Evitons de crier !

Evitons de crier !

Il est difficile de prendre un ton persuasif quand on crie à pleine voix !
Aldous Huxleydans Le meilleur des mondes (1931)

 

Crier est un besoin, le besoin de se faire entendre, le besoin irrépressible que les choses soient différentes… c’est donc le signe qu’un besoin n’a tout simplement pas été respecté. Mais c’est aussi le signe que la communication dérape et bascule vers une forme différente et non productive.

En effet, si crier peut stopper le dialogue, le mettre sur pause car l’autre est choqué, effrayé ou compréhensif, ça n’en reste pas moins un moyen extrême de s’exprimer; car crier intervient normalement en dernier recours.

Mais revenons au début…

Depuis la nuit des temps, crier est un moyen d’expression, que l’on retrouve chez nos amis les animaux ou chez les nouveaux-nés; crier est donc une capacité naturelle ! On crie de terreur, on crie de colère, on crie de peur, on crie de tristesse, on crie de frustration, mais on peut aussi crier de surprise ou de joie… dans tous les cas on crie quand l’émotion est trop forte pour être contenue. Quand c’est si puissant qu’on ne peut plus intérioriser au risque de se faire du mal, on rejette vers l’extérieur ce trop plein. Mais on peut aussi crier contre l’autre et c’est là tout le problème, c’est lorsque le cri n’est pas pour nous mais contre l’autre. L’autre n’est pas responsable de notre manque de gestion dans nos émotions, car qu’importe finalement on a tous cette capacité de self-control et ce même face à la pire situation. Mais en pratique cela reste difficile voire parfois impossible surtout lorsque l’on sait comment fonctionnent les neurones miroirs ( c’est une catégorie de neurones du cerveau qui nous fait exécuter la même action que l’individu que l’on est en train d’observer, comme par exemple pour le bâillement, mais cela s’applique aussi aux émotions).

Ainsi face à une personne prise d’une profonde émotion non maîtrisable au point où elle crie, on est soi-même mis sous pression, il suffit de voir comment on réagit face à un bébé qui pleure très fort. C’est aussi pour cela qu’il est difficile de garder toute sa bienveillance, surtout épuisé, si on a un bébé qui cri beaucoup et donc il est essentiel de pouvoir passer le relais !

N’oublions pas que crier est une VEO (Violence Educative Ordinaire) et que ça impacte très négativement le développement psychologique de l’enfant notamment dans l’estime qu’il va avoir de lui-même. De nouvelles expériences en neurosciences démontrent d’ailleurs que le cerveau de l’enfant réagit de la même façon si on lui crie dessus que si on le frappe, les conséquences sont les mêmes et peuvent être dramatiques sur le long terme: faible estime de soi, diminution des connexions neurones, comportements antisociaux voire violents,  trouble du développement …

Pour en savoir plus, je vous propose d’aller sur le site de l’Observatoire de la Violence Educative Ordinaire (http://www.oveo.org/les-effets-de-la-violence-educative-ordinaire/). Ainsi, lorsque vous criez vous entravez gravement le développement d’un enfant.

Cependant crier sur un autre adulte n’est pas non plus anodin, outre le fait que vous allez entraver la communication, vous allez aussi énerver votre interlocuteur. Ainsi sachez que ce n’est pas parce que l’on crie que l’on se fera mieux comprendre, au contraire, les cris attaquent, rabaissent, humilient,  et finalement sont une forme de maltraitance. Pourtant beaucoup de couples banalisent ce type de communication et ne se rendent plus compte que cela détériore petit à petit leur relation. La confiance s’effrite ne laissant alors plus qu’un amère regret.

Pour éviter d’en arriver là voici quelques conseils:

 

1- Apprenez à vous connaître, à savoir où sont vos limites et à dire STOP quand vous sentez un trop grand agacement.

2- Si l’agacement est déjà présent, prenez du recul physiquement (en allant faire un tour ou en respirant) ou psychologiquement (en vous disant que l’autre ne se rend pas compte du mal qu’il peut vous faire, qu’il ne vous connait pas et donc ne porte pas de jugement sur votre personne…).

3- Sachez regarder au-delà de l’autre pour vous exprimer et recentrez-vous sur vous, parler de vos émotions et n’attaquez pas l’autre: le Tu tue ! Tentez de vous concentrer sur vos ressentis. Par exemple au lieu de dire « tu me blesses » tentez plutôt de dire « je me sens blessée ». Parlez de ce qui vous appartient à VOUS !

4 – Si l’autre est dans l’attaque, décrivez ses comportements et pas sa personne, ne surenchérissez pas !

5- Mettez un terme à la conversation, à la situation avant que cela ne dégénère et proposez de revenir en parler plus tard, au calme, à un autre moment, dans un autre lieu…

 

Je te propose également cette vidéo que j’ai faite qui peut t’aiguiller sur la communication non violente: http://ailesetgraines.com/limportance-de-la-communication-bienveillante/

Ou cet article pour désamorcer les conflits :  http://ailesetgraines.com/5-etapes-pour-desamorcer-un-conflit/

 

SOURCES

JACOB André, Anthropologie du langage: construction et symbolisation

CHRETIEN Jean Louis, Saint Augustin et les actes de parole, 2002.

GUEGUEN Catherine, Pour une enfance heureuse.

Observatoire de la Violence Educative Ordinaire (http://www.oveo.org/les-effets-de-la-violence-educative-ordinaire/

Site : https://nospensees.fr/

 

 

 

 

 

 

 

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