Le co-allaitement: interview d’une super maman !

Le co-allaitement: interview d’une super maman !

Aujourd’hui on souhaitait te proposer de partager quelques minutes avec la créatrice d’Apasdemoa Collier d’allaitement et de portage. On a t’a déjà parlé d’elle dans une de nos dernières vidéos sur l’allaitement. Outre le fait que c’est une maman bienveillante, mom’entrepreneuse et en formation pour devenir animatrice en allaitement auprès d’une grande association, elle fait partie des rares mamans qui co-allaitent.

Déjà qu’en France, les mamans allaitantes ne sont pas en majorité, alors les mères co-allaitantes jt’en parle même pas! Loin des clichés de la mère névrosée qui maintient son enfant au sein ou de celle qui refuse de le voir grandir, Mayane te propose ici sa vision du co-allaitement.

Attention, aucun tabou, toutes les questions qu’on ose pas poser à ces supers mamans, et auxquelles tu aurais aimé avoir une réponse sont ici ! 🙂

 

« Salut Mayane! Pourrais-tu te présenter en quelques mots?

Me présenter… difficile à faire sans parler de notre tribu, car c’est notre équipe qui fait de moi celle qui te répond aujourd’hui!

Nous somme une joyeuse tribu constituée d’un papa, d’une maman créatrice de collier d’allaitement (mais pas que…) et de deux enfants plein de vie, une association, et des choix de vie alternatifs…​

Mes enfants et mes propres expériences d’allaitement m’ont décidé à devenir créatice de collier d’allaitement et de portage. J’aime créer sur mesure avec les mamans, j’aime tout dans ce métier! Pouvoir choisir mes tissus en coton bio, m’amuser avec mes perles en bois naturelles non traitées!

Mais aussi à tenir un blog pour discuter de sujets qui nous tiennent à coeur, et partager notre experience de vie à quatre, car oui, nous vivons, et travaillons ensemble tous les jours, tous les quatre…

Quelle est ton histoire avec le début de l’allaitement? (ça t’a paru normal, décision facile, début difficile…?)

Lors de ma première grossesse, l’allaitement était une option, parmi d’autres quand tu deviens jeunes parents. Nous partions sans idées, sans apprioris, sans questions… Ah si ! quelques questions techniques sur l’allaitement auxquelles a patiemment répondu notre sage femme diplomée en lactation à l’époque. Et puis bébé est arrivé, après quelques peripéties d’accouchement (césarienne d’urgence) en bonne santé! Nous nous sommes retrouvés avec ce bébé, déposé là en douceur par la sage femme, sur mon ventre. Notre tout petit qui par un refelexe des plus primaires et archaïques est remonté le long de mon corps bien fatigué, pour venir chercher ce flux vital à sa vie, mais aussi à sa survie pour continuer à grandir, murir dans ce monde d’un coup si brutal, dans lequel il allait devoir évoluer, et pour lequel des millenaires d’évolution ne l’ont pas encore préparé (mais c’est là un autre débat!). Et c’est avec une émotion intense, une révélation primaire que je l’ai laissé faire, et, ai admiré sa volonté, sa patience, son énorme capacité pour un être si petit, si immature à trouver ce qui lui était naturel et nécéssaire. Nous avons été émerveillés, subjugués… Une évidence naturelle s’est imposée à nous. Nous allions allaiter.

Du coup pour sa soeur, aucune question ne s’est posée, l’allaitement allait de soi!

Avais-tu toi-même été allaité? (Et si oui, combien de temps? Etait-ce important pour ta mère?)

Moi je n’ai pas été allaité, car j’ai été hospitalisé dès ma naissance. Mais ma maman a allaité ma dernière soeur quelques mois. Je ne sais pas trop si c’était important pour elle. Je ne connais pas son ressenti vis-à-vis de l’allaitement. Nous n’en avons jamais vraiment parlé.

Y-avait-il des mères allaitantes (amie, famille, …) autour de toi avant que tu décides de te lancer dans l’allaitement?

Oui en effet, ma cousine, et ma belle-soeur ont été mam’allaitantes avant moi. C’est d’ailleurs rigolo car ma belle-soeur a allaité une moyenne de 18mois, et je me souviens à l’époque je me disais « nan mais jamais, c’est n’importe quoi… » aujourd’hui je fais régulièrement mon mea-culpa interieur!!

Ce sont deux superbes mamans avec lesquelles j’ai beaucoup discuté allaitement, lorsqu’on s’appelait pour prendre des nouvelles de nos bébés!

Partais-tu au départ dans l’idée d’un « allaitement long »? 

Pour ma part non! Et d’ailleurs je ne parle toujours pas d’allaitement long! D’ailleurs je ne sais pas ce qu’est un « allaitement long »! Par contre je sais ce qu’est un « sevrage précoce » ou un « sevrage induit » !!

 

On dit souvent que l’allaitement est un contraceptif; qu’en penses-tu?

Je finis de rire et je te réponds!!

Plus sérieusement j’ai eu mon retour de couches trois semaines après mon enfantement, avec un allaitement exclusif! Voilà déjà un préjugé qui peut sauter! Le retour de couches peut se faire avant l’espacement de tétées ou l’arrêt de l’allaitement.

Et donc même avec un retour de couches tôt et malgré des cycles archaïques et bien Lili s’est installée alors que Titi avait 18mois et encore allaité de jour comme de nuit!

Lorsque tu es tombée enceinte de ton 2ème bébé, comment as-tu géré ton allaitement (diminution de la lactation, colostrum…) avec ton aîné?

AH THE QUESTION! Comment gères tu? Comment as tu géré?

Ma réponse va probablement laisser dubitative, mais je ne gère pas! Tout simplement.

De manière générale je ne compte pas, je ne calcule pas, je ne tire pas mon lait pour savoir combien de ml prend mon/mes bébé/s, je ne pèse pas mon/mes bébé/s.

Aller vraiment ce qui me guide beaucoup aussi, c’est l’état d’éveil de mes enfants. Tant qu’ils vont bien, je pars du principe que tout va bien!

Je vis, j’allaite, je ris… Et j’ai confiance en mon/mes bébé/s et la nature pour le reste!

De manière générale je ne sais jamais dire quand mon corps passe en lactation auto-gérée (autocrine) ou si c’est encore géré par les hormones… Bref…

Je vis mon allaitement avec une certaine dose d’insouciance, me posant les questions qu’au moment où j’en ai besoin (engorgement, mastite, candidose!)

Du coup pendant ma grossesse je ne sais pas du tout si j’ai eu une baisse de lactation, puisque titi est un serial téteur et ne m’a jamais fait de reflexion!

L’arrivée du colostrum j’ai fini par le comprendre le jour où j’ai voulu soigner une blessure de Titi (oui le lait peut servir à de multiples choses!) et où n’arrivant à tirer que trois malheureuses gouttes, légèrement colorées, j’ai compris pourquoi cela faisait quelques jours que Titi faisait la grimace en tétant !!!

A partir de là nous avons mis en place tout un processus de discussion et de jeu avec Titi, pour anticiper le partage des tétées.

Et comment ton aîné a-t-il géré cette période?

Ce fût surtout pour lui comme pour moi des adaptations « techniques » ! En effet il ne pouvait plus forcement se mettre sur mes genoux face à moi pour téter. Nous avons appris à téter en étant lui assis à coté de moi.

Pour la nuit, cela nous faisait faire un peu de gym, histoire de trouver nos positions !! lol!!

Comme je t’en parlais plutôt c’est l’arrivée du colostrum qui a demandé le plus d’adaptation !

Titi a passé une semaine a faire une grève de tétée et pendant cette semaine il comparait mes seins au robinet de la cuisine. Car pour mettre les choses en perspective et à sa portée je lui avais expliqué que dans les seins de maman, il y avait de « l’eau » (colostrum) maintenant, et que le lait reviendrait quand sa soeur sortirait de mon ventre.

De ce moment, à mon retrour de la maternité il a souhaité un biberon de lait, pour compléter le côté « nourrissant » du sein qui lui manquait. Mais après sa semaine de grève il a toujours tété et ce jusqu’au bout! Et même à peine quelques heures avant l’accouchement.

A la naissance de ta fille, as-tu aperçu des différences concernant la montée de lait ou la mise au sein comparativement à ton premier allaitement? 

A la naissance de Lili, j’ai du surtout tout réapprendre et surtout lacher prise!!

Bien que confiante, je me souviens m’être sentie perdu les deux premiers jours! J’ai tout de suite demandé à parler à ma sage-femme diplonée en lactation qui a tout de suite su trouver les mots justes : « pas de panique, vous savez faire !  C’est juste que vous êtes encore programmée sur l’allaitement d’un bambin. Votre fille n’a que 24H! »

Une fois les mots posés, cela m’a paru évident et toutes mes craintes se sont apaisées en moi. J’ai laché prise, me suis mis en état de découvete, et notre allaitement s’est mis en route tranquillement. Nous avons appris un nouveau rythme de tétée, de nouvelles odeurs, juste entre Lili et moi. Doucement, de façon complice, et avec une grande confiance l’une en l’autre! Elle en ma capacité à lui fournir ce dont elle avait besoin et moi en sa capacité à mener la barque !

Ton fils a-t-il souhaité « partager » naturellement les moments de tétées et de câlins avec sa petite soeur? Comment s’est passé ce passage de deux à trois pour lui et toi ?

Les premières tétées à la maternité, je m’organisais pour qu’au moment de son arrivée Titi puisse être seul à téter. Comme nous étions « séparés » pour quelques jours (bien qu’il venait avec papa tous les jours) je voulais qu’il ait ses moments d’exclusivités comme avant pour faire une transition en douceur. Papa prenait Lili et moi Titi dans mon lit. Si Lili pleurait alors on expliquait qu’elle avait faim, qu’elle n’avait que le lait de maman pour se nourrir.

La première mise au sein à deux Titi s’est mis en colère. Il pleurait et essayait de repousser sa soeur… Mais je connais suffisemment mon fils! Je lui ai donc tout de suite demandé quel sein il voulait bien « prêter » à sa soeur, pour lui permettre de s’impliquer et de redevenir acteur de ce qui se passait. Annihilant ainsi la sensation d’être volé, ou dépossédé de quelque chose qui lui était exclusif avant.

A partir de ce moment pendant quelques temps je lui posais cette question chaque fois que j’avais besoin de mettre Lili au sein et que lui-même souhaitait y aller.

Progressivement j’ai fini par remarquer qu’ils avaient chacun « leur » sein, et la question a disparu! Aujourd’hui tout roule et on peut même changer de sein « deux seins deux bébés! »

Et le papa dans tout cela, il en pense quoi?

J’ai la chance d’avoir un amoureux pro-allaitement!!

Pour le papa l’allaitement est une alimentation idéale. Pour lui le lait maternel est ce qu’il y a de plus sain, face à ce que l’on peut trouver dans l’industrie. De plus la femme étant naturellement faite pour allaiter, il y aurait dissonance à ne pas le faire!

Et puis il trouve ça beau! c’est souvent lui qui prend nos photos de séances d’allaitements par exemple!

Faut pas se le cacher, il trouve ça aussi beaucoup plus simple et pratique de ne pas avoir à préparer de biberon (ni se lever la nuit!), et d’avoir toujours ce qu’il faut sous la main !!

Même s’il aime aussi les rares fois où pour différentes raisons j’ai dû tirer mon lait et lui laisser pour bébé!

Mais pour lui il y a mille et une façon de s’impliquer auprès de ses bébés. Ca ne passe pas necessairement par l’alimentation. Cela n’est qu’une part de tout ce dont le bébé a besoin autant en termes physiques qu’affectifs!

On dit souvent que l’allaitement peut être un frein dans la vie sexuelle du couple, la poitrine étant très érotisée dans notre culture. Est-ce que le co-allaitement double le handicap ?

Ah la poitrine dans notre culture… Je pourrais en dire long… Mais je vais me concentrer promis !!

L’allaitement en soi n’avait déjà pas été un handicap, preuve s’il en fallait une : Lili!!

De fait, nous ne voyons pas en quoi le co-allaitement en serait un !

Cela demande, comme pour l’allaitement quelques ajustements « techniques », comme le fait qu’il y a des moments où je n’ai tout simplement pas envie d’être touchée. Soit par trop plein de touchés avec les enfants, mon corps réclamant d’être un peu en paix! Soit en cas de douleurs pour X ou Y raisons (engorgement, candidose, seins trop tendus…).

Mon amoureux respecte tout à fait cela! De manière générale, il me respecte entièrement. Il sait être patient et aimant de bien d’autres manières! Je ne suis pas réduite à une poitrine!! L’avantage c’est que je mesure 1m60 avec toute la peau et les parties du corps que ça comprend! ca en fait des choses à aimer !!

Et même si un troisième n’est pas à l’ordre du jour, tout va trés bien !!

Lorsque tu as appris ta seconde grossesse, as-tu pensé au co-allaitement tout de suite?

Je savais que le co-allaitement était possible. J’avais ouï dire que des mamans le faisaient. Pour le coup, en comparaison de ma première grossesse où je partais sans avis, là j’avais super envie de connaître cette experience. Mais je lisais beaucoup et entendais beaucoup que le grand avait tendance à se sevrer naturellement pendant la grossesse et encore plus à l’arrivée du colostrum. Donc je ne fondais pas de grands espoirs et espérais en secret pouvoir connaître cela. Mais sans pression pour personne. Ca se ferait tant mieux, ça ne se ferait pas, tant pis!

A mon grand bonheur, et mon heureuse fatigue, ça s’est fait!

Comment envisages-tu la suite de tes allaitements? As-tu des projections en tête?

Je n’envisage pas la suite de mes allaitements ! Comme je le disais plus haut je n’intellectualise pas ce sujet, je le vis! De fait je n’ai aucune projection en tête!

Mes enfants têteront tant qu’ils en ressentent le besoin, et je n’ai aucun doute quand au fait qu’ils s’arretêront un jour.

Si 3ème bébé il y avait, penses-tu faisable de nourrir 3 enfants en co-allaitement? Et plus?

Bien sur, ça ne me fait pas peur!

Il y a une notion à bien integrer. Je n’allaiterai pas 3 bébés, mais deux bambins et un bébé. Hors l’allaitement d’un bambin est complétement différent de l’allaitement d’un bébé.

Un bambin peut, avec un accompagnement doux et explicatif, patienter. Un bambin est diversifié, l’allaitement devient un complément au bout d’un moment et non l’inverse.

Les besoins et rythmes sont propres à chacun. Et j’observe ici avec mes deux loulous que chacun a ses moments, comme si ils savaient que là je suis plus ou moins dispo, pour un ou pour deux !

Quels sont les avantages et les inconvénients que tu vois dans le co-allaitement?

Oh je ne suis pas douée au jeu des avantages et inconvénients!

Ce que je peux dire c’est que c’est super pratique d’avoir un grand qui tête en cas d’engorgement !!

Mais qu’en cas de candidose tout le monde passe au traitement en prévention !!

Ce que je peux dire aussi, c’est que c’est parfois usant, fatigant, qu’on peut peiner à se retrouver dans son corps et sa tête. Mais qu’il n’y a pas que maman et les enfants dans l’allaitement. La place du papa, mais aussi le conjoint, l’amant, l’amoureux a vraiment toute son importance, encore plus dans les moments où la mère/femme, passe une phase difficile dans sa tête et/ou son corps.

Je n’ai pas connu la fratrie sans co-allaitement, mon témoignage sera donc biaisé ici. Mais ma vision à moi, c’est que ce co-allaitement developpe de la complicité entre mes enfants.

Que je fonds lorsque je vois mon fils lever son tee-shirt pour donner le tété à sa soeur qui pleure.

Que j’éclate de rire quand mon fils répond avec un grand éclat de rire à la question de son père « qu’est ce qu’on préfère chez maman? »

« Tétées papa!! »

Que je me liquéfie quand je vois ma puce papouiller son frère pendant la tétée.

Qu’une fois encore mon coeur explose d’amour quand mon fils veut absolument sa soeur en co-tétée pour arriver à s’endormir le soir, tout en lui faisant des papouilles soit pour s’endormir lui, soit pour la calmer.

Et j’en oublie tellement!

Et enfin, peux-tu nous décrire le co-allaitement en 3mots?

Famille, amour, équipe. « 

 

En espérant que ce témoignage a pu t’apporter quelques réponses. Si tu as des questions supplémentaires, n’hésite pas, Mayane reste à ta disposition. Elle a d’ailleurs une page Facebook: https://www.facebook.com/collier.d.allaitement.et.de.portage.by.apasdemoa

Tu peux bien sur partager cet article afin que le co-allaitement se démocratise de plus en plus.

 

 

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4 réactions au sujet de « Le co-allaitement: interview d’une super maman ! »

  1. Par ici on en est à plus de 8ans d’allaitement/co-allaitement! 3 enfants, la petite dernière a 21 mois donc je pense que je vais attendre tranquillement une décennie lactée ;-))
    Mais bon le co-allaitement des 2 premiers ne s’est pas toujours bien passé : au bout de 6 mois ça ne me convenait plus. Le deuxième co-allaitement dure depuis 21 mois et se passe mieux… chaque expérience peut être différente mais en tout cas quel bonheur!!

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