La prostitution étudiante

La prostitution étudiante

Tabou auparavant, ce n’est que depuis quelques années que l’on parle la prostitution étudiante. Laura D. dans son ouvrage témoigne des conditions de vie difficiles des étudiants. Au travers de son expérience, elle explique comment, au travers de son parcours de formation, la nécessité de gagner de l’argent rapidement afin de financer ses études, s’est faite sentir. Puis, elle y décrit l’engrenage dans lequel elle est tombée, la peur de ses « clients », devenus de plus en plus insistants et la modification totale de son mode de vie. Obligée de mentir à ses amis, sa famille et ses proches, la jeune fille ne se sentait plus elle-même. Ce témoignage démontre que ce type de « solutions » peut non-seulement être dangereux pour les jeunes concernés mais qu’elle peut avoir des conséquences sur la famille, l’environnement et sa propre estime de soi.

 Le syndicat Sud Etudiant évalue à 40 000 le nombre d’étudiants qui se prostituent ou effectuent le travail d’ « escorting » (soit l’accompagnement d’une personne contre une rémunération à des réceptions, repas, soirées…) en 2006-2007.  Il s’agit des premières statistiques parues sur ce sujet. Aucune étude n’avait été encore réalisée sur ce phénomène auparavant. Mais que sait-on vraiment des chiffres réels? ne s’agit-il pas d’une minorité invisible? Le rapport d’activité de griselidis en 2015 démontre qu’il s’agit à 90% de femmes, 6% de transexuels et 4% d’hommes en majorité migrants. 75% ont moins de 30 ans, mettant en lumière à quel point le public étudiant peut-être cible.

Eva CLOUET, alors étudiante en Master II de sociologie en évoque les contours dans son ouvrage. Au regard de cette étude sur le milieu de la prostitution étudiante, elle décrit certaines motivations (essentiellement économiques; la faim) de ces jeunes femmes ainsi que leurs parcours jalonné de ruptures. De même, dans son film « Elles », la réalisatrice montre parfois un milieu social dans lequel la sexualité est un sujet tabou. En effet, Adrianna, étudiante, explique « vivre une double vie II » pratique l’escorting depuis quelques années pour des motifs économiques. Cette dernière évoque un sentiment de honte et ne pas oser en parler même à ses proches car elle a peur de ne pas être comprise et de les « écœurer ».

Ces jeunes filles souhaitent également s’émanciper des sexualités classiques par ce biais (choix du partenaire et des modalités). Les jeunes hommes sont également touchés et de la même manière. La sociologue Eva Clouet considère tous ce jeunes comme des « désillusionnés de l’amour » qui souhaitent tirer profit de ces relations au niveau financier tout en se sentant valorisés. C’est une démarche réfléchie et facilitée par les technologies de type internet au travers d’annonces d’ « escorting » en ligne notamment.

La sociologue démontre également que les nouvelles technologies de l’informatique notamment internet facilitent leur démarche en les rendant « invisibles » et anonymes aux yeux de tous et notamment de leurs proches, de leur environnement familial et professionnel. Ainsi, elles ne montrent pas leurs visages dans leurs annonces et les rencontres s’effectuent dans des lieux neutres (hôtels). C’est une solution pouvant devenir un engrenage dans lequel ces jeunes femmes (majoritairement) peuvent s’enfermer. Les risques sont cependant importants, ils peuvent être à la fois physiques et psychologiques et générer des dommages importants (perte de confiance en soi, phobies, …).

En effet, ce sont les personnes les plus exposées (pour d’évidentes raisons) aux MST, mais également aux violences (ONU Femmes, 2011), aux menaces… ainsi enfermées dans cet engrenage, elles n’ont que moins accès à la prévention, aux dépistages, aux soins, aux mains tendues .Ces individus sont bien malheureusement le plus souvent doublement enfermés: par la contrainte d’un côté, mais également par l’opprobre social, ce sentiment de honte. Les addictions sont très fréquentes, que ce soit pour oublier ou par contrainte (IGAS 2012).

Des associations aujourd’hui militent pour le droit, l’accès à la santé, à la dignité de ces « oubliés » de la société en leur apportant un lieu, une oreille attentive, un test de dépistage, un accompagnement, un RDV avec un juriste etc…

 

 

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