La motricité libre

La motricité libre

Comme pour tout concept, la motricité libre part d’une théorie. Emmy Pickler pédiatre Hongroise à l’origine de la création de la pouponnière de Loczy (Hongrie), a développé ce concept tout au long de sa vie.

Elle étudia l’idée que l’activité autonome de l’enfant joue un grand rôle dans son développement psycho-moteur. L’enfant, de lui même, va prendre plaisir à exercer des activités spontanées et découvrir petit à petit ses propres compétences et son environnement.

La sécurité physique (enfant posé au sol dans un premier temps, puis dans un environnement adapté lorsqu’il se déplace) et la sécurité affective sont deux notions importantes qui vont l’amener vers l’autonomie (dans le  sens “avoir la volonté de faire seul”, en fonction de son âge).

L’enfant est alors, dès la naissance, acteur de son propre développement. Toute intrusion de l’adulte dans ses découvertes autonomes et spontanées, comme le mettre dans une position qu’il n’a pas acquise seul, est dommageable car  l’enfant perd le plaisir d’apprendre par lui même et sa confiance en ses capacités.

Evidemment, il est parfois difficile de faire la balance entre cette théorie et la frustration que les efforts demandent au bébé. Les parents sont souvent tentés d’intervenir devant leur bébé frustré de ne pas pouvoir faire seul aussi vite qu’il le voudrait. La fatigue, l’empathie peuvent amener les parents à aider le bébé. Si chaque situation est unique, l’idée est de réfléchir à l’intérêt de l’aide que nous souhaitons apporter à notre enfant à l’instant T. Nous en reparlerons plus tard.

Les grandes étapes du développement psychomoteur

Laissé autonome pour évoluer, voici les étapes par lesquelles va passer le bébé :

  • retournement dos ventre puis ventre dos
  • Rampage
  • 4 pattes
  • Passage en position à genoux puis assise
  • Passage en position debout (aidé d’un meuble ou d’un mur)
  • Marche autonome

Le bébé laissé libre se lance dans de nouvelles acquisitions quand il est prêt. De ce fait, les chutes sont bien moins fréquentes car il est sûr de lui et de ses capacités. Des phases de régressions ou de pause avant une nouvelle acquisition sont normales.

La motricité libre et le marketing de la puériculture

Si ce concept de motricité libre (re) prend de l’envergure, il est bien difficile pour les parents de faire la part des choses lorsqu’ils se retrouvent dans des magasins spécialisés pour la petite enfance.

Nous allons voir ici quelques exemples de matériels vendus (un prix souvent exorbitant) dans les magasins de puériculture, et tenter d’expliquer pourquoi ils sont une entrave à la motricité autonome de l’enfant, et pourquoi même ils peuvent être particulièrement dangereux.

Pour chaque exemple, je vous donnerai des alternatives plus respectueuses de la physiologie et de l’autonomie.

Les trotteurs (ou youpala) et autres sièges d’activité

Je vais être directe, les trotteurs devraient être interdits à la vente. Ils le sont d’ailleurs au Canada depuis 2004, et en France sont interdits en crèche et chez les assistantes maternelles.

  • Ils ne respectent pas du tout la physiologie de l’enfant. Le bébé est bien souvent debout, en appui sur la pointe des pieds ou suspendu par l’entrejambe.

Les muscles et les articulations du bébé installé dans le trotteur ne sont  pas matures/toniques, ce qui peut créer des dommages au niveau de la colonne vertébrale et du bassin.

  • Le bébé y perd son centre de gravité, et le risque de chute en dehors du trotteur est plus important, d’autant que l’enfant n’aura pas le réflexe de mettre ses mains devant.
  • Le risque d’accident est démultiplié ! Les bébés se retrouvent plus facilement dans des situations de danger car moins d’attention de la part des parents qui les croient en sécurité. Ainsi, de nombreux accidents domestiques arrivent chaque année : chutes dans les escaliers, basculement sont à l’origine de nombreux traumatismes crâniens, brûlures…
  • Les jeux fixés sur les châssis représentent une sur stimulation visuelle voire auditive non nécessaire.

Alternatives : pousseurs, chariots de marche : l’enfant se place derrière et peut avancer à son rythme (ces chariots ont souvent une option blocage des roues qui permet de pousser véritablement, et non de courir derrière).

Transats, poufs et balancelles

Ces objets, aussi confortables apparaissent-ils ne permettent pas la motricité libre puisque les enfants  y sont attachés et ne peuvent donc pas en sortir,  leurs mouvements sont réduits. Si une arche se trouve au dessus du bébé, son champ visuel est limité.

Alternative : un simple tapis (ou autre tapis d’éveil) au sol (voire dans un parc si besoin de sécurité physique)

Les parcs

Si le parc peut être un bon moyen pour sécuriser l’enfant, son principal inconvénient est sa surface réduite qui ne permet pas à l’enfant en âge de se déplacer de découvrir son environnement. Il peut donc être utilisé ponctuellement, mais l’enfant, même tout petit, a tout intérêt à rester en dehors le plus possible.

Alternatives : les bras, l’écharpe de portage

Les portiques

Ces jouets peuvent être intéressants pour le bébé, mais en utilisation très modérée. En effet, un enfant placé sous un portique verra son champ de vision et  ses possibilités de mouvements restreints, et en fonction des portiques, sera surstimulé.

Alternative : jouets posés au sol, mobiles (Fixés en hauteur, ils ne restreignent pas l’enfant dans ses mouvements). Le portique peut aussi être placé à côté de l’enfant ce qui pourra l’inciter à se tourner.

Vous aurez sûrement noté que tous ces matériels de puériculture (alternatives comprises mise à part l’écharpe de portage 🙂 )  ne sont pas indispensables, surtout pas en matière de motricité autonome, même si chacun pourrait trouver au moins un avantage à chaque objet (en dehors des trotteurs qui, je le répète, devraient être interdits à la vente).

Pour pouvoir évoluer à son rythme et en sécurité, votre bébé aura simplement besoin de vos bras (nous allons parler écharpe de portage un peu plus bas), d’un tapis au sol (qui lui permettra d’être confortablement installé), de quelques jeux (non bruyants) disposés autour de lui, de votre présence et de vos encouragements.

Un bébé posé au sol dans la pièce principale de la maison pourra participer à la vie de  famille et développer la volonté d’en être pleinement acteur.

Portage et motricité libre

Voilà deux concepts qui pourraient paraître opposés, et pourtant !

Le portage physiologique s’avère être un véritable atout pour le développement psychomoteur du bébé.

  • Le bébé lové contre ses parents et entouré du tissu d’écharpe va pouvoir développer son schéma corporel. ● Les balancements/bercements au rythme des occupations du parent porteur vont non seulement le rassurer (continuum de la grossesse) mais aussi permettre à son système vestibulaire (centre de l’équilibre) de se développer.
  • L’autonomie s’acquiert grâce au sentiment de sécurité. Le portage physiologique permet de combler les besoins de contacts, chaleur, nourriture…bref, tous ses besoins primaires, et favorise donc l’attachement puis l’autonomie de l’enfant.
  • Un bébé porté se trouve au centre de la vie familiale sans forcément être au centre des intérêts. Ainsi, le bébé peut prendre le temps d’observer, puis,  petit à petit exprimer le besoin de participer plus activement aux occupations familiales (ce qui va l’inciter à se déplacer…seul).

L’apprentissage de la marche…à pied ou à chaussures ?

De nombreux professionnels de santé et notamment les ostéopathes s’accordent à dire que la meilleure façon d’apprendre à marcher est d’être pieds nus. Le bébé peut ainsi sentir ses points d’appuis et développer ses muscles.

Les sols parfois froids de nos maisons, surtout en hiver,  peuvent être un frein à laisser nos enfants pieds nus. Dans ce cas, choisir des chaussons souples (sans semelle extérieure rigide) les isolera du froid sans perdre les sensations lors de la marche.

Pour l’extérieur, les chaussures ne sont pas utiles avant que l’enfant ait acquis une marche stable et autonome.

A partir de ce moment, il faudra préférer des chaussures à semelles très souples et fines (au début de la marche) sans voûte plantaire. Ainsi le pied du bébé se développera sans contrainte.

Les chaussures rigides sont à proscrire. Elles ne permettent pas à l’enfant de marcher en dépliant ses pieds et entraînent une démarche robotisée propice à la chute.

Cette vidéo montre un enfant à qui la mère met des chaussures à semelles rigides en premier : l’enfant ne veut pas avancer, il est sûrement gêné par le manque de sensations, ses pieds ne touchent pas le sol en quelque sorte.

Puis, sa maman lui met des chaussures à semelles souples…https://www.youtube.com/watch?v=zpqf65_ZjBk

Voici quelques photos pour vous permettre d’évaluer si une semelle de chaussure/chausson est assez souple.

Les risques d’accidents domestiques

Les bébés sont curieux par nature, il vont donc visiter chaque recoin de la maison, et seront à coup sûr attirés par les endroits ou objets dangereux (prises, escaliers…).

Il est donc très important de permettre à votre bébé d’évoluer dans la maison, ou au moins une partie, de façon autonome et sans danger en posant des caches prises, bloques portes, barrières d’escalier mais également en éloignant de leur  hauteur les produits ménagers et les objets fétiches ou cassants.

La théorie vs la pratique

Chaque enfant est unique, tout comme chaque parent. Notre façon de réagir devant notre bébé frustré fait écho à notre propre passé d’enfant. Nous avons tous nos limites et il peut être difficile pour un parent de voir son enfant pleurer/s’énerver/ être frustré de ne pas arriver à son objectif.

Mais il s’agit là de notre chemin de parent, l’enfant n’en est pas responsable.

En prendre conscience est un premier pas pour tenter de concilier cette théorie pleine de bon sens qu’est la motricité libre, notre passé d’enfant, et notre vie quotidienne d’adulte/de parent souvent fatigué et donc en recherche de facilité.

Auprès d’un enfant en difficultés ou simplement téméraire, l’adulte peut se placer comme sécurisant : physique pour éviter une chute trop importante et psychologique pour encourager.

Toujours se rappeler que l’intrusion peut être dommageable pour le bébé, notamment en matière d’estime de soi.

Le bébé est un être doué de compétences dès la naissance. Il est programmé pour devenir autonome. Le rôle des parents est d’assurer sa sécurité affective et physique. Pour le reste (se tourner, ramper, s’asseoir, se lever, marcher) le bébé est seul maître de ses apprentissages.

 

Sources

 http://www.pikler.fr/Annexes/Emmi_Pikler_Loczy/Emmi_Pikler/La_motricite_libre

http://www.mpedia.fr/153-trotteur-risques.html

http://osteopathiemontpellier.fr/pourquoi-nous-portons-les-bebes/

http://naitreetgrandir.com/fr/etape/L/developpement/fiche.aspx?doc=naitre-grandir-apprentissage-marche-premier-pas

https://parents-naturellement.com/15-bonnes-raisons-dadopter-portage-bebe/

Si vous avez une question vous pouvez contacter Samantha directement sur sa page Facebook : https://www.facebook.com/cheminsdevies/

 

 

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