un soutien tout au long du parcours
  • Abreuvez-vous de témoignages (ils sont nombreux sur internet notamment), nous connaissons tous quelqu’un qui en a été victime, et il est utile de partager les expériences, de pointer les dysfonctionnements ensemble, se conseiller mutuellement, aller de l’avant à deux. Vous n’êtes pas seuls et vous n’avez pas à vous battre seul. Il existe des groupes de parole qui peuvent apporter beaucoup.
  • Achetez un petit carnet, notez les dates et 3 choses dont vous avez été fiers dans la journée ou qui vous ont apporté un petit moment de bonheur . Cela peut être de petites phrases ou 3 mots. Relisez les 7 derniers jours en fin de semaine. Astreignez-vous à cette routine de manière régulière, l’effet ego-boost viendra 😉
  • Gardez confiance en vos compétences professionnelles, les « abuseurs » savent repérer leurs victimes, et rappelez-vous que l’on attaque que lorsque l’on se sent en danger !

A la fin de toute cette histoire, Célia, qui avait peur de devoir quitter son emploi et ne plus en retrouver du fait de son âge a pu relever la tête, retrouver confiance en elle progressivement. Elle est passé du statut de victime à gagnante, elle a su trouver des soutiens qui l’ont aidé à reprendre confiance en elle et lui ont donné la force de mener ce bras de fer.

Elle est aujourd’hui chef de service. Beau parcours n’est-ce pas ?

Andrea Soares, sociologue du travail souligne le fait que la victime de harcèlement psychologique est souvent une personne qui travaille avec efficacité, et dont les autres se sentent menacés (de par ses compétences), ce sont des individus d’une grande centralité au travail ! 

Il y a de quoi retrouver confiance en vos compétences non ?!

SOURCES

AMOTRACE, résultats intermédiaires sur les risques psychosociaux au travail, 2006 à 2007, sur 3000 personnes. Etude publié par l’INVS, mai 2007.

L’article L1152-1 du Code du travail

 Allocution de Catherine Le Galès-Camus de l’Organisation mondiale de la Santé. La santé est l’affaire de tous : les arguments économiques en faveur d’une bonne santé en milieu de travail, Conférence de Montréal, 1er juin 2005.

Sonia Lupien, neuropsychologue, est directrice scientifique du Centre de recherche Fernand-Seguin de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine (Montréal, Canada). Elle est aussi directrice et fondatrice du Centre d’études sur le stress humain.

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