Faut-il conseiller ?

Faut-il conseiller ?

L’Homme est un « animal social ». En effet, « Aucune vie humaine, fût-ce la vie de l’ermite au désert, n’est possible sans un monde qui, directement ou indirectement témoigne de la présence d’autres êtres humains. » souligne Hannah Arendt.

De tous temps, les communautés humaines ont existé. L’anthropologue Levi Strauss démontera dans ses études que les Hommes ont toujours vécu dans des sociétés régies par des règles différentes à l’exception d’un grand interdit qu’il aura pu observer dans les diverses communautés : l’interdit de l’inceste (empêchant l’exogamie).

La tragique expérience de l’empereur Frederic II au XIIIème siècle démontre notre besoin de lien social. En effet, curieux de savoir quelle langue les enfants parleraient naturellement, ce dernier ordonna à des nourrices de s’occuper des besoins biologiques de 6 nouveaux nés. Malheureusement, bien loin du résultat escompté, ces derniers périrent.

Le contact social semble donc indissociable de toute vie humaine, à plus forte raison aujourd’hui dans cette époque où les normes sociales se délitent, les murs se dérigidifent et des modes de vie impensables il y a cinquante ans encore sont possibles, il est normal de se poser des questions, et vers qui se tourner si ce n’est vers nos proches pour des conseils ?

Cela m’amène à cette question :

Peut-on réellement conseiller un ami ?

L’expérience nous démontrera régulièrement que malgré de « bons conseils » prodigués à un ami, ce dernier n’aura pas suivi nos directives pourtant bienveillantes. Tout comme nous ne suivons pas forcément ceux que l’on nous demande.

Il convient de comprendre avant tout l’objet de la question :

Je pense a Olivia que j’ai rencontré en stage de professionnalisation. Elle me dit « je n’arrive pas à savoir si je dois quitter cette branche d’études » , à la question « pourquoi », je comprends au final qu’elle est en proie à certaines peurs : celle de décevoir ses parents, celle de ne pas réussir aussi bien dans un nouveau domaine, d’être rejetée par ses amis de classe.

Aujourd’hui, elle a changé de domaine de compétences pour aller vers là où son cœur balançait, diplômée.

« Il n’y a rien dont l’exécution est plus difficile ou la réussite plus douteuse ou le maniement plus dangereux que l’instauration d’un nouvel ordre des choses. » Machiavel.

Prendre une décision implique d’accepter un changement, d’en peser les retombées de divers types et de faire un pas en avant vers l’inconnu.

G.Bateson distingue cependant deux types de changements dans les systèmes humains : En premier lieu, celui qui  permet à un système de maintenir son équilibre par la mise en place de mesures correctrices d’adaptation, assurant ainsi sa permanence. Le second consiste en celui qui va amener à une modification de ce système.

Ainsi, les changements peuvent être effrayants, grisants, extraordinaires et demandent un temps de réflexion.

Cela implique donc une réflexion intime au regard des éléments extérieurs mais également internes à notre système de valeurs.

Toutefois, lorsque nous conseillons les autres, nous avons tendance à projeter nos référentiels de valeurs au regard des éléments que nous connaissons de la situation bien qu’il nous manque bon nombre d’éléments.

Parfois la meilleure manière d’aider un ami consiste à lui poser des questions pour l’aider à comprendre ce qui le pousse à s’interroger, ce qui le freine, pourquoi cela le freine, imaginer le pire cas de scénarios pour se rassurer sur la gravité ou non des faits, etc… Amener l’Autre à s’interroger est parfois le meilleur des cadeaux.

Il n’est pas exclus de donner votre avis, mais veillez à rassurer l’Autre sur le fait que votre avis n’engage que vous, au travers du prisme de votre être et votre intériorité.

Enfin, accompagnez le changement ou l’immobilité choisie, votre proche aura fait le choix qu’il juge le meilleur pour lui-même au moment T, quoi que l’on en pense. L’Autre peut se tromper, mais ne dit-on pas qu’il est parfois nécessaire de faire ses propres erreurs ?

Par ailleurs, nos choix sont en partie inconscients et celui qui le fait y trouvera des « bénéfices » primaires (soit la première motivation) et secondaires (qui ne constituent pas la motivation fondamentale). Il est bien le seul donc à pouvoir faire ses choix  Ainsi, soyez bienveillants, accompagnez le changement .

“Le secret du changement consiste à concentrer son énergie pour créer du nouveau, et non pas pour se battre contre l’ancien.”  

Dan Millman / Le Guerrier pacifique

 

SOURCES

SZONDI, L., de la psychologie du choix [article]

BRENNER, C., An elementary textbook of psychoanalysis, New-York : Oxford Uniersity Press

FREUD, S., Fragment d’une analyse d’hystérie : Dora (orig. 1905). Dans : Cinq psychanalyses, Paris,

Hannah Arendt, Condition de l’homme moderne

Claude LEVI-STRAUSS, Les Structures élémentaires de la Parenté,

BATESON G., vers une écologie de l’esprit

 

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