Habiter son corps pour vivre chez soi

Habiter son corps pour vivre chez soi

« La maison est notre coin du monde.

Elle est un refuge qui nous assure une première valeur de l’être : l’immobilité. ». G. Bachelard

Ainsi on pourrait ici associer l’espace et le corps puisque le corps est un espace à part entière, celui qui fait de nous des êtres mortels faits de chairs; nous rapportant dès lors à notre propre mortalité. Rappelant ainsi la notion de temporalité que l’on retrouve aussi dans l’espace de vie au sens de l’hébergement, le lieu où l’on vit comme une maison. Notre corps est notre habitat corporel, par cela nous sommes toujours localisés dans l’espace. Si l’être humain craint tant la mort, pense Jean Onimus, c’est parce qu’elle signifie la perte d’un espace ou le retour à la poussière, soit au néant. Dans la littérature il n’est pas rare que l’espace de vie soit comparable à un corps. Ringuet, alias Philippe Panneton, dans Trente arpents, décrit la vieille demeure des Moisan comme un corps inanimé, « la cheminée bayant comme une bouche sans vie, les carreaux ternis comme des yeux éteints ».

Il y aurait alors une similitude entre le corps et l’espace tels que deux lieux d’habitation; l’un interne et n’appartenant qu’à l’être qui l’habite et l’autre externe, plus représentatif d’un vecteur social.

Mais un espace n’est pas d’emblée un lieu d’habitation, il peut être aussi un poste de travail, un pays, un monument… Pour qu’un espace soit un habitat, il faut qu’il puisse être habité. Cette notion d’ « habiter » est primordiale et prend tout son sens. Notre civilisation n’a pas toujours été sédentaire, il fut un temps où nous étions tous nomade. Aujourd’hui la principale préoccupation est de se sédentariser: d’habiter une espace définie.

 Mais qu’est-ce habiter?

Là est toute la question. Il ne s’agit pas comme pour les animaux de simplement s’abriter pour survivre. Habiter pour un humain renvoie à des liens plus complexes. Il s’agit aussi de rentrer en relation avec l’espace, de faire naitre des habitudes de vie dans cet espace, des souvenirs, des émotions, du lien social. L’espace est ce que les corps matériels peuvent occuper et remplir. Ainsi un lieu désert serait-il alors un espace non habité? Les nomades du désert pourraient certainement dire le contraire.  C’est pourquoi habiter un espace n’est pas seulement occuper le lieu, ce n’est pas seulement un lieu de passage (comme par exemple une chambre d’hôte). Nos espaces quotidiens sont « empreints de règles, obéissent à des conventions et répondent à des valeurs, le plus souvent implicites » . Pour habiter faudrait-il alors seulement s’attarder dans l’espace? Ce qui interroge donc sur le terme même d’ « habiter », car si nous habitons tous un corps et un espace, cela peut avoir de nombreuses significations selon les visions philosophiques, sociologiques, économiques ou encore anthropologiques.

A partir du néolithique, 8 000 ans avant notre ère, les premières guerres émergent à travers l’opposition entre nomades et sédentaires, pour l’appropriation des territoires et des ressources. Ce conflit va se propager avec les vagues d’invasion nomades, qui commencent 3 000 ans avant notre ère avec les Indoeuropéens et les Sémites. Il se poursuivra avec « les invasions mongoles du XIIe siècle et décline jusqu’à l’effondrement de leur empire au XVIe siècle ». Puis après près de 10 000 ans de conflits, d’invasions et de conquêtes, c’est le mode de vie sédentaires qui l’emportera pour la majorité des peuples.  Depuis, l’homme ne cesse de vouloir s’approprier des espaces et des territoires, ce qui déclenche encore au jour d’aujourd’hui des geurres. « Les êtres humains sont des habitants, ils se tiennent d’un bout à l’autre des espaces, du fait qu’ils séjournent parmi les choses et les lieux. »

Le premier synonyme du mot « habiter » est « vivre », et il se définit dans le dictionnaire comme « avoir sa demeure ». La demeure apparaît comme un nid, un refuge, un abri de tranquillité et de sécurité. L’habitation telle qu’on l’entend souvent est avant tout un lieu de vie, un lieu protégé de toutes les menaces extérieures (notion qui renvoie à notre instinct de mammifère). Mais l’habitation n’est pas qu’un refuge face aux dangers extérieurs (intempéries, prédateurs…), c’est aussi le refuge de la vie privée, de l’intimité mais aussi des représentations (celles du monde, de soi et des autres). Habiter un lieu signifie s’approprier ce lieu avec ce que l’on est. Le fait et la façon d’habiter se déclinent alors selon différents parcours et degrés d’intimité, selon différentes enveloppes : le corps, le mobilier, l’espace intime, l’espace privé, l’espace de l’entre-deux (semi-privé/semi-public), l’espace public (la rue, le quartier, la ville)…

Ainsi on s’aperçoit que le fait d’habiter pour un être humain est quelque chose d’essentiel, au-delà même de sa survie. Car l’homme n’est pas juste un animal politique, doué de langage, c’est d’abord et avant tout un être humain qui habite.

L’habitation, quant à elle, peut être temporairement une chambre d’accueil (sans aucune appropriation possible), une installation précaire, mais le plus souvent, elle se résume aux effets personnels ou au corps : il n’y a pas de limites successives et la personne est à chaque instant identifiable dans un rôle (par exemple: un sans domicile fixe est facilement identifiable dans un quartier). L’habitation renvoie ainsi également aux normes sociales qui permettent l’intégration dans une société donnée. L’appropriation permet la maîtrise de l’espace, autant privé que public, et pose le statut social de l’occupant. Habiter un lieu, c’est exister et prendre place dans la société, c’est pratiquer les usages communs du quotidien qui sont directement liés à cet habitat : manger, dormir, les loisirs, les liens entre les habitants d’un même espace…

Habiter, c’est donc également se situer et exister aux yeux des autres. La demeure est un lieu de représentation où se développent sociabilité et convivialité. Car l’habitat est aussi un espace d’intégration, fourmillant de gestes du quotidien, mêlant regard intime et familier et la recherche d’un « chez soi » (ce qui est besoin essentiel de l’homme).

Ainsi habiter quelque part représente pour chacun de nous un point qui nous fixe socialement et le lieu inaliénable d’un chez soi. Ceci se traduit d’abord par exemple à travers la valeur de centralité que prend le lieu où l’on habite et qui est mis en relief de façon spécifique dans le mode de vie contemporain par la séparation entre le lieu où l’on travaille et le lieu où l’on vit. La porte d’un espace par exemple, symbolise dès lors un passage entre l’intérieur et l’extérieur d’un monde, en franchissant le pas de la porte on change de statut social: passant la porte de l’habitat privé tel qu’une maison familiale, on devient le compagnon ou la mère de quelqu’un; passant la porte du lieu de travail on devient la fonction du poste occupant.

  Gustave-Nicolas FISCHER explique que les éléments de structuration et de séparation d’avec l’extérieur marquent tout logement dans « sa valeur de coquille fondamentale », en délimitant un domaine intérieur dans lequel on est son propre maître et où l’on peut par conséquent abandonner un comportement défini par son rôle social pour adopter une conduite qui, en théorie, n’a plus besoin de se conformer à qui que ce soit d’autre qu’à soi-même; puisque l’on serait « chez soi ». Le « chez-soi » serait donc à la fois le lieu où l’on nait ou que l’on a adopté et l’ancrage historial et quotidien qui en découle. « Le chez-soi n’est pas représentable, ce n’est pas une forme précise que l’on peut prendre au miroir ou en photo, il est plutôt du côté des liens, des liaisons, des relations qui animent le réel ».

D’un point de vue plus psychanalytique, FREUD démontre en effet que l’espace n’est pas seulement un cadre englobant mais aussi la prise en compte de l’inconscient dans l’existence d’un espace (l’espace symbolique propre à l’imaginaire). La clinique de la phobie découvre alors que ce point d’évitement, structurant pour l’espace, est un point qui tient lieu d’interdit ou d’évitement. Par exemple chez une personne autiste, sa structure psychique est complètement diluée dans l’espace et dans le temps, d’où son repli sur lui-même. D’un point de vue anthropologique, Isabelle Non dans Anthropologie du domicile expliquera qu’un lieu d’habitation va au delà de la simple dimension matérielle: « Tout d’abord l’abri qui permet à la fois de garantir le confort la salubrité et l’intimité. Mais c’est aussi le lieu d’activités, le théâtre de la famille et de la sociabilité. Enfin, le logement, par l’adresse, induit un ancrage dans un territoire ». Ainsi le fait d’habiter nous renvoie inexorablement à autrui, à notre statut et rôle dans la société et à tant de poids sur les relations sociales; on peut dès lors s’interroger sur la façon qu’un groupe trouve et fait sa place dans son habitat et la symbolique qui en découle.

Beaucoup de psycho-sociologues se sont interrogés sur des questions d’actualité telles que : comment favoriser l’intégration de certaines populations ?

Ainsi une réflexion sur le terme même d’habiter semble propice à trouver des pistes de réflexions. En effet, si l’habitat représente tant de chose pour la personne elle-même et est vecteur de sa place dans la société, il semble nécessaire de travailler dessus lorsque une personne se sent exclue de son espace de vie (exemple: le pays d’accueil). « L’habitation est liée à la manière dont l’homme se sent citoyen dans l’Etat. L’habiter est un problème vaste et profond, car il met en relief ce qui, dans chaque homme, en fait sa particularité, au sens où chacun habite différemment ».

Un grand travail théorique et pratique est alors à faire sur certaines thématiques comme: lier l’intime et le commun, l’architecture et l’articulation d’une ville (avec l’offre de transports et d’accessibilité à la culture/ loisirs par exemple), l’acceptation  sur les besoins different (maison, logement sociaux, jardin, parc…) mais surtout la notion d’accueil.

Attardons nous un instant sur cette notion d’accueil dans un espace de vie.

Habiter ne va pas sans cohabiter, et a fortiori avec ses propres voisins. « Cohabiter, c’est co-produire et négocier des temps et des usages dans lesquels nous pouvons affirmer notre identité, sa pratique et sa représentation». La cohabitation peut être une source d’obligations, mais aussi de solidarité : elle s’organise autour des défenses collectives, de l’aide et du soutien, des services rendus. La cohabitation implique le partage des espaces de vie (possible difficultés relationnelles avec les voisins ce qui peut amener à une désacralisation et exclusion, où seule la négociation et la médiation pourront aider). Ainsi la façon dont on est accueilli dans un nouvel espace va impacter notre façon d’habiter ce même espace. « L’accueil est, et reste, un souci constant qui s’adresse à l’autre en tant qu’autre, et qui vise aussi à donner à l’homme sa dimension être-homme. » L’accueil permet de donner du sens au monde qui nous entoure et donc de donner une place à la personne accueillie. Car cela permet de donner un lieu et un temps à soi-même. Accueillir l’autre c’est aussi accueillir la différence. Comment par exemple, la façon dont les parents accueillent l’enfant adopté a des conséquences (carence affective, pathologie, confiance en soi…), ou encore pour un sans-abri qui doit tenter de trouver sa place dans un espace public. L’accueil serait alors une façon propice de travailler auprès des populations qui arrivent dans un espace et qui n’ont pas encore acquis les nouvelles habitudes de ce lieu de vie. Ainsi la manière d’accueillir a un impact sur la  « permission » d’habiter un lieu et donc la façon d’investir l’espace.

L’accueil est dès lors un défi de taille, puisque habiter un espace est aussi un marqueur d’identité et donc un vecteur social comme on l’a expliqué plus haut. Habiter sa propre demeure, c’est aussi « avoir le choix ». Le choix de rentrer ou de sortir, de s’isoler ou d’être en collectivité, de se laisser aller à ses humeurs ou non (sans devoir répondre aux normes de la société extérieure). Ainsi le droit au logement ne peut pas se résoudre ni se résumer à un simple droit à l’abri ou au logement comme la politique actuelle voudrait nous le faire croire. L’habitat est un véritable enjeux de société, il s’agit d’une épreuve à surmonter pour construire son intérieur (un territoire privé et de protection), se constituer un chez soi, c’est investir un lieu, et le posséder par l’appropriation, y faire habiter son corps mais aussi des objets et des souvenirs. Ainsi pour Nadège LEROUX, l’habitat serait à la fois un nid, un habit et un repère. Ainsi on peut dire qu’habiter fait lien avec l’existence, cela fait partie intégrante de l’identité de la personne, le « chez soi » participe à l’insertion sociale de chaque individu, et constitue une étape essentielle dans la connaissance de soi.

Par exemple, si je regarde tout simplement dans ma maison la façon dont j’ai disposé les meubles et les objets, les photos accrochées ou non, représente ce que je suis, et mon intérieur est bien different de celui de quelqu’un d’autre. D’ailleurs lors de mon voyage en Inde, j’ai pu découvrir bien d’autres façons de voir « l’habitat »: du plus luxueux ou plus simple. En effet, comme le dit I.NONY, « L’homme a donné toutes les formes possibles à son abri : yourte, tente, igloo, mas, chaumière, cottage… ». Mais la vision même de l’habitat comme on l’a vu précédemment change selon la personne, et parfois peut sembler aux antipodes de notre vie en France. Si on prend exemple sur la religion bouddhiste en Inde; il n’est pas rare de voir certains pratiquants expliquer que vivre sans abri, dans la rue n’a que peu d’impact sur leur rapport au monde et aux autres car l’essentiel serait de savoir avant tout habiter son corps. Dans le Bouddhisme, « la notion d’un moi est une illusion. Il n’y a pas de moi. Le définir, qu’elle qu’en soit la signification, est à l’évidence un problème sémantique, une question de frontières et de perception ». Cette philosophie de vie est bien différente dans notre société, où le lieu de vie a un impact fort sur notre rapport au monde et un impact considérable sur l’image de soi face aux autres (impactant ainsi directement le bien être d’une personne ou d’une population). D’ailleurs, Olivier SACKS dans Hallucination disait: « le fait que nous habitions notre corps,  nous semble être la chose la plus certaine qui soit dans ce monde, nous semble être le seul fait irréfutable », c’est en cela que l’on est sûr d’être soi dans un espace donné. On remarque d’ailleurs que ces dernières années la psychologie met l’accent sur l’importance de renouer avec soi même, avec ce que l’on est, indépendamment de l’espace où l’on est, d’apprendre à habiter son corps et se connectant plus à ses ressentis qu’aux stimulus externes.

« Construire un espace habité, c’est donner les moyens à chacun d’apporter les fils différents et de couleurs diverses parfois de sa propre histoire pour tisser avec d’autres une nouvelle histoire. »

Nous avons compris que l’habitat et l’acte d’habiter font partie intégrante de la vie de l’homme dans notre société : la demeure est l’enveloppe qui permet de se protéger et donc de survivre ; elle permet aussi de vivre son intimité, de cacher tout ce qui est dérangeant ou trop secret dans la vie d’une personne, afin de montrer une image relativement maîtrisée de soi ; et enfin, elle permet l’obtention d’un statut social et aide à se situer dans la communauté.

Habiter, c’est donc exister socialement, juridiquement et administrativement. Pour les sans abris par exemple, habiter c’est également avoir la possibilité de choisir le toit avant le travail ; pouvoir justifier d’un statut de résidant afin d’avoir la légitimité de demander, d’obtenir et d’assurer un emploi (identité administrative, dissimulation du statut de sans domicile fixe, logement comme symbole de stabilité, conditions d’hygiène correctes…).

Finalement se constituer un chez-soi, c’est réapprendre le « savoir-habiter » en acceptant l’enfermement et la solitude, en s’organisant un logement à son image, et en sortant de la marginalité. Il s’agit d’une réadaptation, il faut donc proposer par l’architecture des étapes progressives qui mènent à la réappropriation complète d’un espace de vie afin d’aider à récupérer une autonomie et à redonner confiance dans les populations les plus fragilisées.

La « maison » permet à chacun de se situer dans sa relation aux autres. Mais habiter, c’est aussi accepter des règles de vie communes : c’est par le respect des règles et l’acceptation des contraintes que l’adaptation à un système sociétal est possible (et donc la réinsertion sociale pour les personnes les plus exclues). L’accès au logement mais aussi l’accueil dans ces logements est encore aujourd’hui une problématique centrale de notre société. L’architecture du lieu doit pouvoir permettre la personnalisation d’un espace de vie et favoriser son appropriation. Il faut alors proposer une architecture de choix, sans imposer de pratiques ou d’usages dans le logement même, afin que chacun puisse définir « son mode d’occupation » de l’espace. Par exemple, le besoin d’un habitant en logement social dépasse la simple demande d’un logement, il doit pouvoir l’investir au delà de l’idée de la charité ou de la différence avec son voisin locataire du parc privé.

Cependant habiter un espace est aussi dépendant de la façon dont l’être humain habite son corps pour ce qu’il est mais aussi comment il va habiter son corps dans son espace. Car habiter est une notion complexe qui évolue et se met en place dès l’enfance, dès lors que le bébé prend conscience de son existence, de son corps, de ses ressentis dans un espace où il aura été accueilli avec bienveillance.

Finalement habiter n’est rien d’autre qu’apprendre à être soi, pour soi-même pour les autres et avec les autres dans un espace où chacun y place ses propres limites.

SOURCES

 

FISHER Gustave-Nicolas, La psychosociologie de l’espace, PUF, Que-sais-je ?, 1981, p. 105-106.

 HEIDEGGER, « Bâtir habiter penser », 1951, in Essais et conférences, traduction A. PRÉAU, Paris, Gallimard, 1958, p. 186-188.

 HUSTVEDT Siri, La femme qui tremble, Broché, 2010.

 LAZZAROTTI, Olivier et FRELAT-KAHN, Brigitte (dir). (2012), Habiter : vers un nouveau concept, Paris, Armand Colin, 2012

 LEFEBVRE Henri, La production de l’espace, 1974, 4e édition, Ed. Anthropos, 2000, p. 362-365.

 NADOULEK Bernard, Nomades et sédentaires: l’invention de la guerre, Kesselring éditeur, fev 2012.

 SALIGNON Bernard, Qu’est-ce qu’habiter?, Éditions Z’édit., 1991.

SEGAUD Marion, Anthropologie de l’espace, Armand Colin, 2010.

 

 

 

 

 

Vous avez aimé cet article, n’hésitez pas à le partager et à venir nous rejoindre sur notre page Facebook: ICI

Si tu veux suivre notre actualité et recevoir notre e-book GRATUIT sur: 

"AVOIR UN COUPLE EPANOUI EN 3 ETAPES", 


inscris-toi à notre newsletters ! 

( => en un clic sur la barre latérale  !) 

 

Une réaction au sujet de « Habiter son corps pour vivre chez soi »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *