Quand le couple devient parent…

Quand le couple devient parent…

On a beau nous avoir prévenu… il reste souvent un fossé, vous savez, celui bien placé entre la théorie et la réalité!

Car il faut bien se le dire – et se le redire -, il y  un avant et un après 1er bébé. On nous vend les petits pieds à bisouter, les câlins et les premiers pas comme les plus belles choses du monde… c’est vrai, mille fois vrai; mais même si on daigne vaguement nous briefer sur la fatigue et les couches pleines, on en oublie souvent de dire que plus que ton quotidien, ton couple va irrémédiablement changer. Chacun devient personnellement parent. Et passe du stade de « je suis le/la fils/fille de … » à « je suis le/la père/mère de… ». Si les deux êtres composant le couple changent en profondeur, comment pourrait-il en être autrement pour la relation conjugale?

Selon les statistiques, pas moins d’un couple sur cinq se sépare avant les 5ans de l’enfant, et même un couple sur douze pendant la 1ère année! Une expression est née de ce terrible constat: « le baby-clash« . Charmant, non ? (Je vous rassure, je ne trouve pas cela charmant, non… !) Beaucoup de spécialistes tiennent ainsi le discours suivant: la séparation n’est jamais le fait de la présence de l’enfant, il ne crée aucunement les problèmes; il sert simplement de catalyseur, d’amplificateur – par la nécessité pour chacun de trouver sa nouvelle place, par la fatigue générée, par les ajustements demandés pour faire la place à ce petit être, les attentes personnelles et conjugales qui changent, … – en mettant en exergue certaines fragilités profondes déjà présentes au sein du couple.

Bien sur, la fatigue liée au manque de sommeil des premiers mois de vie (voire premières années, certains enfants ne faisant pas de loooongues nuits d’une traite avant 3, 4 ou 5ans ou plus…) amène une personne à se mettre dans un état de survie; l’égoïsme – en fait la capacité à prendre soin de soi ici – est forcément précieux dans les rares moments où bébé nous laisse prendre un temps de repos, afin de permettre de se régénérer; il en découle de fait souvent un manque de patience, d’écoute, de compréhension, de présence en fait, pour son partenaire.
De l’agressivité pure et simple peut en jaillir – moins rarement que ce que l’on souhaiterait – au sein du couple car il faut bien trouver, pour certaines personnalités poussées dans des retranchements de survie, un bouc émissaire facile dans ce quotidien difficile, et si ça ne peut pas être bébé qui servira de cible, ce sera forcément le/la conjoint/e ! Deux personnes épuisées ont d’avantage de difficultés à communiquer de manière bienveillante et/ou à garder leur calme face à une énième frustration.

On est humains, forts et fragiles à la fois.

 

Petites mises à jour ironique dans le disque dur du couple, quand on passe de 2 à 3:

« Prends juste 2 culottes chérie, on part à l’improviste! » devient « Fais le listing des choses à prendre; et faut à tout prix qu’on se démerde pour partir à l’heure de la sieste de bébé!!« ;

« Je suis épuisé(e), on se fait un plateau-repas-film? » devient « Je suis épuisé(e), j’espère que les petits vont vite piquer du nez ce soir pour pouvoir m’affaler comme un sac... »;

« Toi, moi, ici, pas le temps d’aller jusqu’au lit… » devient « Détour express par la table à langer; c’est bon chérie, la couche est mise, dodo pour tout le monde!!« ;

« Ca ne va pas toi… tu veux qu’on en parle? » devient « Ca ne va pas toi… on en parle quand les petits sont au lit ? » ou, selon l’état général, « Moi aussi ça ne va pas, chacun fait ce qu’il peut, courage à toi…« ;

« N’oublie pas le contraceptif » devient « Je dors que 3h/nuit, et puis bébé ne dort que sur moi, donc t’oublies! Non mais, direct!« ;

« Vivement ce week-end pour les grasses mat’!‘ » devient « Vivement dans 10ans, pour leurs grasses mat‘ »;

« Toi et moi contre le reste du monde » devient « Toi et moi, avec les pleurs« .

Quand aller aux WC seul est devenu un luxe, c’est que passer du temps de qualité avec son partenaire est souvent devenu denrée rare!

Bien au-delà de la fatigue, des nouvelles habitudes à prendre pour chacun, des soucis de communication ponctuels au sein du couple, c’est le centre de gravité de celui-ci qui se déplace totalement avec l’entrée dans la parentalité. Les besoins de l’enfant seront toujours prioritaires, et vous irez chercher au plus profond de vous-même pour vous lever une énième fois dans la nuit, pour le bercer ou chanter pour la 100000ème fois la même chanson (« Il en faut peuuuu pour être heureux, vraiment très peu pour… « , « Dans la jungle, terrible jungle, le lion… », … bref ce qui vous passera par la tête pour l’aider à s’endormir^^).

 Dans ce contexte, la relation ne peut que changer; inévitablement. Le couple peut alors prendre mille directions: par exemple, essayer de préserver coûte que coûte un temps de qualité – même si faible en quantité; ou alors, se fondre, se diluer totalement au sein de la famille quitte à redessiner des contours plus nets une fois les enfants plus grands; ou encore, grappiller des moments à deux quand le quotidien nous en offre. C’est essentiel ! Trouver des solutions, spontanément ou par le biais de la réflexion / communication, à tous les changements au sein du couple induits par la présence d’un enfant – changement dont l’un des deux partenaires souffre, bien sur – est absolument vital. Un couple fusionnel avant l’arrivée des enfants se retrouve alors devant une situation où il va devoir partiellement ou totalement défusionner, ou alors chercher une adaptation de l’organisation de sa vie afin de permettre à un nouvel élément d’entrer dans ce schéma. Si avant de fonder une famille, vous étiez plutôt un couple épanoui séparément dans des passions et des espaces propres, la raréfaction du temps disponible réduira d’autant vos moments à deux, partagés – et se posera alors peut être la question de savoir comment réussir à préserver certains éléments qui étaient fondamentaux dans votre couple.

Il y a également une autre donnée à prendre en compte, dans cette transition si particulière de « couple non parent » à « couple parent »: bien sur, le quotidien change, vous vivez au rythme de bébé et ce n’est en soi déjà pas évident de faire systématiquement passer ses propres besoins après ceux de quelqu’un d’autre, aussi bébénou soit-il; et cela peut avoir des effets dévastateurs – pour soi et, par voie de conséquence, pour l’enfant – si l’autre parent n’est pas soutenant et impliqué activement d’une façon ou d’une autre dans ce quotidien chamboulé. Si vous ne formez pas une vraie équipe parentale avec votre partenaire, les sentiments négatifs risquent de fuser: de l’incompréhension on passe vite à la déception et de la frustration à la colère. Il vous faudra parler, toujours. Accepter que l’autre n’a pas tort de principe parce qu’il pense différemment, ou parce qu’il s’implique spontanément moins qu’attendu; chacun a son vécu personnel en tant qu’enfant, et des schémas de fonctionnement resurgissent spontanément. Avoir une communication, verbale ou non-verbale, bienveillante – autant que faire se peut est un bon moyen. Et c’est souvent là que le bât blesse; même un couple avec une communication permettant l’épanouissement de chacun des deux partenaires avant l’entrée dans la parentalité bébé, éprouvent des difficultés à communiquer positivement après, car il n’est pas évident de trouver le temps et l’énergie adéquate pour échanger sereinement. Quand le sujet épineux se trouve en lien avec le nouvel arrivant dans la famille, on rentre de plus dans un magma émotionnel composé de valeurs éducatives héritées, de normes, de fantasmes, de transferts de sa propre enfance, de réminiscences multiples…

Ce n’est bien sur pas évident tous les jours, loin s’en faut; mais, nous pensons que c’est une magnifique occasion de repenser autrement votre couple aimant, et d’apprendre à se connaître différement, en allant plus avant dans l’enfance et le futur de l’être aimé.

Deux personnes fondent une famille. Deux personnes avec leurs parcours, leurs éducations reçues, leurs blessures d’enfance, leurs idéaux… et parfois – pour ne pas dire souvent – des désaccords arrivent avec les divers choix à effectuer dans son rôle de parent – modèle éducatif, garde, alimentation, … Or, il est très délicat de faire des concessions quand il s’agit de ses enfants, et que l’on pense que notre façon de faire est la meilleure pour eux. Quelle raison peut bien être assez forte pour que je puisse lâcher sur un point qui, j’en suis persuadé(e), favorisera l’épanouissement de mon enfant? Communiquer est un mot clé. Et mettre à distance la situation. Pourquoi l’autre pense différemment? Et si je me trompais? Et quand même bien je ne pense pas me tromper, je peux reconnaître que l’autre me semble violenté par mon choix. Pourquoi? De plus, peut-être avons-nous tous les deux raisons de penser que ce l’on pense? A chaque histoire, chaque chemin. Qui suis-je pour estimer que le mien prévaut sur le sien?

Arrivons ensemble à trouver notre solution, épanouissante pour tous. Car imposer sa vision écarte systématiquement l’autre de la décision, et fragilise de fait la communication, l’implication de l’autre et l’équilibre général de votre famille. Le couple est le poumon de la famille, et s’il halète, c’est tout le monde qui tousse. Ce travail demande une vraie mise à distance de son propre vécu en tant qu’enfant, afin de devenir pleinement parent et ne plus rester dans sa propre enfance.

 

Gardons à l’esprit cette pensée magnifique: en plus d’être la personne que tu aimes de tout ton coeur, le partenaire devient la mère ou le père de tes enfants. Tu apprendras dorénavant à le/la voir totalement différemment. Et si, un peu comme ce qui se fait ici dans notre famille – à notre façon toute personnelle – tu arrives à mettre en place une douce communication bienveillante – même si ce n’est pas toujours évident, ce n’est pas inné, tout se travaille -, où chacun se sent écouté et respecté pour qui il est, sans jugement aucun… Et bien tu sais quoi? Tu l’aimeras encore plus que le premier jour. Plus que jamais, tu es avec ton partenaire de vie. Tu auras vécu des évènements et des épreuves, quels qu’ils soient (souvenirs d’enfance heureux, nuits compliquées, fou rires, reflux, premiers pas…), gravés à tout jamais en vous. Vous les aurez surmonté côte à côte, main dans la main. Vous en sortirez plus forts, plus épanouis, sereins; votre amour sera inébranlable.

 

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